La Provence.com - 6/07/2015

Marseille : les Roms reviennent à Plombières... et sont évacués


La mobilisation des riverains a suffi cette fois pour libérer le site près du KFC

La température est montée d’un cran, hier, vers 11 h 30, aux abords du KFC de Plombières. Les riverains se sont rassemblés pour protester contre la venue de Roms sur le terrain vague qui jouxte le restaurant. Une vingtaine d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont pénétré dans les lieux, après avoir fait un trou dans le mur d’enceinte. "À 5 h 30, quand je suis sortie de chez moi, raconte Ilona, une habitante de l’impasse Guigou, j’ai vu les tentes. J’ai prévenu la police. On a dû se déplacer à 8 h au commissariat du Merlan pour déposer une main courante, ils ont refusé le dépôt de plainte."

Alerté par un message Facebook, Stéphane Ravier, s’est également rendu sur place. "Nous n’avons pas été en mesure de leur parler, a déclaré le maire FN du 7e secteur. On s’est fait refouler, avec des jets de pierres. Je suis en contact avec le commandant du 14e qui doit envoyer une équipe. On peut comprendre l’inquiétude des riverains, l’an dernier, ils ont vécu l’enfer avec la saleté et les rats. Il n’y a pas de solution, ni de la préfecture, ni de la Ville, c’est un problème général que tout le monde doit prendre en charge."

La police est venue sur place vers 11 h. "La force publique va les inviter à quitter les lieux", a précisé le chef de patrouille. Cela peut se faire sans décision judiciaire, dans les 48 heures qui suivent leur installation. La voiture de police n’était pas plus tôt partie que le ton est monté entre Roms et riverains, l’un d’eux s’en prenant aux tentes ; les Roms ont voulu l’en empêcher et en sont venus aux mains. Sans gravité, mis à part un T-shirt déchiré et des jets de pierres qui ont suivi sur le trottoir et le parking de KFC.

À 13 h 30, la police revenait, accompagnée de CRS pour faire évacuer le campement. "Il ne reste plus que des femmes et les enfants", témoigne une habitante ; les hommes qui avaient pris part à l’altercation du matin avaient dû se mettre en retrait. Entre-temps, les associations qui oeuvrent pour garantir les droits de ces populations sont intervenues. La police s’est retirée, tant qu’une solution de relogement ne leur était pas proposée. "On n’arrive pas à comprendre pourquoi les policiers ont eu l’ordre d’interrompre l’évacuation, explique Caroline Godard de la Ligue des droits de l’homme. Les dispositifs d’accueil sont saturés. En tout cas ils ne pourront pas rester là dans ces conditions et sur les terres de Ravier.".

Toute la journée, les riverains sont restés sur le qui-vive, observant les allers et venues. "On veut surtout empêcher ce qui se passe chaque fois, de vingt personnes, on passe à plusieurs dizaines et à des tonnes d’encombrants. Ça fait quatre fois qu’ils occupent le site. L’an dernier, l’évacuation des déchets avait coûté 150 000 au propriétaire", sans compter la dératisation. Vers 16 h 30, les CRS étaient de retour sur Plombières. Mais les Roms sont partis d’eux-mêmes.


La procédure et la méthode utilisées

En principe, les textes de loi permettent à la police de faire partir dans un délai de 48 heures toute personne qui se serait indûment installée sur un terrain ne lui appartenant pas. Mais en l’espèce, dans un souci de pacification des relations sociales, le préfet de police des Bouches-du-Rhône ne souhaite pas faire procéder à des expulsions sans avoir proposé un hébergement d’urgence aux personnes concernées, en liaison avec le préfet délégué à l’égalité des chances et les associations. Si la proposition faite est toutefois refusée, le préfet peut alors faire procéder à l’expulsion, en ayant recours aux forces de l’ordre.

Il semble, dans le cas présent, que l’ensemble des acteurs ne souhaitaient pas non plus que les choses s’enkystent.

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