La Tribune.fr - 27/09/2013

La désinvolte gestion de la Ville de Marseille à nouveau épinglée

 27/09/2013, 08:42 - 747 mots

Un rapport de la Chambre régionale des comptes de PACA critique la mairie marseillaise sur ses choix en matière de gestion de la Ville. En cause notamment : l’endettement public inquiétant, des employés communaux en surnombre, des places en crèche insuffisantes, un déséquilibre contractuel avec l’OM...

Réveil difficile pour Jean-Claude Gaudin. Le maire de Marseille depuis 1995 voit sa gestion de la ville épinglée dans un rapport de la chambre régionale des comptes de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur (PACA) dont l’Agence France Presse (AFP) et Libération onta obtenu une copie.

Le document doit officiellement être publié le 7 octobre, mais déjà, l’agence et le quotidien en dévoilent les grandes lignes, et les Marseillais ont de quoi s’interroger sur la gestion de leur ville.


 

La dette de Marseille demeure à "un niveau très élevé, supérieur à 1,78 milliard d’euros", bien qu’elle apparaisse "globalement peu risquée" aux yeux de la chambre régionale.

Une situation "préoccupante en raison notamment de l’absence d’autofinancement", souligne la chambre dans son rapport, estimant que "faute de marge de manœuvre fiscale (...), la ville continue d’investir au-delà de ses moyens financiers, uniquement grâce à l’emprunt". Cette lourde detteplombe les impôts locaux marseillais depuis des années.

"Une analyse sommaire" avant la rénovation du stade Vélodrome

En 2014, la dette va encore s’alourdir de 103 millions d’euros au moment de la mise à disposition du stade Vélodrome rénové. Un chantier sur lequel la chambre régionale des comptes se montre très critique.

Le recours à un partenariat public-privé pour cette opération d’un montant total de 268 millions d’euros se base sur "une analyse sommaire" et "superficielle", note-t-elle. L’agrandissement de la jauge, portée à 67.000 places, "excède largement les besoins habituels de la ville" (fréquentation moyenne de l’ordre de 50.000 spectateurs en Ligue 1), et "même les impératifs de l’Euro-2016".

Par ailleurs, "le déséquilibre des relations contractuelles entre la ville et le club de l’Olympique de Marseille (...) s’aggrave encore" au bénéfice du club, selon le document.

Ainsi, la nouvelle convention ne prévoit plus qu’une redevance forfaitaire de 50.000 euros par an. "Le stade Vélodrome ne peut plus être mis à disposition du club pour des montants aussi modestes", estime l’institution qui appelle à "une remise à niveau".

Des employés communaux qui travaillent moins que la durée légale

Autre point abordé, la gestion du personnel (11.556 agents titulaires, 6.000 non titulaires). Les avantages horaires "perdurent", déplore le rapport, la commune appliquant une durée de 1.567 heures par an, au-dessous de la durée légale fixée à 1.607 heures pour la fonction publique.

La municipalité, qui pourrait faire dans ce domaine une économie de 10 millions d’euros chaque année, maintiendra toutefois cet état de fait, avançant "la spécificité des conditions de travail à Marseille" et les "problèmes sociaux" qu’engendrerait une telle réforme.

Et les remontrances ne s’arrêtent pas là. Les magistrats de la Chambre régionale des comptes critiqueraient aussi la gestion des bibliothèques, notamment la plus grande, l’Alcazar situé cours Belzunce "privée depuis 2012 de la mise à disposition gratuite de deux conservateurs d’État. Résultat de l’attitude d’une municipalité qui, pour ne pas froisser son syndicat majoritaire, FO, avait refusé la réorganisation proposée par le précédent conservateur" explique Libération.

Il y aurait une disproportion entre le personnel employé et la fréquentation des musées municipaux.

Des places en crèche fantômes

Enfin, entre 2008 et 2012, la capacité d’accueil des enfants en crèche municipale n’aurait progressé que de 65 places et les disparités en fonction des arrondissements de la ville apparaissent très différentes, d’après Libération.

"Ainsi le VIIIe peut accueillir un enfant sur deux, quand le IIIe, très pauvre, ne répond aux besoins que d’un sur sept !" écrivait le quotidien dans un article paru le 26 septembre sur son site. Alors que la Ville affiche 14.772 places disponibles au 31 décembre 2013, la chambre n’en aurait dénombré que 10.532, tous modes confondus.

La chambre n’en est pas à son premier cri d’alarme : elle rappelle que lors du précédent contrôle en 2006, elle avait déjà noté "diverses pratiques irrégulières" affectant "la fiabilité des comptes de la ville".

Bien que préconisant alors des "réformes structurelles", force est de constater que Marseille est toujours fortement endettée.

Le Conseil régional de PACA également épinglé

Mais la Chambre régionale des comptes s’efforce de continuer d’y croire et formule 20 recommandations pour améliorer le fonctionnement de la Ville. Le Conseil régional de PACA est également dans le viseur de la chambre régionale des comptes.

Il y a quelques jours, une partie du rapport de la chambre concernant cette administration fuitait. Il pointe notamment : "un défaut de convention obligatoire, l’absence d’intérêt régional de la dépense, l’atteinte au principe de neutralité religieuse ou politique", et s’interroge par exemple sur "la pertinence d’affecter trois agents de la Région à la réception et à la photocopie" et sur "l’absence de mise en concurrence pour des prestations de conseil juridique ou de restauration"

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