Les Echos.fr - 17/03/2009

Les caisses d’allocations familiales confrontées à des retards sans précédent

Plus de 500.000 dossiers sont en attente de traitement en Ile-de-France, où les CAF sont obligées de fermer pour résorber les retards. En cause : un bug informatique et, surtout, l’afflux de demandes liées à la crise.

Les guichets des caisses d’allocations familiales de Seine-Saint-Denis sont fermés pour deux semaines. Et dans de nombreuses grandes agglomérations, des mesures drastiques sont prises pour résorber des retards sans précédent dans le traitement des dossiers (aides au logement, revenu minimum d’insertion, etc.) : suspension de l’accueil téléphonique, limitation des plages horaires d’ouverture des caisses, voire fermeture pure et simple.

A Marseille, la CAF des Bouches-du-Rhône (la plus grosse en termes de prestations versées) a fermé récemment 8 de ses 14 sites d’accueil : « Nous avons ainsi retrouvé une situation quasi normale avec un volume de 30.000 dossiers en instance, contre 52.000 fin février, ce qui correspond à environ quatre jours de travail », précise Jean-Pierre Soureillat, directeur général de la CAF 13.

Mais au niveau national, la situation est loin de s’améliorer. Selon la Caisse nationale des allocations familiales, les dossiers en retard représentent en moyenne 7 à 8 jours de travail (contre 4 jours l’an dernier). En Ile-de-France, plus de 500.000 dossiers sont en attente de traitement et il faudrait près de 15 jours de travail pour les traiter en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne ou le Val-d’Oise.
Afflux de demandes

La CFDT d’Ile-de-France vient de saisir le préfet de région et le conseil régional de ces difficultés. « La tension est générale sur tout le réseau, reconnaît le directeur de la CNAF, Hervé Drouet, qui met en avant le rôle « d’amortisseur social » des caisses : « Nous connaissons un afflux de demandes liées à la crise : 70 % de coups de téléphone de plus en janvier et février, 20 % de courriers et de visites supplémentaires. » « Les gens qui perdent leur emploi affluent pour connaître leurs droits, savoir s’ils auront droit au revenu de solidarité active ou aux primes pour les plus démunis annoncées récemment par le gouvernement », renchérit Jean-Louis Deroussen (CFTC), président du conseil d’administration de la CNAF. Et le cercle est vicieux : quand les guichets ferment, les courriers et les coups de téléphone s’accumulent encore plus...

Outre le contexte social, le réseau a dû faire face depuis cet automne à des bugs liés au traitement automatisé des ressources, à partir des seules données fournies par le fisc (il n’y a plus de déclarations faites aux CAF). Certains, tels que les jeunes bénéficiant d’une APL tout en étant déclarés fiscalement chez leurs parents, n’ont pas reçu d’allocation au début de l’année. Les CAF ont dû relancer individuellement les intéressés.

A Marseille, il reste 900 dossiers de ce type à traiter. Et les agents ont engagé depuis hier un mouvement de grève pour dénoncer les surcharges de travail. Hervé Drouet indique que pour faire face à ces difficultés, les caisses embauchent des CDD et pratiquent des heures supplémentaires. En outre, les 1.000 embauches prévues pour aider à la mise en place du RSA, au 1er juillet, sont en cours mais les personnes ne sont pas encore physiquement dans les CAF. Elles sont attendues avec impatience.

ÉTIENNE LEFEBVRE AVEC BRIGITTE CHALLIOL (À MARSEILLE), Les Echos

[ 17/03/09 ]

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