La Provence.com - 26/01/2010

Marseille : où va-t-on construire demain ?

 Avec la refonte du Plan local d’urbanisme prévue en 2012, Marseille repense son développement
 
Avec ses 24 000 hectares, Marseille est une commune immense. Deux fois et demi Paris, faut-il le rappeler ? Et si on la considère dans son ensemble, c’est aussi une ville peu dense, loin derrière Paris ou Lyon... Maintenant, si on ne regarde que le coeur de ville, on approche des canons des grandes capitales. Marseille a donc encore un gros potentiel de développement qui aiguise les appétits des promoteurs et donne largement matière à débat aux élus en charge de l’aménagement. Où continuer à construire, tout en préservant les espaces naturels et publics et pour quels logements ? C’est aussi l’enjeu central du prochain Plan local d’urbanisme (PLU), pour lequel la Communauté urbaine (MPM) a lancé la procédure en février 2009.
 
Il y a un point cependant qui fait consensus. Les urbanistes ont suffisamment balisé le terrain. "La densité, c’est devenu le nouveau leitmotiv des politiques urbaines, résume Jérôme Masclaux, responsable du pôle aménagement à l’Agam (Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise). Les élus n’ont pas le choix : il va falloir construire sur la ville. Ce qui ne veut pas dire faire des tours ! On ne va pas continuer à grignoter sur les massifs." À gauche comme à droite, c’est l’idée qui prévaut. "On est dans une lutte contre le mitage", confirme Patrick Magro, vice-président (PC) de MPM en charge de l’Aménagement de l’espace.
 
Délégué à l’Urbanisme (UMP) à la Ville et président de la commission des espaces à MPM, Claude Vallette ne dit pas autre chose. "Tout le monde est conscient que le foncierest un bien très précieux si on se place dans l’esprit du développement durable, dit-il. La démarche du PLU sera d’utiliser ce qui a déjà été utilisé, enmontant en hauteur et en laissant plus d’espace au sol". Côté foncier, l’essentiel des emplacements réservés date du premier POS, en 1981. Le maire Gaston Defferre, pariait à l’époque sur une ville de deux millions d’habitants ! C’est toujours dans ce "trésor de guerre", renforcé par les terrains de la désindustrialisation, que la Ville continue de piocher.
 
Depuis dix ans, le stock a décru... "C’est le grand drame de Marseille, estime l’architecte François Guy d’Atelier 9 : il n’y pas eu de politique foncière. À Montpellier, depuis 25 ans, Frêche a compris que s’il voulait maîtriser la construction de quartiers, il fallait maîtriser le foncier. On fait une ZAC et on peut actionner des leviers qui permettent de faire des logements pour toutes les catégories de population." C’est bien ce que déplore Garo Hovsépian, maire PS des 13e et 14e, concernant les 350 hectares des Hauts de Sainte-Marthe ouverts à l’urbanisation lors du dernier PLU. " Il y a 150 hectares dans la ZAC qui sont contrôlés. En dehors, les promoteurs sont là et ça se fait dans le désordre ! Dans 3-4 ans, il y aura 2 200 logements supplémentaires et 10 000 habitants de plus, sans tout ce qui va avec !"
 
En 2001, pour remettre de la vertu dans la logique de PLU, a été créé par l’État et la Région l’Établissement public foncier (EPF). Son objet : faire des réserves en ayant une vision à long terme, celle qui manque parfois aux politiques publiques. L’EPF a notamment acquis le foncier des Docks libres sur Euroméditerranée. En activant ces différents outils, la ville de demain devrait se renouveler. Les pistes de travail sont multiples avec ce présupposé : protéger la ceinture verte. "Et même faire en sorte que l’agriculture périurbaine retrouve sa place, insiste Patrick Magro. On le voit, les gens sont intéressés par les circuits courts."
 
Clairement, Euromed (25 000 logements à terme), la Capelette, seront des zones de densification car il y a là des friches industrielles. La réflexion porte ensuite sur le pourtour du Stade Vélodrome qui devrait faire lien, via Rabatau, avec la Capelette. Dans les quartiers périphériques au Nord et à l’Est (voir carte), le potentiel de développement concerne Ste-Marthe, Château-Gombert... Et au Sud, le Vallon de Régny, articulé autour de l’hypothétique boulevard Urbain Sud. Autant de potentialités qui devraient alimenter les négociations autour du futur PLU dont MPM doit accoucher en 2012.
 
Valérie Simonet (vsimonet@laprovence-presse.fr
Publié le mardi 26 janvier 2010 à 16H13

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