La Provence.com - 29/01/2010

Marseille : "Mon employé vit avec deux enfants dans 40 m² et n’obtient pas de HLM"

C’est l’histoire rapportée par Louis Faure, artisan ayant rencontré les élus marseillais lors d’un Face aux lecteurs organisé par La Provence. Il a un employé, d’origine gabonnaise, précise-t-il, marié et père de deux enfants. La famille vit, serrée, dans un T1 de 40 m² . L’homme a fait plusieurs demandes de logement social et n’a " jamais obtenu satisfaction, ni aucune réponse". La question que pose Louis Faure est celle que se posent beaucoup de Marseillais en attente d’un HLM. "Quelles sont les règles d’attribution d’une location dans ces appartements ?", s’interroge-t-il. "Il y a une opacité de ces règles", a-t-il estimé.

Pour la Ville, Arlette Fructus a précisé que les conditions d’attribution relevaient des organismes bailleurs et de différents intervenants comme le contingent réservataire de l’Etat et des autres collectivités qui ont financé ces opérations. "Après, c’est lié au nombre de demandes de logements qu’on a à gérer". Et comme la demande est très supérieure à l’offre disponible dans le parc social, "on traite les dossiers, premièrement par ordre d’urgence et deuxièmement par ordre d’ancienneté". Autre porte d’entrée du parc social, qui n’est pas sans poser problème : la loi Dalo. "Toutes les personnes qui invoquent cette loi se mettent entre les mains des services de l’Etat qui a l’obligation de leur fournir un logement, a expliqué l’élue. Et ils deviennent prioritaires."

En conclusion, attribuer du logement social revient à gérer la rareté, doublée de contingences légales. Une tâche d’autant plus difficile que "les logements ne se libèrent pas parce que les gens restent fixés là où ils se trouvent", a-t-elle souligné. Les orientations sont donc de produire plus de logement, a rappelé Arlette Fructus et 1500 logements sociaux (1 700 livrés en 2009 selon l’élue), sur un objectif global de 5000.

Quant à sa répartition géographique, l’élue au logement a estimé qu’il s’agissait d’un héritage du passé : "On part d’une réalité bien installée dans notre ville. On essaie de faire au mieux pour rétablir la mixité en fonction des opportunités foncières". Elle considère que c’est un cliché de dire que les élus du Sud freinent des quatre fers : "Marseille est un territoire. Chacun sait que dans chaque arrondissement, ses administrés relèvent du logement social".

Une analyse contestée par Nouredine Abouakil, de l’association "Un Centre ville pour tous", qui a exprimé ses doutes quant à la volonté de rééquilibrage depuis 1995 : "Car même quand il y avait du foncier disponible, la municipalité actuelle l’a cédé, à des conditions très favorables, à des opérateurs pour faire des logements à 4000 euros le m² qui ne trouvent pas preneur ". Quant au sens donné à la mixité sociale, il a exprimé son scepticisme : "Si c’est surtout de faire venir dans des arrondissements pauvres des gens moins pauvres et pas l’inverse, éclairez-moi...", a-t-il ironisé.

En réponse, le premier adjoint s’est inscrit en faux sur le prix de vente accordé aux promoteurs : "La Ville ne donne rien", a-t-il certifié, avant de déclarer que "si les logements sociaux sont plus difficiles à faire dans les quartiers plus riches, c’est à cause de la valeur du foncier, plus cher pour assurer l’équilibre économique".

 

 

 

Valérie Simonet
Publié le vendredi 29 janvier 2010 à 17H02

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