La Marseillaise - 12/09/2008

Notre petit département connaît bien la crise

 
« Le marché se retourne », annonce l’UNPI. Pendant ce temps, la Fnaim et le Conseil supérieur du notariat s’opposent sur les analyses. 

Logement. Des habitations vides, des demandes de locations insatisfaites et des ventes d’appartements anciens à la baisse. A Marseille, la guerre des chiffres secoue l’immobilier.

Attention ! Une information de tout premier ordre ! Le Livre Blanc 2008 de l’Union nationale de la propriété immobilière (UNPI)* vient de paraître. Son titre : « Logement : où est la crise ? » Avec une formule à peine provocante, l’étude annonce que « le marché se retourne ». Faut-il comprendre que les ménages peuvent maintenant se loger pour des tarifs décents ? Pas tout à fait.
« En réalité, la crise touche les régions de façon inégale », explique Auguste Lafon, président de la Chambre syndicale des propriétaires et copropriétaires du département. Le soufflé retombe ! Et le président poursuit : « Nous nous trouvons bien sûr dans une région tendue. En revanche, ce n’est pas du tout le cas dans le Cantal par exemple. » Qu’on se rassure ! « Les loyers n’augmentent plus », note l’UNPI. Ils restent toutefois élevés. Selon les indices Clameur, évalués grâce au partenariat de grands groupes intervenant dans le secteur du bâtiment, dans les Bouches-du-Rhône le niveau des loyers environne les 12,10 euros/m2 en moyenne**.
Le hic à Marseille ? « On a beaucoup construit mais les logements restent vides », observe Auguste Lafon. De quoi faire chuter les loyers ? Pas sûr. « La demande est forte mais elle a une faible solvabilité, ajoute le responsable. Certains propriétaires préfèrent éviter de louer leur bien. »

L’ancien en crise ?

Le Livre blanc de l’UNPI tombe à pic. Depuis deux jours, le débat fait justement rage entre les notaires et les professionnels de l’immobilier concernant le marché de la vente. Les premiers tirent la sonnette d’alarme. Les seconds temporisent. D’après l’AFP, le Conseil supérieur du notariat publiait mercredi une note alarmante : les ventes de logements anciens auraient baissé de 25% par rapport aux six premiers mois de 2007.
Dans la cité phocéenne cette chute atteindrait 30%. Preuve d’une aggravation de la crise immobilière ? Faux rétorque la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim). « Il n’y a pas de crise immobilière dans l’ancien à Marseille, assure la fédération départementale des Bouches-du-Rhône. Cette baisse du nombre de transactions [est] de l’ordre de 10% en moyenne. » Même son de cloche dans l’étude de Me Carbonnier à Auriol. « Dans mon secteur, à savoir le bassin d’Aubagne, une baisse de 30% me paraît beaucoup. Le marché est un peu moins lumineux, mais à ce point... »
En attendant, une chose est sûre : les Bouches-du-Rhône boivent encore la tasse en matière d’immobilier, qu’il s’agisse de ventes ou de locations.

MARJOLAINE DIHL

* L’UNPI est une fédération. Elle regroupe l’ensemble des chambres syndicales des propriétaires et copropriétaires du pays.
** http://www.clameur.fr

 

Lettre d'information

Vous pouvez vous abonner gratuitement ici à la liste de diffusion de Centre Ville Pour Tous.


Association "Centre ville pour tous"
Cité des Associations
BP n° 241
93, la Canebière
13001 Marseille

Contact

Mise à jour : lundi 10 juillet 2017 | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0