Le Monde.fr - 30/03/2016

L’année 2016 s’annonce très dynamique pour les ventes de logements


LE MONDE ECONOMIE |

28.03.2016 à 06h43

• Mis à jour le

29.03.2016 à 13h05

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Après une atonie de presque huit ans, la construction se réveille enfin : à fin février 2016, 351 200 logements ont été mis en chantier sur un an, soit 2,3 % de plus que durant les douze mois précédents, selon les statistiques du ministère du logement, publiées le 25 mars. Cette embellie devrait durer. Pas moins de 398 200 permis de construire ont été délivrés à la même date, toujours sur un an, un chiffre en hausse de 7,7 %.

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Même l’Ile-de-France, où les besoins sont cruciaux mais où il est plus difficile de construire, se rapproche de son objectif de 70 000 logements nouveaux par an : 65 400 projets ont été mis en chantier, soit 21,2 % de plus que les douze mois précédents. Fait remarquable, plus de 30 000 sont des logements sociaux. Les permis de construire sont à l’avenant, avec 75 000 autorisations délivrées (+ 19 %).

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, zone également tendue, les immeubles ne sont pas encore sortis de terre et les mises en chantier reculent légèrement, de – 2,7 % dans la même période, mais le nombre de permis de construire, en hausse de 18,5 %, laisse espérer un avenir meilleur.

D’autres indicateurs sont au vert, comme celui des crédits distribués, avec
156 milliards d’euros accordés en 2015

L’embellie est aussi significative au plan des transactions : fin janvier 2016, les notaires enregistraient 809 000 ventes (+ 14 %), et le Crédit foncier en pronostique 825 000 pour 2016, autant que lors des meilleures années, entre 2004 et 2007.

D’autres indicateurs sont au vert, comme celui des crédits distribués, avec 156 milliards d’euros accordés en 2015 (hors renégociations de prêts), soit 30 % de mieux qu’en 2014. Le Crédit foncier projette une année 2016 encore meilleure, à 163 milliards d’euros de crédits consentis.

Cette embellie s’explique en grande partie par des taux d’intérêt des crédits historiquement bas, au-dessous de 2,2 %, « un niveau inédit depuis soixante-dix ans », analyse le Crédit foncier dans une note du 10 mars 2016. En sept ans, ils sont passés de 5,10 % fin 2008 à 2,20 % fin 2015, procurant 25 % de gain de pouvoir d’achat, à mensualité égale, pour un prêt sur dix-huit ans.

Les candidats à l’acquisition n’ont malheureusement pas encore pris conscience de ces conditions exceptionnelles

Les candidats à l’acquisition n’ont malheureusement pas encore pris conscience de ces conditions exceptionnelles. Le portail d’annonces immobilières Logic-Immo a sondé, sur internet, 1 248 candidats à l’achat : seuls 38 % d’entre eux disent bénéficier d’un meilleur pouvoir d’achat, alors qu’ils étaient 46 % en avril 2015 quand, paradoxalement, les taux étaient plus hauts. « La courte et modeste hausse des taux enregistrée au printemps 2015 a un peu brouillé la vision des ménages », estime Séverine Amate, responsable de la communication du site.

Les prix des logements – globalement inférieurs de 6 %, en 2015, par rapport à leur niveau de 2010 – concourent à cet environnement favorable en restant sages. Les notaires ont mesuré que les prix des appartements avaient, en 2015, baissé de – 0,4 % à Paris, de – 2 % en petite couronne, – 2,4 % en grande couronne et – 0,6 % en province.

Les disparités régionales persistent. Quelques villes, comme Bordeaux, Strasbourg, Nîmes, Nice, Rennes et Le Havre affichent de légères hausses (+ 2 %), tandis qu’à Toulon, Marseille et Angers, les baisses atteignent la même ampleur (– 2 %), et qu’à Lyon, Toulouse, Montpellier, Grenoble, Nantes, Lille, Rouen, Le Mans, Reims, Dijon et Clermont-Ferrand, c’est la stabilité ou presque.

un prêt à taux zéro très incitatif

Pour doper l’accession à la propriété des ménages modestes, le gouvernement a mis en place, à partir du 1er janvier 2016, un prêt à taux zéro (PTZ) très incitatif, puisqu’il peut financer jusqu’à 40 % du prix du bien pour un primo-accédant, deux fois plus qu’auparavant. Le PTZ est toutefois réservé à l’achat d’un logement neuf ou ancien avec beaucoup de travaux (au moins 25 % du prix de l’opération, soit 33 % du prix d’achat), ce qui le rend assez inaccessible dans les zones chères, mais plus adapté aux villes encore bon marché, comme Marseille.

Le dispositif Pinel d’investissement locatif avec avantage fiscal, en vigueur jusqu’au 31 décembre 2016, devrait aussi continuer son rôle de stimulant, puisqu’il est mis en œuvre dans la moitié des ventes des promoteurs.

Le moral des ménages n’est, en revanche, pas à son meilleur niveau. Seuls 67 % d’entre eux, interrogés par l’Observatoire du moral immobilier, jugent que le moment est bon pour acheter, contre 80 %, en avril 2015.

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