Localtis.com - 9/12/2014

Participation citoyenne dans les quartiers : 93 projets pour enclencher la dynamique

Politique de la ville

Publié le lundi 8 décembre 2014

Dotée de 1,2 million d’euros, la bourse d’expérimentation sur la mobilisation citoyenne dans les quartiers prioritaires sera attribuée à 93 projets. L’objectif : valoriser et encourager les initiatives prometteuses, mais aussi capitaliser sur l’existant pour préciser le cadre des futurs conseils citoyens et autres leviers désormais obligatoires de "co-construction" de la politique de la ville.

La volonté de favoriser la participation des habitants dans les quartiers n’est "pas nouvelle". Mais cette fois-ci, ce ne sera pas un "vœu pieu". S’exprimant le 5 décembre devant des porteurs de projets lauréats de la bourse nationale d’expérimentation pour la participation des habitants, Myriam El Khomri, secrétaire d’Etat en charge de la politique de la ville, s’est engagée – en son nom, celui de l’Etat et de la puissance publique en général – à "garantir la participation citoyenne sans jamais l’orienter". Signe fort, pour la secrétaire d’Etat, de cet engagement : le montant de la bourse d’expérimentation, initialement de 600.000 euros, a finalement été doublé. En contrepartie, "vous [acteurs de terrain] vous engagez à faire vivre cette démocratie" dans les quartiers.
Pour Myriam El Khomri, la loi du 21 février 2014 – prévoyant notamment la mise en place dans chaque quartier prioritaire d’un conseil citoyen - pose les "conditions" d’un "vrai mouvement de fond" (voir notre article Tout sur la loi Lamy du 18 mars 2014). "La mise en œuvre du contrat de ville (…) sera suspendue à la mise en place effective du ou des conseils citoyens", ont récemment confirmé Patrick Kanner et Myriam El Khomri dans un courrier du 15 octobre détaillant les "modalités opérationnelles d’élaboration des contrats de ville", suite à la circulaire du Premier ministre du 30 juillet dernier.
Sur cet enjeu de "co-construction" du contrat avec les habitants et plus globalement sur l’obligation "d’impulser une nouvelle dynamique participative" – avec aussi, pour les sites concernés par une opération de renouvellement urbain, une "maison du projet" prévue pour faciliter le dialogue -, le ministre de la Ville et sa secrétaire d’Etat appelaient alors les préfets à redoubler de "vigilance". 

Expérimenter en 2015 avant de (trop) cadrer

Toutefois, sur la manière de procéder, si un "cadre de référence" des conseils citoyens a été diffusé, il n’a pour l’instant pas de caractère contraignant. Il s’agit d’abord de "vous laisser du temps pour vos projets", a assuré Myriam El Khomri aux acteurs de terrain, principalement des responsables associatifs, qui lui faisaient face. Avant la publication du décret prévu par la loi, la désignation de 93 projets bénéficiaires de la bourse nationale (*) ouvre la voie à "une période d’expérimentation", sur toute "l’année 2015", "des multiples pratiques pouvant inspirer les acteurs de la politique de la ville lors de l’élaboration des contrats de ville", selon un communiqué du secrétariat d’Etat à la politique de la ville du 5 décembre.
Représentatives de cette diversité – de quartiers, de projets, mais aussi de tailles et statuts des organisations actives sur le terrain -, les quelque vingt organisations lauréates conviées au ministère de la Ville ce 5 décembre ont profité de l’invitation pour échanger entre elles, mais aussi pour interpeler directement la secrétaire d’Etat. "Comment va-t-on évaluer notre travail ?", interroge ainsi la jeune présidente de l’association Zy’Va, active à Nanterre (Hauts-de-Seine). Réponse de Raphaël Le Méhauté, commissaire général délégué à l’égalité des territoires : les projets soutenus dans le cadre de la bourse vont servir à "capitaliser", dans une "dynamique de recherche et d’amélioration". Venue de plus loin, mais avec le même type de préoccupation, la présidente de l’Association réunionnaise d’éducation populaire (AREP) insiste sur la nécessité de "partager" les bonnes pratiques. "On a envie de créer un site" pour cela, acquiesce la secrétaire d’Etat. 

"L’inégalité des situations est réelle" 

Autre sujet, plus délicat, soulevé par le responsable d’une association montpelliéraine : que fait-on quand le dialogue avec le maire est difficile ? "Je ne sais pas faire un contrat de ville sans les élus locaux", répond Myriam El Khomri qui appelle toutes les parties prenantes à trouver un terrain d’entente, à "être dans la confiance"…
"Qu’est-ce qui va faire que nos propositions vont être prises en compte ?", embraye la directrice d’un centre social d’Amiens. "L’inégalité des situations est réelle", selon Raphaël Le Méhauté, "l’essentiel, c’est la volonté de réussir". Selon les situations, le maire pourra donc être amené à prendre l’initiative parce qu’il n’y a rien, ou bien le conseil de quartier pourra parfois évoluer en conseil citoyen. Derrière la diversité des dispositifs, "ce qui compte, c’est que la démarche soit engagée", afin de produire "des effets réels courant 2015".
"Il n’y a pas les mêmes ressources partout", admet la secrétaire d’Etat, interpellée sur la situation de certains quartiers du Gard. Les acteurs de terrain peuvent toutefois bénéficier de l’appui des chefs de projet et centres de ressource politique de la ville, rappellent quelques voix dans la salle. En dépit de cet appui humain et financier – le montant des bourses octroyées est compris entre 10.000 et 25.000 euros -, ça ne sera pas facile. "La défiance grandit chaque jour" et "la participation citoyenne ne se décrète pas", "on sait que ça prend énormément de temps", alors "bravo et bon courage", conclut la secrétaire d’Etat à la politique de la Ville. 

Caroline Megglé

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