La Marseillaise - 12/09/2007

Relogement pourri et cave indigne

I

nsalubrité. Marseille dit lutter contre les marchands de sommeil. Mais quand le relogement flanche aussi, c’est que le dispositif mis en branle comporte quelques pannes.

Marseille, comme toutes les villes de France, va fêter son patrimoine. On mettra alors plein feu sur le beau bâti. Il est cependant un autre immobilier, qui, délaissé, part en ruine. Et quand ce patrimoine-là pâtit, ce sont ses occupants qui souffrent. Deux cas marseillais illustrent tristement un défaut de suivi dans les dossiers du Marseille insalubre. Une faille dans laquelle l’indigne sert de relogement tiroir.
Quand, en 2005, le 63, rue d’Aubagne est épinglé par les services de l’hygiène et de la sécurité de la Ville, le propriétaire est tenu de reloger ses locataires. Ce que l’agence Hauteville, qui gère le bien, fait. C’est ainsi que Nazaire Prudentos, qui louait un 50m2 avec son fils, se retrouve dans un 22m2, 15, rue Sénac, pour 440 euros par mois, alors que le relogement doit se faire aux frais du propriétaire, Jacques Gourionne. Du provisoire, en attendant de réintégrer le 63, rue d’Aubagne retapé… dans un immeuble où 8 locataires vivent dans l’angoisse d’un effondrement.
L’affaissement des planchers est indéniable : par endroits, on a vue sur les voisins du dessous. Il y a 15 jours, le locataire du 2e étage a retrouvé le plafond de la salle de bain dans sa baignoire. Et les pompiers sont intervenus pour consolider la voûte des caves, effondrée. A bout de nerfs, les locataires alertent par le biais de SOS Taudis. La Ville envoie ses services sur place. Un arrêté de péril a été signé hier.
50, avenue de la Capelette, c’est une cave de 36m2 que Merabeck Benmoussa loue depuis 3 ans à la famille Ouadfel pour 341 euros. Accolé au chantier de Marseille Aménagement sur la Zac de la Capelette, un immeuble résiste. Tous ses appartements sont murés. Mais un locataire reste en place, au sous-sol. Passé trois caves, les rats crevés, la dernière à droite est désignée comme T1 par son propriétaire sur le dossier CAF. « On n’a pas le choix, on ne trouve pas ailleurs  », explique Khalida. «  Au départ, c’était du provisoire, le propriétaire nous disait dans deux mois, j’ai un T3 qui se libère…  » et les Ouadfel ne souffrent d’aucun loyer de retard.
Enfin, parce que l’insanité du logement pèse sur la santé des ses enfants (3, 6 et 11 ans), Khalida a fini par oser dénoncer la situation en mai dernier. Le dossier est entre les mains de l’Ampil, qui n’en revient pas : « Hauteur de plafond inférieur à 2,20m, pas d’accès d’évacuation incendie, salle de bain qui donne directement dans la cuisine, pas de chauffage… Le local est déclaré impropre à la location. »
Quand les propriétaires véreux se glissent dans les brèches du système, reste aux pouvoirs publics d’employer les moyens de la lutte. « En finir avec ce monopoly de la misère », conjure Fathi Bouara, de la Fondation Abbé Pierre.
MYRIAM GUILLAUME
Photo Archives La Marseillaise

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