La Marseillaise - 25/01/2016

#Marseille : la rue de la République à pas comptés


Écrit par David Coquille

lundi 25 janvier 2016 14:39

« Un centre-ville pour tous » qui devait restituer son enquête aux habitants a trouvé porte close. Les locaux du 58, rue de la République lui étaient subitement refusés. 

Onze ans après le lancement de la vaste opération de requalification de la longue artère hausmannienne, l’association Un centre-ville pour tous dresse le bilan, livre les taux d’(in)occupation.

La Cimade a ouvert, samedi à Marseille, ses portes à l’association «  Un centre-ville pour tous » et aux habitants interdits de se réunir comme prévu au local « 3013 » au 58, rue de la République, Atemi le bailleur ayant menacé selon l’association de résilier le bail si la réunion s’y tenait.

« Un centre ville pour tous » a quand même pu dévoiler aux habitants les résultats de son enquête sur 11 années de rénovation sur cette rue livrée en 2004 à la rapacité d’un fonds de pension américain Lone Star bloqué dans ses ambitions spéculatives par la crise de 2008. L’essentiel des 208 immeubles de la plus longue artère haussmannienne d’Europe est à présent détenu par ANF Immobilier et Marseille République.

« Certes la rénovation avance, les façades sont presque toutes rénovées mais il reste encore plus d’un tiers des immeubles qui ne l’ont été que partiellement. On a des raisons de croire que beaucoup de logements ne le sont pas encore », explique David Escobar d’« Un centre-ville pour tous ».

Le bilan de l’enquête réalisée entre janvier et août 2015 montre que 56% des 208 immeubles répartis sur 26 îlots semblent rénovés mais pas les logements et 7% sont en travaux. Le taux d’occupation des 3 947 logements interroge : de 33% en 2001, il n’a pas varié en 2015, là où la moyenne à Marseille se situe à 11%. « Ils sont trop chers, ça veut dire que personne n’en veut », lance une habitante dans le public. Les logements sociaux publics stables représentent 13% de l’habitat. La centaine de logements sociaux privés conventionnés arrivent à leur terme. S’agissant de l’activité marchande inégale sur les trois sections de la rue, 137 des 305 commerces (45%) sont occupés. La dernière section Dames-Joliette détenue en quasi totalité par ANF semble le plus pâtir de la concurrence des Terrasses du Port. « C’est un problème de fond, structurel qui n’est pas suffisamment pris en compte par les investisseurs et les autorités », observe David Escobar.

« Que d’argent dépensé pour un si faible résultat ! », ajoute Christian Deleuze de l’association. A ses yeux, « quelque chose a avancé mais ce n’est pas suffisant au vu de la violence infligée aux habitants. On demande un vrai bilan économique et social. On veut les obliger à faire ce bilan. Montrez-nous vos bilans ! » L’association a précisément enclenché une démarche auprès de la commission d’accès aux documents administratifs (Cada) pour se faire communiquer le seul bilan qui semble exister, celui de l’Opah République (Opération programmée d’amélioration de l’habitat). Mais ni la Ville de Marseille ni l’Agence nationale de l’habitation (Anah) ne semblent à ce jour vouloir communiquer sur le sujet désagréable qu’est le gaspillage de l’argent public. Au lancement de l’opération Euroméditerranée, un milliard d’euros devait être déversé pour la requalification de la rue de la Rép’.

« Un centre-ville pour tous » démarre la semaine prochaine une nouvelle et vaste enquête qui portera cette fois sur les habitants de la rue de la République. Qui l’habite et comment son peuplement a évolué. Des universitaires et une soixantaine d’étudiants sont associés à cette enquête.

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