La Marseillaise - 15/09/2009

Le moment est venu d’aller jusqu’au bout

Interview

Quels financements pour le HLM, quel est le niveau le plus pertinent pour gérer le mouvement, quels sont les impacts des créations de grands groupes économiques... Petit tour d’horizon des sujets en débat au congrès de Toulouse.

Philippe Oliviero est directeur de l’association régionale des organismes HLM de la région PACA. Créée en 1975, cette structure a pour mission de représenter le mouvement HLM de la région devant les pouvoirs publics et les partenaires locaux. Ce mouvement social est composé de 47 organismes dont 13 offices. Il représente 250 000 logements locatifs dont près de la moitié dans les Bouches-du-Rhône et 85 000 accessions à la propriété. Entretien.

Ce congrès porte sur les enseignements de la crise sur le logement social. Comment cela se décline-t-il en PACA ?
 Cela reste un congrès national posant des problématiques nationales. Quand on aborde le sujet de la crise, un premier point à aborder est celui du financement. Même si l’Etat pèse de moins en moins lourd, ce financement reste essentiellement national. Cette question va d’ailleurs être un enjeu du congrès : sachant que le financement n’a pas été adapté depuis la loi de 1977. Or, la situation a changé. Si l’Etat continue à dicter les règles, en réalité rien ne se fait d’un point de vue financier, technique et même politique sans les collectivités locales. Il y a donc une sorte de « new deal » à définir entre l’Etat, les opérateurs et les collectivités. Il y a là un enjeu qui pourrait se traduire par une reconnaissance par l’Etat de son désengagement. A mon sens, le niveau le plus pertinent est celui des communautés de communes ou d’agglomération, qui s’affirment de plus en plus comme chef de file. C’est à cette échelle que sont aujourd’hui dictées les règles d’urbanisme, que sont conçus les programmes locaux d’habitat, que sont définies les programmations et c’est aussi là que se trouve désormais le guichet financier. Il reste certes la question des permis de construire qui continue à être l’apanage des mairies. Le moment est peut-être venu d’aller jusqu’au bout.

Le mouvement HLM a connu des évolutions dans sa structure économique, allant de plus en plus vers la constitution de grands groupes. Où en est-on aujourd’hui ?
 Il y a un domaine où l’évolution est incontournable puisqu’il a été décidé que l’on passerait de 110 collecteurs du 1% au niveau national à une douzaine à horizon 2010. Cela aura forcément un impact sur les sociétés HLM qui étaient des filiales de ces collecteurs mais ce n’est pas encore très sensible et c’est probablement là que l’on va sentir les plus grosses évolutions dans les années à venir. Pour le reste, les restructurations sont souvent déjà opérées. C’est ainsi que l’on se retrouve avec des banques - type la caisse d’Epargne - qui se retrouvent impliquées à différents niveaux dans la gouvernance : ce qui est extrêmement complexe et du coup, sûrement amené à évoluer encore.

Et quel impact cela a-t-il sur les métiers du logement social ?
 Cela n’en a pas réellement à court terme. Pour exemple, le Logement Français est désormais adossé à AXA qui contrôle différentes filiales. Mais cela existait avant et n’a rien changé dans la pratique. A terme en revanche, cela pourrait se ressentir, non sur ce qui est lié au territoire, mais dans les fonctions transversales - type gestion du personnel - qui seraient désormais pilotées au niveau national. De toutes les façons, on sera toujours obligé d’avoir un personnel territorialisé car il faut se confronter aux réalités du terrain.

Qu’en est-il des questions d’échelle pour les offices publics ?
 Le souhait des pouvoirs publics semble d’être une rationalisation des échelles de gestion. Ainsi en Ile de France où chaque ville a son office. Cela nous touche moins localement, car si nous avons une douzaine d’offices publics dans la région, elles ont souvent une masse critique significative, mais sous la barre des 15.000 logements, il faut aborder la question du regroupement. Combien de temps y aura-t-il ainsi trois offices dans le Var : un départemental, un à Toulon et un à la Seyne ?

La question se pose aussi dans les Bouches-du-Rhône : un office départe-mental, un à Marseille et un à Aix ?
 Si cela s’explique d’un point de vue politique, c’est moins pertinent du point de vue du métier de logeur social. Ceci dit, comme on a voulu passer de 120 collecteurs du 1% à 12, on peut s’attendre à ce que ce gouvernement finisse par demander à ce que l’on passe de 300 offices à une centaine. Mais cela provoquera sûrement des mouvements de contestations car si les collectivités ne sont pas forcément satisfaites de leur outil de logement social, elles y sont toujours attachées.

Un autre enjeu important dans le congrès, la question de la recherche ?
 Compte tenu de ce que nous représentons économiquement, il n’est pas normal que nous ne soyons pas les prescripteurs de notre propre « recherche développement » et qu’on laisse les industriels seuls, faire des propositions aux pouvoirs publics. Nous devons remettre cela à plat, revoir notre offre de produits et de services pour mieux répondre au vieillissement de la population, à l’éclatement des familles… Il me semble que c’est la première fois qu’un congrès va aborder la question aussi clairement.

Entretien
Angélique Schaller

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