La Provence.com - 16/04/2016

Marseille : dans le centre, l’emploi décroche

Une étude inédite prend le pouls des premiers arrondissements. Bilan ? Moins d’activité, mais des pistes à explorer.

Longtemps, on les a accusés de catastrophisme. "Jamais contents, ces commerçants !""Jaloux du succès de La Joliette !" Peu à peu, les rideaux de fer tombant à une cadence soutenue dans l’hyper-centre, les pouvoirs publics ont dû se raviser : il y avait bien péril entre Rome et Paradis. Pour la première fois, une étude, réalisée par l’Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise (Agam) et tout juste rendue publique, atteste de la "fragilité économique" du centre-ville de Marseille. Pourtant, expose en préambule l’agence présidée par Laure-Agnès Caradec (adjointe LR et présidente d’Euroméditerranée), "avec près de 100 000 emplois salariés privés" sur les sept premiers arrondissements, ce secteur était encore, en 2015, "le premier pôle en volume d’emplois de la Métropole". On pourrait pousser un ouf de soulagement : en fait non. Explications.

Un recul de l’emploi

Entre 2009 et 2014, avancée d’Euroméditerranée oblige, le 2e arrondissement a enregistré une croissance de l’emploi salarié de... 1,6 %. Positif mais finalement loin de la révolution annoncée. Ces nouveaux quartiers n’ont pas, profondément et spectaculairement, transformé la situation de l’emploi privé.

Par ailleurs, sur la même période, le 1er arrondissement perd 7 % de ses emplois. Dans le 6e, l’emploi dans le commerce de détail chute de 5 % (c’est la plus forte dégringolade pour l’activité, dans les sept premiers arrondissements marseillais). L’équipement de la personne est le plus touché ; a contrario, les city-marchés se développent.

Une belle embellie est cependant notée dans l’hôtellerie-restauration, avec +10 % d’emplois créés. L’Agence note enfin que les activités du tertiaire supérieur, telles que les activités financières, bancaires, les assurances, etc. "enregistrent une baisse significative. On constate une mutation sensible de la structure de l’emploi dans le 6e arrondissement", souligne l’Agam. Le centre-ville "semble avoir stoppé sa récession, ajoute-t-elle, mais sa croissance est plus faible par rapport au reste de la ville et à la Métropole". Anecdotique ? Loin de là. Pour les experts de l’Agence, "cette situation est d’autant plus inquiétante qu’elle s’inscrit dans un contexte de fragilité démographique et sociale".

Un marché du bureau "en panne"

Très hétérogène, le parc de bureaux du centre-ville est de plus d’un million de m². Il présente "des points de scission" entre un 2e arrondissement "très dynamique", porté par Euroméditerranée (ce quartier représente à lui seul plus de 60 % des transactions de bureaux de Marseille !), et le reste du centre. Bourse-Canebière, Estrangin "présentent ainsi une obsolescence importante de l’offre, conjuguée à une très faible dynamique de marché".

Le coeur de ville apparaît "en perte de vitesse", avec un taux de vacance en augmentation depuis 2013. La raison ? L’offre ne correspond plus aux standards de modernité et d’accessibilité recherchés. Attention à l’effet boule de neige : moins de bureaux, c’est aussi moins de clients pour les commerces, les restos... En 2009, 25 % des Marseillais disaient faire leurs courses près de leur lieu de travail.

Des raisons d’espérer

Où trouver "un nouvel élan économique" ? Halte à la sinistrose. L’Agam est convaincue que le centre-ville a plus d’un atout dans sa poche. Sa desserte en transports en commun, déjà. Mais aussi sa fonction première,puisqu’il demeure un "lieu de la mixité fonctionnelle et sociale" : il "est" la ville. On y consomme, on y manifeste, on s’y rencontre, on s’y promène. "Cela en fait la destination privilégiée pour de nouvelles activités portées par l’innovation, l’expérimentation et l’hybridation", les nouveaux usages (coworking), technologues (Fab lab, pépinières, incubateurs, etc.). La "réponse immobilière", cela dit, "doit être à la hauteur des enjeux" et mobiliser "à la fois le patrimoine public et privé". L’Agence conseille ainsi le développement d’une offre d’immobilier d’entreprise "modulable" et "innovante", à des prix "compétitifs et attractifs". La reconquête des indépendants et professions libérales, contraintes par des bureaux obsolètes, est aussi pointée comme prioritaire, ainsi que celle des rez-de-chaussée vacants.

Des pistes que le grand public pourra parcourir plus à loisir le mardi 19 avril, lors des "Rencontres de l’Agam" sur l’avenir de l’économie du centre-ville. Les échanges se dérouleront à Montevideo (impasse Montevideo, 6e) en présence de Laure-Agnès Caradec, mais aussi de la présidente de l’association Lyon urban data, pour un retour d’expérience sur le laboratoire Tuba, espace hybride de la Part Dieu à Lyon, dont le but est d’accompagner le développement des services innovants en ville.

Étude complète sur www.agam.org

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