La Provence.com - 25/01/2010

Logement : un rattrapage obligatoire pour Marseille

 
 
Cette semaine, "La Provence" se penche sur le problème nº1 des Marseillais : trouver à se loger
 
Une ville qui change, mais avec de nouveaux logements peu accessibles à l’immense majorité des Marseillais.
 
 
Revenir sur quinze ans de logement à Marseille, soit depuis la première mandature du maire UMP Jean-Claude Gaudin, c’est se pencher sur une courte période de l’histoire de la Ville où pourtant tout a changé. Souvenez-vousde ce temps, grosso-modo jusqu’à la fin des années 90, où les loyers étaient si bas qu’on ne songeait pas à devenir propriétaire… À la fin de la décennie, c’est comme si la machine s’était emballée. D’un côté la démographie qui nous sert un baby-boom sur un plateau et puis les fameux néo-Marseillais qui débarquent au début des années 2000, sous le triple signe de la Coupe du Monde de 1998, du TGV et d’Euroméditerranée….
Pour la première fois, la Ville regagne des habitants pour atteindre le nombre de 852395 (dernier recensement de la population municipale en 2007). Qu’il faut loger malgré la flambée des prix due à de nouvelles tensions sur le marché et à un phénomène de réajustement dans une ville très bon marché. Une évidence que nos édiles ont parfois oubliée, préférant privilégier l’économique, les emplois, au logement de ceux qui vont les occuper, justement. "Or faire du logement, c’est faire de l’économie, rappelle un observateur. 50% de l’économie marseillaise est liée à la présence de l’habitant : les supermarchés, l’habillement, la santé, les services bancaires… Et ce sont des emplois non délocalisables".
Arlette Fructus, adjointe déléguée au logement depuis mars 2008, confirme cette vision en deux temps : "À partir de 1995, nos efforts se sont portés sur la relance du développement économique de la ville, créer une attractivité, notamment sur le territoire rénové d’Euromed et attirer une population nouvelle. Dans la deuxième mandature, nous nous sommes attelés à comment les loger, avec un axe très fort pris en 2006 pour centraliser et renforcer l’action sur le logement". Avec un objectif nouveau de 5000 logements par an, dont 1500 logements sociaux, là où il était tombé à 300 en moyenne par an, pendant dix ans. Un affichage volontariste, quoiqu’encore insuffisant, mais un objectif tardif.
A Marseille, la situation du logement reste "excessivement difficile", comme le rappelle Thierry Moallic, directeur de l’Adil qui conseille les particuliers sur ces questions. "On a des ménages qui ont 2280€ par mois en moyenne. Avec ça, qu’est-ce que vous voulez acheter ? C’est très tendu, affirme-t-il. Dans le département, nous avons 72 000 demandes de logements sociaux pour 7000 attributions par an. Malgré la bonne volonté de tous, il est difficile de rattraper le mouvement." Ce qu’il faut savoir, c’est que par le seul jeu des accidents de la vie (une séparation qui entraîne l’occupation de deux logements, des enfants qui quittent le foyer), deux tiers de la production annuelle, soit 3000 logements, est déjà absorbé, sans qu’on ait gagné un seul habitant ! Quantitativement, comme qualitativement, l’offre semble donc mal adaptée à une population marseillaise qui croît et dont les revenus restent modestes.
Car malgré des opérations qui ont vu les immeubles pousser aux quatre coins de la ville, "il y a une frange de la population qui ne trouve pas à se loger", souligne Nouredine Abouakil de l’association Un Centre-ville pour tous. "Les constructions ont été insuffisantes en direction des classes moyennes, estime-t-il. Et on a mis le paquet sur le foncier disponible pour du logement haut de gamme, à leur détriment." Or le gros des troupes à Marseille ne peut accéder à la propriété qu’à la seule condition qu’elle soit à prix maîtrisés, voire sociale. Un certain nombre pourrait alors sortir du parc social et laisser la place à d’autres. C’est sans doute en tirant cette population vers le haut que la situation pourrait s’améliorer. "Favoriser les propriétaires occupants", c’est la volonté affichée de l’élue au logement.
Retrouvez l’article intégral aujourd’hui dans La Provence (édition Marseille)
 
 
 
Valérie SIMONET
Publié le lundi 25 janvier 2010 à 19H29
 
 
 

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