La Provence.com - 11/01/2014

Euroméditerranée : ils ne veulent pas "se laisser faire"



Un collectif tente de fédérer les habitants des Crottes sur le futur du quartier

Au petit local de la CGT, rue de Lyon (15e), ils sont quelques retraités à se presser au-dessus des plans : "Il y a encore trois ans, Euroméditerranée, ça ne nous disait rien, ça semblait très loin, à Arenc, concède Louise Cesbron, installée aux Crottes depuis 1958. On ne voyait pas le rapport avec nous, nos vies."

C’est une poignée d’étudiants en urbanisme qui, en 2010, ont joué le rôle de "lanceurs d’alerte" dans le quartier. "Tout à coup, avec eux, on a découvert les plans de l’extension de l’opération, poursuit Claude Hirsch, réalisateur de son état. On a vu qu’entre ce qui était prévu, les immeubles, les équipements, les 30 000 nouveaux habitants et... nous, quelque chose ne collait pas." Ils s’en sont persuadés, "Euroméditerranée 2 va se faire sans les habitants actuels du quartier. Ils sont pauvres, ils font tâche, on les repoussera plus loin", accusent-ils. Un procès d’intention qui irrite singulièrement Euroméditerranée.

Très peu nombreux - moins de 3 000 personnes - les habitants du périmètre de l’extension au Nord, vers les Crottes et le Canet, ne sont en théorie pas menacés par cette grande partie de Monopoly."Le projet veillera à maintenir la population en place", écrit ainsi l’opérateur, dans des documents que nous nous sommes procurés ("La Provence" du 24 novembre 2013). Mais cela ne convainc pas les retraités, qui se sont organisés en collectif au nom qui annonce la couleur : "On ne se laisse pas faire"tient des permanences deux fois par mois rue de Lyon et "tente d’entrer en contact avec les habitants, les commerçants, les artisans" concernés par Euroméditerranée 2, "cette rue de la République bis". "Beaucoup d’entre eux vont sauter, assure Claude. Le marché aux Puces, par exemple : quelles sont les garanties de son maintien aux Crottes ? Et tous ces petits garages, les boîtes de logistique du Canet, toutes ces enseignes entre l’avenue Salengro et le bd Capitaine-Gèze ? On n’en sait rien." La crainte de ce militant CGT, va "d’abord à l’emploi. Il y aura des licenciements, des délocalisations qui laisseront des gens sur le carreau". Concernant les propriétaires, "que feront-ils s’ils ne parviennent pas rénover leur bien comme Euroméditerranée le réclame ? Ils devront vendre à bas prix, mais pour aller où ? Ici, c’est un quartier de misère, les gens ont peu de moyens pour se défendre". Alors le collectif recense les "cas particuliers", s’inquiète pour le foyer Adoma de la rue Zoccola, "avec ses 300 vieux issus de l’immigration", et réclame "une discussion" avec Euroméditerranée, "et pas seulement sur la taille des futurs lampadaires !""Le problème, expose Louise, c’est que dans cette affaire, on est très mal informés. Les réunions sont évasives, on peine à se faire une idée claire." Modestement, c’est à cela que s’est attelé le collectif. Comprendre de quoi demain sera fait... et aussi sans doute pour qui.

"On ne se laisse pas faire" tient une permanence ouverte à tous les premiers et troisième mercredi du mois au 36, rue de Lyon (15e). Contact : 07 82 03 12 06 et onselaissepasfaire.eklablog.com


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