20 minutes - 28/11/2008

L’hébergement forcé ne convainc pas

 
Alors que le département affiche un taux de pauvreté bien supérieur à la moyenne nationale (9,7 % contre 5,9 %), deux cents places en hébergement d’urgence restent vacantes chaque soir à Marseille. Peur des agressions, saleté, vols : les arguments des sans-abri pour ne pas fréquenter ces structures sont multiples. Et quand Christine Boutin, la ministre du Logement, suggère de rendre obligatoire l’hébergement des SDF, le préfet des Bouches-du-Rhône est attendu au tournant. « La liberté de chacun, c’est une chose, le danger de mort, c’en est une autre, a déclaré mercredi soir Michel Sappin dans les locaux du Samu social, à l’occasion du lancement du plan Hiver. C’est pourquoi je suis pour le recours à la force dans certaines situations extrêmes. Je demanderai aux pompiers et à la police de s’en charger. »

Les associations sont au mieux sceptiques, au pire hostiles à la proposition. Pour Bernard Duluc, président du Secours catholique Marseille, sa mise en pratique se heurterait déjà à l’ampleur des refus sur le terrain : « Sur soixante personnes rencontrées chaque nuit, pratiquement toutes refusent de nous suivre en centre d’hébergement. » « Ce qu’il faut, c’est dépasser l’urgence pour s’inscrire dans la continuité, mais on manque de moyens », précise Fathi Bouaroua, directeur régional de la Fondation Abbé-Pierre. C’est ce que va proposer prochainement l’Armée du Salut avec son « Hameau » installé dans le 3e, des habitations légères à ossature en bois qui permettra à une vingtaine de personnes de « se poser le temps qu’il faudra ». Parmi les plus touchés par la misère, on compte surtout des familles monoparentales, de plus en plus de jeunes de 19 à 25 ans et des étrangers, parmi lesquels les Bulgares et les Roumains sont pour la première fois plus nombreux que les Maghrébins. Pour leur venir en aide, de nombreuses associations ont réussi à se fédérer autour du Samu social, avec les moyens du bord. « J’ai peur de l’année qui arrive, peur d’être encore plus submergée qu’aujourd’hui, confie Michèle, bénévole depuis quatorze ans à la Croix-Rouge. Je pense évidemment à ceux qui sont dans la rue, mais aussi à toutes ces familles moins visibles aux emplois précaires. Ces dernières vivent déjà dans des squats et leur situation va certainement encore s’aggraver avec la crise. »
 

Sarah Marengo - ©2008 20 minutes

20 Minutes, éditions du 28/11/2008 - 07h23

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