La Provence.com - 9/04/2015

35 000 internautes aident Leïla à trouver un logement

Mercredi 08/04/2015 à 17H18 : Change.org Solidarité Marseille

 

Agent de sécurité, Oualid Zaïri, 35 ans, rentrait de son travail à scooter, avenue de la Valbarelle (11e). Derrière lui, une voiture a voulu en doubler une autre ; en se rabattant, elle a percuté avec force le deux-roues. "C’était le 23 juin 2013", disent en choeur les soeurs Leïla et Radia Zaïri. Touché au tronc cérébral, leur jeune frère plonge dans un coma profond. "On lui donnait, ce jour-là, 72 h à vivre."

Dix-sept mois plus tard, Oualid est toujours en vie. Sur l’échelle de Glasgow, qui indique l’état de conscience, il est remonté, comme on revient des ténèbres, d’un stade 3 (coma profond) à un stade 13. "Aujourd’hui, il ouvre les yeux, il bouge un pied, on a eu des sourires", raconte, tendrement, sa grande soeur Radia. Désignée assistante de vie de son frère par la Maison départementale du handicap, elle surveille ses progrès, son retour à la vie "comme les progrès d’un bébé". Oualid vit depuis plus d’un an chez sa tutelle, Leïla, au 10e étage des Néréïdes, une cité HLM de la Valbarelle. Ses deux soeurs veillent sur lui avec amour. "On a voulu tenter quelque chose en le ramenant à la maison, explique Leïla, femme de ménage et mère de quatre enfants. À l’hôpital, en réanimation, on ne pouvait le voir que deux heures par jour. On a voulu essayer la stimulation." Radia sourit : "Et ça marche, c’est l’amour qui le ramène !"

Mais alité, Oualid doit subir de constants soins médicaux ; et lorsque, comme encore mercredi, l’urgence se présente, le cocon des deux soeurs est impuissant. "Il s’est mis à vomir, il s’étouffait, on a paniqué." Car Leïla sait que son appartement, sa tour, sont des pièges, des courses d’obstacles pour son frère. "Il ne doit pas être mis en position debout, mais à cause de la largeur des portes, des angles impossibles des couloirs, les brancardiers sont obligés de le faire, en ouvrant chez le voisin en face pour passer, souffle Leïla dans un sanglot. À chaque moment, il peut faire un arrêt cardiaque."

Un lit médicalisé ne rentre pas dans le minuscule ascenseur. "Les secours doivent prendre l’escalier. Pour descendre, ça va, mais pour monter..." En juillet, Leïla a expliqué, partout, son urgence : être relogée, dans un appartement adapté au handicap de son frère. "Sur Facebook, je me suis mise à raconter mon malheur, explique cette femme de 39 ans. Mais on n’a rien vu venir." Rien, sauf un membre de l’équipe de la plateforme de pétitions en ligne Change.org : "On m’a dit que mon histoire pouvait toucher les gens." C’était vrai : en quelques semaines, plus de 35 000 personnes ont signé, émues, cette pétition. "Ça réconforte, cette humanité des gens", dit Radia.

La médiatisation suffira-t-elle ? Le préfet a en tout cas été alerté de cette affaire. Pour l’heure, peu de neuf chez les Zaïri : "On est soudés, on tient comme ça", dit Leïla, qui a refusé un nouveau T4, "en rez-de-chaussée, mais tout aussi impraticable avec un lit médicalisé, un fauteuil". Les appartements adaptés au handicap sont rares. Là, Oualid a dû être hospitalisé pour quelques jours, mais sa famille l’attend. "Même s’il ne retrouve pas ses jambes, un jour, on y croit, on sera autour de cette table à rigoler. Et le reste, on s’en fout", lâche Radia.

"Le préfet nous a demandé d’en faire une priorité"

Comment s’opère l’attribution de logements sociaux, chez 13 Habitat ?

Nous gérons un parc de 34 000 logements et nous avons 34 000 demandes en attente et un tout petit nombre adapté aux personnes handicapées. En cela, comme les autres bailleurs, partout en France, nous avons beaucoup de retard. De plus, nous ne pouvons pas, seuls, décider de faire passer un dossier devant les autres. Nous devons pour cela avoir le feu vert de la commission départementale, c’est-à-dire du préfet.

Et le dossier de Teilla Zaïri, déposé en juillet dernier et pointant l’urgence médicale, de quelle façon votre office HLM l’a-t-il traité ?

Il s’avère que début mars, nous avons reçu de la commission départementale un avis du préfet nous demandant de prêter une attention particulière à ce dossier, prioritaire. Nous l’avons fait, peut-être pas aussi vite que nous aurions pu je vous l’accorde : le 27 mars, nous avons pu proposer, dans la même cité des Néréïdes, un appartement T4 en rez-de-chaussée à Mme Zaïri. Or, elle l’a refusé et fait savoir qu’elle allait médiatiser son histoire.

Ceci pour des raisons d’inadaptation... Désormais, sa demande a-t-elle des chances d’aboutir ?

Je crois qu’elle cherche sur Aubagne (et le 11e arrondissement, afin de pouvoir être suivie par l’équipe de soignants actuels, NDLR) ? Si on peut lui proposer quelque chose répondant à son attente et ses besoins, nous le ferons.
 

Delphine Tanguy

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