La Marseillaise.fr - 27/10/2015

Pour Fathi BOUAROUA, il faut agir « en co-responsables » face à la précarité


Écrit par Myriam Guillaume

lundi 26 octobre 2015 12:00

 

Marseille fait face à une incurie dans la gestion de la lutte contre la précarité. Le directeur régional de la Fondation Abbé Pierre, Fathi BOUAROUA propose de redonner la parole aux experts et usagers.

L’Unité d’hébergement d’urgence (UHU) est dans l’impasse, les services de l’hygiène sont en panne, et l’accès à l’eau toujours impossible... De l’urgence sociale au Dalo (droit au logement opposable), Marseille touche le fond. Responsable de la Fondation Abbé pierre Paca-Languedoc, membre du Collectif Alerte Paca, Fathi Bouaroua tire la sonnette et tend une main aux institutions.

L’UHU de la Madrague-ville est de nouveau dans la tourmente et le projet d’un nouvel établissement patauge (notre édition du 24 octobre). Quelle solution préconisez-vous ?

C’est un vrai souci, sinistre et à rebondissements. Des histoires de népotisme qui se répètent face à un public fragile et vulnérable, accueilli dans des conditions concentrationnaires scandaleuses. On ne peut pas continuer comme ça. C’est l’expérience la plus honteuse de l’urgence sociale. La forme n’est pas bonne. Et on persiste ? Avec autant de moyens, on peut faire des tas d’équipements de petite taille. Ni le préfet délégué pour l’Égalité des chances, ni le directeur de la Cohésion sociale, ni l’élu municipal chargé de la solidarité ne viennent assister aux États généraux de l’urgence sociale. Pourquoi ne pas réunir les fédérations, les centres d’hébergement pour construire un projet citoyen sur cette question. Il est temps de redonner la parole aux experts et aux usagers. De mettre en débat avec l’ensemble des partenaires. Car, force est de constater que malgré les moyens investis, l’expertise est mauvaise. Nous proposons donc une gestion en partage de responsabilité morale du projet à venir.

L’accès à l’eau est également de vos combats. Votre projet de bains-douches dans le 3e arrondissement a soulevé des oppositions. Où en est-on ?

On a créé cette structure suite à l’interpellation de la Ville sur l’accès à l’eau pour tous (Tous les élus ont signé la charte, ndlr). Bains-douches, toilettes publiques, points d’eau potable sont inexistants. A titre comparatif, Paris dispose de 2000 points d’eau, 500 WC publics et 18 bains-douches. Nous voulons donc construire, sur les fonds privés de la Fondation, avec la Ville, un établissement pour commencer à répondre à un besoin sanitaire urgent. Aujourd’hui nous avons un permis. Nous avons établi le contact avec les voisins les plus proches et nous pourrons, dès qu’il sera complètement écrit, présenter le plan des murs et du fonctionnement à la population. Les contacts sont pris avec la Ville et la mairie de secteur pour les aménagements nécessaires à une insertion réussie de cette structure dans le quartier.

Les Services de l’hygiène accusent depuis de longs mois un déficit en personnels qui handicape gravement la situation des personnes logées dans des conditions indignes. Vous avez interpellé la Ville. Avez-vous eu une réponse ?

Non. Mais nous continuons à recueillir des dossiers bloqués. Sans une visite, il est impossible au mal-logés de constituer un dossier. Or selon la loi, l’ARS a 3 mois pour l’effectuer. La Ville et l’État sont donc en infraction. La situation est très préoccupante et c’est pourquoi, nous lançons un appel à toute personne qui souhaite être accompagnée juridiquement dans sa démarche.

Entretien réalisé par Myriam Guillaume

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