Conseil municipal de Marseille - 1er/07/2005

Extraits de compte-rendu de séance du conseil municipal du 9 mai 2005

Débat portant sur le logement

16 - 05/0334/TUGE SECRETARIAT GENERAL « Enseignement Supérieur et Recherche - Participation de la Ville de Marseille à l’activité de l’Institut d’Economie Publique - Approbation d’une convention. (05-11199-SG)

Monsieur PEZET.- Monsieur le Maire, mes chers collègues, avec ce rapport, nous allons financer une étude comparative des facteurs de l’offre et de la demande dans l’évolution des prix du logement.
Personnellement, quand je veux savoir quel temps il fait le matin, un coup d’oeil par la fenêtre est souvent plus efficace que de téléphoner à la météo. En matière de logement à Marseille, c’est un peu pareil. Nous connaissons tous, ici, les causes des difficultés rencontrées par notre Ville pour se loger et cette étude ne pourra que confirmer ce que nous savons déjà, c’est-à-dire que les difficultés de logement à Marseille sont dues essentiellement à trois facteurs, la spéculation immobilière soutenue par la Ville, l’absence de soutien à la construction de logements sociaux et intermédiaires, l’absence de volonté politique pour mettre en place une offre diversifiée de logements dans tous les centres de Marseille afin de combattre la ségrégation sociale.

En matière de logement comme dans tant d’autres domaines, il existe toujours un décalage vertigineux entre les déclarations d’intention de la Municipalité et ce que vous faites ensuite dans la réalité. Lorsque 3 000 logements sont construits sur les trois ZAC du Rouet, des Vagues et des Catalans, on y compte moins de 80 logements aidés, au final. Cela, ce sont des actes. Ce gouffre entre les mots et les actes, vous l’illustrez une fois de plus dans la lettre de quatre pages que vous venez d’adresser aux Marseillais et dans laquelle -oh ! surprise- vous semblez découvrir le problème du logement dans notre ville.
Quelques mots, d’abord, au sujet de cette lettre. En supprimant le journal municipal, vous avez aussi supprimé une tribune d’expression pour les différents groupes de l’opposition municipale. Quel que soit le statut que vous donnez au document qui a été diffusé à la date du 2 mai, je souhaite, au nom de mon groupe politique, que vous nous offriez les moyens de nous exprimer comme la loi vous y invite.
Revenons au contenu de cette fameuse lettre et en particulier aux aspects relatifs au logement. Vous écrivez : « Nous construisons actuellement 3 000 logements neufs par an ». Vous écrivez encore : « Il faut construire davantage de logements et en particulier des logements à prix abordable pour les ménages les plus modestes ». Premier constat, le vocabulaire : vous évitez soigneusement de parler de logement social, comme si c’était un gros mot. Mais lorsque vous écrivez des logements à prix abordable, vous ne pensez pas à autre chose, alors dites-le ! Second constat, c’est le décalage incroyable entre les mots, les déclarations et les actes. Car ce qui ne change pas avec votre Municipalité, pour le logement comme pour tant d’autres domaines de la politique municipale, c’est la méthode que vous employez pour faire face aux difficultés. Vous commandez d’abord un sondage, qui vous permet de constater le mécontentement des Marseillais en matière de logement. Là, c’est un peu comme pour la météo dont je parlais tout à l’heure, il suffirait largement d’ouvrir votre fenêtre pour entendre ce que les Marseillais ont à vous dire sur ce sujet.
Admettons qu’après ce sondage vous avez décidé de réagir. Comment ? En convoquant vos spécialistes en communication, qui sont alors chargés de répondre aux problèmes avec une savante stratégie, que l’on peut résumer en une phrase : écrivons au Marseillais ce qu’ils ont envie de lire.
Dernière étape enfin, vous écrivez effectivement aux Marseillais ce qu’ils ont envie de lire et je vous cite : « La Municipalité a décidé de prendre de nouvelles mesures pour faciliter le logement des Marseillais. A cet effet, je préciserai notre plan de bataille avec des mesures concrètes dans les prochaines semaines. » Mais, Monsieur le Maire, comment voulez-vous que nous vous croyions ? Pourquoi feriez-vous aujourd’hui ce que vous n’avez pas fait depuis dix ans ? Pourquoi soudain les voeux pieux de la majorité municipale ne resteraient-ils pas comme d’habitude l’expression d’un plan de communication dont le seul but est de répondre par des mots là où les Marseillais attendent des actes ?
Nous essayons, j’essaie moi-même, Monsieur le Maire, -et vous le savez-de jouer le rôle d’une opposition constructive et loyale. Nous vous l’avons montré àde nombreuses reprises au cours des années récentes. Mais, en retour, que nous signifiez-vous ? Une incommensurable surdité à nos propositions. Depuis trois ans, nous vous proposons de prendre un taux de 20 % pour les logements sociaux dans toutes les constructions qui sont prévues. Et il faut lire La Provence du 29 avril 2005 pour que vous indiquiez, je vous cite : « S’est réalisée une proportion de 20 % de logements sociaux dans tous les projets de la Communauté Urbaine ». Voilà, Monsieur le Maire, vous avez attendu trois ans pour répondre à ce que nous vous proposions !

Monsieur le Maire.- Trois ans, ce n’est pas beaucoup.

Monsieur PEZET.- Pas pour ceux qui attendent, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire.- Oui, depuis cinquante ans !

Monsieur PEZET.- Je prends un chiffre, qui est donné d’ailleurs dans une publication qui émane de la Convention Citoyenne et dans laquelle il est indiqué : « La production de logements sociaux neufs pour les familles à Marseille, 2001 : 152 ;2002 : 235 ; 2003 : 89 ; 2004 : 49 ! Les cinquante ans, Monsieur le Maire, il va falloir prendre un certain moment pour combler les 15 000 demandes qui ne sont pas satisfaites !

Je disais donc surdité à nos propositions, surdité chaque fois que nous alertons sur les risques que vous faites prendre à la Ville en ne vous engageant pas plus vite ou plus réellement dans des politiques efficaces en matière de logement, de transport et de propreté.

Regardez les transports. La ville est un embouteillage permanent. Nous avons perdu dix ans sur toutes les autres métropoles françaises. Partout existent et se développent des réseaux de transport collectif performants. A Marseille, on a préféré un réseau centre-centre ; allez comprendre pourquoi, si ce n’est en priorité pour répondre aux exigences des investisseurs immobiliers. Et pour le moment, les Marseillais doivent se contenter d’un tramway en bois et d’un gabian agent de la circulation !
Mais, vous, vous concertez ! La preuve, vous demandez l’avis des Marseillais sur la couleur du toit du tramway. Cette consultation sur la couleur du toit du tramway résume bien à elle seule l’incroyable stratégie politique qui consiste à ne pas répondre aux questions importantes et à en poser d’autres de préférence bien plus futiles. Alors, lorsque des manifestants veulent venir ici, aujourd’hui, pour présenter légitimement leurs doléances, lorsque les représentants de tous les Marseillais sont en assemblée, vous répondez une fois de plus à côté en avançant l’heure du Conseil Municipal pour éviter la confrontation. Si cela continue, mes chers collègues, les prochains Conseils Municipaux risquent d’être reportés vers minuit dans le massif de la Nerthe, au milieu des lapins ! Prenez garde, toutefois, que les lapins de la Nerthe aient eux aussi quelque chose à vous reprocher ! Depuis quelques mois, rien ne semble en effet fonctionner correctement dans cette ville. Les retards s’accumulent, les impôts explosent, de nombreux services publics ne fonctionnent pas bien à l’instar de celui de la propreté. Vous aviez lancé -encore un joli plan de communication- une campagne sur la propreté.

Je constate simplement que c’est à peu près le seul thème de préoccupation des Marseillais dont vous ne parlez pas dans votre lettre de quatre pages. Et pour cause ! Car je ne sais quel bilan vous tirez en matière de propreté, mais, moi, je suis comme tous les Marseillais et il suffit que je baisse le nez dans le centre-ville pour en constater l’absence totale d’effet. On nous a suffisamment asséné la responsabilité des Marseillais sur l’état des rues, voici un an maintenant que vous dites que vous faites des choses, mais venez vous-même rue Grignan, par exemple, parcourez-la de bout en bout, il n’y a pas une seule poubelle publique pour jeter ses papiers. Comment voulez-vous que les personnes changent de comportement si vous ne leur donnez pas les moyens les plus simples pour le faire ?

Après tout cela, il ne faut pas s’étonner du fait que l’ambiance dans la ville ne sera pas bonne. Et elle ne semble pas non plus très sereine dans l’équipe municipale ! Certains Maires de Secteur vous demandent de jouer plus collectif ; d’autres expliquent à qui veut bien l’entendre qu’ils n’étaient pas d’accord avec vos décisions en matière de stationnement. Puisque vous n’écoutez pas les représentants de l’opposition municipale, écoutez au moins les élus de votre propre majorité ! La pression qu’ils subissent de la part de la population n’est pas antidémocratique, elle est légitime, ils le savent et ils sont simplement conscients du fait que la colère gronde aujourd’hui parmi les Marseillais.

Monsieur le Maire, nous vous connaissons un peu et nous connaissons vos capacités de rebond. Je sais aussi la difficulté qu’il y a à gérer des villes comme Marseille, où les difficultés sont grandes et où les moyens pour faire face sont limités. Le changement de calendrier électoral que vous envisagez pourrait vous offrir douze mois supplémentaires pour essayer de finir quelques grands projets comme le tramway et je pense que vous pouvez réussir si, effectivement, la loi vous autorise à ce report des élections. Mais dans ce temps qu’il reste, si vous n’avez pas l’intention de changer de politique, vous devriez peut-être, au moins, changer de méthode.

Les discours irréels, les affirmations erronées, les promesses généreusement distribuées mais non financées, les problèmes criants laissés de côté, les mesures injustes et inefficaces, voilà -je crois- ce qui crée aujourd’hui ce sentiment de malaise dans notre ville ! A cela s’ajoute le fait que votre majorité municipale commence à partir dans tous les sens, mais cela, c’est votre problème. Celui des Marseillais, c’est que vous ne les écoutez pas, alors qu’ils vous parlent, qu’ils vous questionnent et qu’ils attendent des réponses.

Les Marseillais ne vous ont pas élu capitaine d’un navire dont votre majorité serait le seul équipage. S’il est sans aucun doute utile que vous preniez du temps pour diriger votre équipe pendant qu’elle écope à fond de cale, il faut aussi que vous preniez le temps d’écouter les Marseillais qui sont embarqués sur le même bateau et qui vous disent que ce qu’ils attendent maintenant, ce n’est pas que vous mainteniez le cap, comme vous l’écrivez dans votre lettre, mais que vous en changiez !
Nous voterons cette délibération en espérant que les résultats de cette étude seront un élément de plus pour vous convaincre qu’en matière de logement comme dans d’autres domaines, vous faites fausse route et qu’il est effectivement grand temps de changer de cap.
(Applaudissements dans les rangs du Groupe Socialiste)

Monsieur TOURRET. Chers amis, il s’agit d’un dossier présenté par Monsieur le Ministre et également Professeur MATTEI. Donc, vous imaginez tout le sérieux de ce dossier. Je vais quand même revenir à l’essentiel, le dossier. M. PEZET, pour des raisons partisanes, à mon avis, nous a dit que cette étude ne servait à rien et que, finalement, l’Institut d’Economie Publique, localisé à la Vieille Charité à Marseille, regroupe des enseignants chercheurs -et écoutez bien pour ceux qui savent un peu la couleur des différentes Universités-, des chercheurs de l’Université de la Méditerranée, de l’Université Paul Cézanne, de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, des chercheurs du Centre National de Recherche Scientifique, le CNRS, et même des chercheurs de l’INSERM. Il s’agit donc d’un Institut de tout premier rang qui contribue à la renommée scientifique de Marseille.
L’IDEP est une structure originale, où se poursuivent, en même temps qu’une recherche universitaire conduite au niveau internationale, une recherche appliquée et des activités universitaires et d’expertise pour aider à la décision. Et c’est là où cela devient intéressant : en 2005, l’IDEP va faire une analyse des impacts économiques de grands projets dans la décision publique. Exemple, Messieurs les Ministres -il y en a plusieurs dans la salle- : ITER. Donc, cette année, l’étude de l’impact d’ITER sera menée par l’IDEP.
Quant à l’étude en question, c’est une étude comparative de l’offre et des facteurs de demande dans l’évolution des prix du logement en région PACA, c’est-à-dire dans toute la région PACA. Et j’ai peur que, pour des fins partisanes, vous trouviez des renseignements qui puissent vous gêner, car seront étudiés non seulement la Ville de Marseille mais l’ensemble des villes, quelle que soit leur couleur politique.
Alors, M. PEZET, je crois qu’en voulant tout dire, vous n’avez finalement rien dit et que c’était une intervention plutôt partisane. Et je me demande même si vous ne vouliez pas précéder les autres orateurs pour pouvoir vous-même aborder tous les sujets qui seront abordés ce matin. Merci.
(Applaudissements dans les rangs de la majorité)

Madame BOET.- Monsieur le Maire, chers collègues, je ne comprends pas l’intervention de M. TOURRET puisque l’on n’a rien du tout contre cette étude. De plus, il y a quelques chose que je n’ai pas bien compris non plus, c’est la couleur des Universités. C’est peut-être votre appartenance au MEDEF qui vous fait croire qu’il y a de la couleur partout !
Sans attendre l’étude, Monsieur le Maire, lors du Congrès de promoteurs constructeurs, en décembre 2004 -je dis bien le vrai Congrès des promoteurs constructeurs et non pas la convention des promoteurs que vous avez tenue à l’Alhambra, la semaine dernière-, vous avez dit : « Encore un petit effort pour porter le prix du mètre carré du logement à 2 300 Euros ». Il vous a fallu dix ans pour réaliser qu’il fallait baisser le prix du mètre carré du logement !
Puisque vous dites que nous ne sommes qu’une opposition stérile, que l’on ne fait jamais de proposition, si nous avions participé à la convention, si elle s’était tenue comme toute convention doit se tenir et non pas pour être simplement une grand-messe au service de vos idées, on serait venu avec une proposition qui pourrait être applicable dès ce Conseil puisqu’elle peut s’appliquer au rapport 79 sur la rue de l’Abbé de l’Epée, au Camas, sur la SOGIMA. Donc, j’ai une proposition pour construire des logements intermédiaires à Marseille à 1 850 Euros le mètre carré. Et des logements en prêt social location accession, PSLA. Il n’y a pratiquement pas de PSLA sur notre Ville. Me BLUM, vous me regardez, mais dites-moi où se construisent des PSLA dans notre ville ? Ce n’est pas utilisé alors que çà l’est sur d’autres territoires de notre région. Pourquoi le PSLA ? Il coûte moins cher, il permet de lutter plus efficacement contre la spéculation en évitant les reventes rapides. Mais lutter contre la spéculation, ce n’est pas votre but. Et il s’avérerait aussi un outil efficace pour augmenter le taux de rotation dans le logement social, actuellement bloqué à moins de 5 %, ce qui est un phénomène qui freine les possibilités des ménages, à pouvoir d’achat le justifiant, d’accéder au logement social.

Le rapport 79, puisqu’il porte sur la construction de logements par la SOGIMA, au-dessus d’un parking, dans un quartier où il y a quand même une forte demande de salariés, puisqu’il y a la Caisse de Sécurité Sociale, la Conception, cela permettrait à ces salariés de demeurer dans le quartier tout en accédant à la propriété. Donc, cela veut dire que notre Plan Local de l’Habitat que nous allons discuter à la Communauté Urbaine devrait impliquer une forte volonté de maîtriser l’étalement urbain par une dynamisation de l’agglomération urbaine, fondée sur le développement de la CUMPM, refusant le déclin économique et social actuel, s’appuyant sur d’autres choix développant nos atouts industriels de recherche agricole, portuaire, navale, dans lesquels la filière de construction s’articulerait. Ensuite, cela voudrait dire intégrer toute la chaîne de production du logement, qui est à l’heure actuelle plombée par les sirènes des grands groupes immobiliers qui ne visent que des revenus qui se paient sur la tranche des 45 %. Donc, cela passe par la maîtrise du foncier, la création d’un outil d’ouvrage public, mais avec la SEM Marseille Aménagement nous en avons déjà un, et une prise en compte active et réglée. Donc, je tiens à votre disposition l’étude que nous avons. Je termine simplement en vous disant qu’avec cette construction à 1 850 Euros le mètre carré, les frais financiers de commercialisation et les marges s’élèveraient à 117 Euros et qu’actuellement, sur notre ville, les marges pour les promoteurs s’élèvent à 1 329 Euros. C’est-à-dire que sur 3 300 Euros le mètre carré, il y a 1 329 Euros qui vont dans la poche des promoteurs.

Monsieur BLUM.- Monsieur le Maire, mes chers collègues, je voudrais répondre rapidement d’un mot tant à M. PEZET qu’à Mme BOET. Tout d’abord, M. PEZET, rassurez-vous ! La majorité municipale, ici, est solidaire. Nous écoutons bien vos conseils mais je vous en donne un autre : occupez-vous de colmater les brèches entre M. HOLLANDE et M. FABIUS, et ici, entre M. GUERINI et M. VAUZELLE et, après, vous nous donnerez des leçons en matière de solidarité.
M. PEZET nous dit que tout va mal, tout va mal en matière de logement, tout va mal dans les transports, tout va mal dans la circulation, tout va mal dans l’économie ; bref, c’est l’apocalypse ! Mais M. PEZET est amnésique ; il oublie que pendant de nombreuses années il a été aux responsabilités dans cette Ville. Et queConseil Municipal s’est-il passé en 1995 quand nous avons, en quelque sorte, hérité du patrimoine municipal de M. PEZET et de ses amis ? En deux mots, rapidement, sans alourdir les débats : le parc social complètement dégradé, le centre-ville paupérisé, avec des logements qui avaient été achetés par les Municipalités précédentes à qui mieux-mieux, sans cohérence et qui n’avaient bien entendu pas été entretenus. Ceci pour le patrimoine du centre-ville. Les copropriétés dégradées qui sont en périphérie, comme Kallisté, elles aussi, n’avaient pas été entretenues et la Ville n’était pas intervenue. Il y avait encore des bidonvilles, à Fenouil, à Chieusse Pasteur, les Chalets Coder. Et, évidemment, M. PEZET, aujourd’hui, veut nous donner des leçons. Il avait également, bien sûr, La Cayolle.
En 1995, on ne construisait dans cette ville que 1 000 logements, dont à peu près 400 logements sociaux. Et ces logements sociaux, comme les logements en accession, restaient sur le marché parce qu’il y avait 3 000 logements vacants et que, de plus, l’économie de la ville était dans un tel état de pauvreté que les logements en accession n’étaient pas vendus.
Qu’avons-nous essayé de faire, déjà, depuis dix ans ? Nous avons réhabilité le centre-ville. Près de 15 000 logements dans le centre-ville ont été réhabilités dans le cadre d’une mixité sociale et dans le cadre, pour reprendre l’expression d’un de vos amis, M. CHAPUIS, l’autre jour, à la fameuse convention que vous évoquez, d’une mixité sociale vers le haut, ne vous en déplaise ! Nous avons également et nous construisons aujourd’hui dans cette ville 3 000 logements par an, dont environ, globalement, 400 à 500 logements sociaux et ces logements, bien entendu, sont sur le marché libre et sont vendus aujourd’hui à des prix, certes, un peu trop élevés mais qui sont vendus parce que cela correspond à la demande des Marseillaises et des Marseillais. Mais j’y reviendrai. Voilà ce qui a été fait. En même temps, n’oubliez pas tout ce qui est fait sur le Grand Projet de Ville, tout ce qui est fait également par la Ville pour la réhabilitation des centres et de la périphérie, l’intervention aussi dans les copropriétés en difficulté, qu’il s’agisse de Bellevue ou de Kallisté, où vous n’aviez pas eu dans le passé le courage d’intervenir.

Aujourd’hui, il y a, certes, un certain nombre de corrections à apporter, nous en sommes conscients. C’est pour cela qu’il y a eu cette convention qui a été organisée par Monsieur le Maire. Nous sommes tout à fait conscients qu’il faut encore construire et construire plus et construire dans le cadre d’une plus grande diversification des logements, c’est-à-dire de faire à la fois des logements intermédiaires, plus de logement social et des logements également sur le marché libre, parce qu’il faut dans cette ville, désormais, construire au moins 5 000 logements par an, parce que l’économie marseillaise s’est développée. Cela, vous ne le dites pas, parce que c’est la vérité et que cette vérité vous gêne ! Depuis maintenant cinq ans le nombre d’emplois dans cette ville augmente de 3 500 par an, avec 7 200 entreprises qui se sont établies dans toutes les branches de l’économie marseillaise, à la Valentine, à la Capelette, à Euroméditerranée, à Luminy et à Château Gombert, et cela vous gêne !

Nous sommes, et vous le savez, c’est une enquête qui vient de le démontrer et ce n’est pas une enquête qui est faite par la Municipalité mais qui a été faite au niveau national par le journal L’Expansion : Marseille est la ville championne en matière de réduction du nombre des chômeurs puisque nous en avons réduit 3,50 % en quatre ans. Cela, vous ne le dites pas parce que cela vous gêne ! Alors, je le dis à mes amis de la majorité, ils n’ont pas à avoir ni crainte ni honte du travail que nous faisons ! Le travail que nous faisons est un excellent travail. (Applaudissements dans les rangs de la majorité)

Monsieur BLUM.- Quant à vous, Mme BOET, vous nous parlez de la fameuse convention, vous nous dites que vous n’avez pas pu y participer. Mais, Mme BOET, on vous y a invitée mais vous n’y êtes pas venue ! Mais quand, vous, vous organisez des manifestations, vous ne nous invitez pas pour que l’on puisse venir vous apporter la contradiction ! Au lieu de critiquer, je vais vous donner un dernier conseil et j’en aurai terminé.

Dites à vos amis du Conseil Général qu’au lieu de nous critiquer ils feraient mieux, quand on fait de la réhabilitation de logements sociaux, je pense notamment à l’îlot Sanchez dans lequel l’OPAC ne participe pas, quand il s’agit de la rue de la République et des différentes PMI, au lieu de donner un million d’Euros qui vont être gaspillés par des associations, ils feraient mieux de participer aux Conventions Publiques d’Aménagement ! Et, dans quelques instants, sous la houlette de M. TOURRET, nous allons voter pour le logement social un certain nombre de garanties d’emprunt pour des sociétés d’HLM. Ici, nous votons des garanties d’emprunt pour toutes les sociétés d’HLM alors que le Conseil Général ne le fait que pour l’OPAC Sud. Donc, Messieurs, avant de donner des leçons, regardez et balayez devant votre porte ! Aidez-nous au lieu systématiquement de critiquer ! (Applaudissements dans les rangs de la majorité)

Monsieur le Maire.- Pour répondre brièvement et notamment en matière d’habitat, il y a, d’un côté, la caricature et, de l’autre, la réalité. Le premier résultat est quantitatif et Roland BLUM vient de l’expliquer. Nous avons relancé de façon importante, depuis dix ans, la création de nouveaux logements à Marseille, qui est passée de 1 000 en 1995 à 3 000 nouveaux logements par an maintenant. Nous n’avons pas craint ni redouté de dire qu’effectivement ce n’est pas assez et par rapport à des villes comme Toulouse, Rennes, j’entends les critiques. Ne parlons pas de Dublin en Irlande dont un représentant est venu, l’autre jour, nous expliquer comment ils procèdent.
Mme BOET, vous avez été invitée à participer. Effectivement, certains élus de gauche sont venus, même du parti socialiste, le premier d’entre eux dans la hiérarchie, mais ils n’ont pas souhaité intervenir ; c’est leur affaire. Il est vrai que la présence de nombreux professionnels du domaine du logement, peu intéressés par l’invective et le débat politicien, vous auraient empêché de dire n’importe quoi, ce que vous faites à longueur de séance du Conseil Municipal ! C’est pour cela que vous n’êtes pas venue, vous vous êtes contentée de faire exciter les gens du DAL ou autres qui étaient devant la porte. Il valait mieux rentrer et nous dire : « on vous demande la parole et voilà ce que nous proposons ». Vous voulez plus de logements sociaux, M. PEZET faisait allusion tout à l’heure à une déclaration que j’ai faite concernant la Communauté Urbaine. Eh bien ! Commencez d’abord par dire aux Maires socialistes qui sont dans la Communauté Urbaine qu’ils feraient bien de faire un peu des logements sociaux ! Et je connais une autre ville, la deuxième ville du département, qui semble vous intéresser ; peut-être21 qu’un jour vous aurez fort à faire pour rattraper aussi le retard dans ce domaine. Aussi, M. PEZET, soyez prudent ! Vous êtes un excellent avocat, reconnu comme tel, et cela ne me gêne pas de vous rendre hommage. Vous vous transformez en procureur, là c’est moins bien. Laissez faire cela à d’autres dans votre groupe politique qui ont l’habitude de ce genre d’actions !
Je ne vais pas revenir sur ce qu’a dit Roland BLUM. Il n’y a plus de bidonville. Il y a dix ans, il en existait encore. Et le chiffre qui m’impressionnera, effectivement, c’est que nous voulons faire davantage de logements. Le problème n’est pas de les faire ; nous avons, avec les bailleurs sociaux, des organismes de qualité. C’est l’endroit où nous allons les mettre qui va immédiatement poser problème ! Parce que quand on va dans les secteurs des Mairies de gauche, on nous dit : « Mais on en a tellement, des logements sociaux, allez les mettre ailleurs ! » Alors, il faudra que vous nous proposiez d’en faire, justement ! Et si vous voulez en faire, nous les ferons !
La gauche écrit, paraît-il, un livre noir. Nous, nous préférons écrire un livre blanc, en montrant le diagnostic et en essayant, comme nous l’avons fait dans d’autres domaines, de réaliser de meilleures choses. C’est le rôle de la majorité. Et quand vous dites que vous êtes une opposition constructive, Mme BOET ! Mais heureusement que vous avez sans doute à agiter encore beaucoup ! Heureusement que les Socialistes vous ouvrent les bras, parce que si vous deviez être toute seule, vous n’iriez pas loin, même en agitant les foules contre nous !
(Applaudissements dans les rangs de la majorité)

Le rapport 05/0334/TUGE mis aux voix par Monsieur le Maire est adopté à l’unanimité.

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113 - 05/0429/EHCV DIRECTION GENERALE DE L’URBANISME ET DE L’HABITAT - DIRECTION DE L’HABITAT ET DU LOGEMENT - SERVICE DEVELOPPEMENT ET RENOVATION DE L’HABITAT « PROJET CENTRE VILLE - Acquisition par voie d’expropriation en vue de la résorption d’habitat insalubre de l’immeuble 35, rue Thubaneau - 1 er arrondissement. (05-11319-SDRH)

Monsieur SANMARCO.- Monsieur le Maire, j’ai suffisamment ici critiqué et combattu un certain nombre d’actions qui étaient menées par votre Municipalité dans le cadre du PRI de Centre-ville pour vous dire la satisfaction que nous avons, les élus de la Convention Citoyenne et les associations et parmi elles celles dont je souhaite que vous les receviez prochainement comme vous vous y êtes engagé, enfin, une expropriation dans le PRI de Centre-ville ! Enfin ! C’est la première ! Nous n’avons cessé de vous demander de passer à l’acte. Donc, le jour où vous le faites, je ne vois pas pourquoi nous ne vous rendrions pas hommage. Je rappelle que cette histoire de l’hôtel Achille avait été un des exemples insupportables de ce qui se faisait par des marchands de sommeil ; n’ayons pas peur d’employer ce terme à propos de ces propriétaires, qui continuent de sévir, d’ailleurs, par ailleurs. Cette fois-ci, grâce à l’action en justice qui avait été menée par le monde associatif, les tribunaux ont condamné le gérant et le propriétaire. La Municipalité à ce moment-là, je dois le dire, avait participé au relogement et avait exigé que des travaux soient faits. Ces travaux, bien sûr, n’ont pas été faits et maintenant vous passez à l’acte. Dont acte ! Bravo ! Et je souhaite que vous continuiez dans cette bonne direction. Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire.- Mme SERVANT, si elle était là, vous répondrait : nous faisons pour le mieux en essayant d’acheter, chaque fois qu’on le peut et que l’on ne nous met pas des bâtons dans les roues, ces immeubles anciens, qui étaient généralement des lieux effectivement pour les marchands de sommeil. On essaie de les acheter pour effectivement les réhabiliter. On essaie de faire au mieux, ce n’est pas aussi simple que cela.

Le rapport 05/0429/EHCV mis aux voix par Monsieur le Maire est adopté à l’unanimité.

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