La Provence.com - 14/06/2016

L’îlot des Feuillants lance enfin sa mue

 

De 5 immeubles dégradés sur La Canebière, la Ville veut faire un nouveau pôle touristique. Le chantier démarre

Le magasin Bata est parti en oubliant derrière lui son stock de chaussures, la bijouterie Piery, son coffre-fort (vide, précisons-le vite). Des cantonales 2006, il demeure encore la pancarte défraîchie de la permanence du candidat UMP, Jean-Michel Muracciole, "avec Jean-Claude Gaudin et Jean Roatta". Le carrelage d’un snack, des escaliers seventies, un four à pizza "et des caves qui n’existaient même pas sur les plans" : l’îlot Feuillants est un millefeuille "de type haussmanien" qui raconte un peu de l’histoire de ce coin de l’hyper-centre, entre Canebière et marché des Capucins.

Celle, aussi, d’un complexe Périmètre de restauration immobilière (PRI), qui ne parvint pas à relever Noailles au début des années 2000. Ainsi, acquis par la Ville (via sa société d’économie mixte d’alors, Marseille aménagement) il y a quinze ans, l’îlot n’aura été revendu que le 2 décembre 2015 (2,5 M€) à la société Fondeville. Une transaction alors présentée en grande pompe à la presse dans la foulée. Mais depuis, rien ne semblait plus bouger sur le site, dont les palissades ont tenu lieu d’abri de misère aux SDF tout l’hiver. La Ville avait lancé un appel à projets, remporté par Fondeville et l’architecte marseillais Emmanuel Dujardin (Tangram) il y a déjà quatre ans. Recours, relogement complexe des derniers locataires de l’îlot, l’affaire n’a pas encore fini de donner du fil à retordre à ses nouveaux propriétaires.

 

Ainsi, annoncé pour janvier, le début des travaux a été encore retardé de près de six mois. "Nous avons dû compléter les études préalables, car tous les locaux n’étaient pas accessibles", rapporte Naïma Rachid, directrice de programme chez Agir Promotion. Après le "nettoyage" des bâtiments, c’est désormais le désamiantage qui va démarrer. "On en trouve un peu partout, dans les tuyaux, la colle des carrelages, les enduits", retrace le jeune conducteur de travaux de Fondeville, Olivier Jaume, 26 ans. L’opération durera jusqu’en septembre. Et le gros oeuvre sera lancé dans la foulée.

Sur quel calendrier compter ? "On a du mal à se projeter précisément, mais disons deux ans", estime Naïma Rachid. Plein de surprises et de contraintes (l’espace dédié aux travaux ne doit pas perturber la circulation sur la Canebière), le chantier est en tout cas encore annoncé par la Soléam comme "devant durer 18 mois" et s’achever"fin2017".

Présenté désormais dans le cadre de l’opération Grand centre-ville, il s’agira de créer un hôtel Mercure 4 étoiles de 81 chambres, avec un bar, un salon et un espace petit-déjeuner de 70 places, une salle de séminaire. Au rez-de-chaussée encore, une brasserie de 120 couverts à l’intérieur et 30 en extérieur, indépendante du Mercure : "Des discussions sont ouvertes avec un chef marseillais", précise Naïma Rachid. Arrelia, filiale de Fondeville, spécialiste de la gestion d’établissements hôteliers et de services, est aux commandes de l’îlot, qui comprendra encore un spa de 200 m².

Aux alentours, on a d’abord accueilli avec circonspection ce projet touristique, aux portes du plus populaire marché des Capucins. Le pari de faire dormir là "des voyageurs d’affaire, des touristes" ? Il n’effraie pas les promoteurs. "Ici, on est au contraire super bien placés, avait rassuré, en 2015, Matthieu Blanc, à la tête d’Arrelia. Les hôtels qui marchent le mieux à Marseille sont tous près du Vieux-Port, c’est ici que les gens ont envie de descendre."Et de nouvelles enseignes plus haut de gamme (Le Petit Saint-Louis, la superbe épicerie L’Idéal) ont déjà contribué à redorer le blason du quartier.

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