La Marseillaise - 22/02/2016

#Marseille : l’hôtel 4 étoiles de la Canebière reste muré sous les palissades


Écrit par Marjolaine Dihl

samedi 20 février 2016 17:36

Le chantier de l’îlot des Feuillants sur la Canebière à Marseille aurait dû débuter en janvier. Faute d’autorisation administrative, les travaux ne peuvent toujours pas démarrer.

Les palissades au pied de l’îlot des Feuillants ont perdu de leur superbe. Entre graffitis et affichages sauvages, elles annoncent encore la construction d’un hôtel 4 étoiles dans cet immeuble haussmannien situé entre la Canebière et le marché des Capucins. Un immense encart rouge promet même un « lancement des travaux en janvier ». Or, depuis le début de l’année, aucune pelleteuse n’a pointé sur place. « Cet hôtel, c’est l’Arlésienne », claironnent les commerçants du quartier Noailles, chacun allant de sa propre explication.


Une affaire de famille

Dans la famille Fondeville, je voudrais... Catherine-Germaine (épouse Picard). C’est le nom de la cogérante de la Société civile immobilière (SCI) qui détient désormais le permis de construire de l’îlot des Feuillants. Cette SCI, baptisée 48 Canebière Immobilier, appartient par ailleurs à la SARL Mas des arcades, elle-même gérée par Hélène Fondeville.
Ce n’est là qu’une infime partie de l’entreprise Fondeville, fondée en 1910 par un certain Raymond Fondeville. Cet empire familial, basé à Perpignan, s’étend désormais à tous les niveaux du projet de l’hôtel Canebière. Pour la promotion immobilière, c’est la filiale Agir Promotion qui s’est chargée du dossier. Pour la partie « acquisition patrimoniale », la SCI 48 Canebière Immobilier a donc pris le relais. Restera ensuite la partie exploitation du site. C’est là que devrait intervenir Arrelia, également filiale du groupe. Le 4 décembre, à l’occasion d’une conférence de presse, Matthieu Blanc, président d’Arrelia, annonçait les contours du projet : 81 chambres dont quatre suites, placées sous la bannière Mercure (groupe Accor) dans le cadre d’une franchise. à cela doivent s’ajouter un spa, ainsi qu’une brasserie de 120 couverts en intérieur et de 30 en extérieur, avec service de 9h à minuit. Mais ça, c’était en décembre.

M.D.


Pour autant, personne dans le secteur n’est en mesure de comprendre les raisons d’un tel retard. « Nous attendons des autorisations administratives », tranche la chargée du projet pour Agir Promotion (filiale du groupe Fondeville). Ce que confirme Sabine Bernasconi, maire LR des 1er et 7e arrondissements. Reste que ni l’une ni l’autre ne précise de quelles autorisations il s’agit. Quant à la Société locale d’équipement et d’aménagement de l’aire marseillaise (Soléam), elle ne répond pas.

Levée du mystère le 23 février ?

Une réunion se tiendra mardi entre Agir Promotion et différents services publics impactés par les futurs travaux, à commencer par ceux de la propreté, de la voierie et les pompiers. Cette rencontre devrait permettre d’entériner (ou non) le plan d’implantation de chantier. « Il est établi depuis le mois de novembre, poursuit la chargée du projet. Tout le monde est sur le pont. Les marchés de travaux sont passés. » Bref, tout roule. Ou presque. Le hic ? « C’est un site très contraint. » Les nombreux piétons qui fréquentent le secteur, le passage du tram, l’absence d’emprise foncière (pour entreposer le matériel de construction) sont autant d’obstacles au bon déroulement du calendrier affiché sur les palissades.

Ce retard au démarrage n’a cependant pas permis une meilleure communication avec le voisinage. Chez les commerçants mitoyens, aucune information n’a transpiré. Si bien que les courriers à destination de la mairie se multiplient. Le président du Comité d’intérêt de quartier, Yves Baussens, a d’ailleurs obtenu un rendez-vous auprès de la maire de secteur pour évoquer ce sujet. La présidente de l’association des commerçants, Paule Prinder, a, quant à elle, adressé un mail à un élu pour en savoir plus. « Il lui a juste répondu que des sondages avaient commencé », confie son frère (et collaborateur).

On n’en sait guère plus du côté du marché. Ce serait même le contraire. « En janvier, quand on a rencontré Mme Lota [adjointe au maire, déléguée aux emplacements publics, NDLR] lors de la commission consultative qui a lieu chaque année avec les commerçants non sédentaires, elle nous a dit que le chantier n’était pas à l’ordre du jour », témoigne Thérèse Bourrely. Figure emblématique chez les forains du quartier, cette dernière sait cependant que « le chantier se fera sans les commerçants non sédentaires, s’il n’y a pas besoin d’utiliser la place des Capucins ».

« Incessamment sous peu »

En attendant l’arrivée des pelleteuses, les riverains continuent d’observer l’îlot des Feuillants. « On a vu des hommes en blanc venir, lance l’un d’eux. Peut-être que c’était pour une dératisation. » Derrière les palissades, les détritus s’agglutinent. Et devant ce spectacle, les questions s’entassent. « Je suis sûr que c’est le marché qui dérange », lâche un commerçant. La requalification du site est bien prévue par la mairie, mais les travaux sont renvoyés à 2017. « Mais cela n’a rien voir avec l’hôtel », assure Sabine Bernasconi.

Pour un autre patron du coin, « le chantier va commencer, c’est sûr. Mais quand ? » « Incessamment sous peu », réplique Agir Promotion, interrogé par nos soins. Mais le calendrier est têtu. Le chantier a presque deux mois de retard. Censé être livré sous 18 mois, le grand hôtel de la Canebière risque donc de ne pas voir le jour avant l’automne 2017.

Marjolaine Dihl

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