La Marseillaise - 9/03/2011

Le « tous propriétaires » en échec


 


La ville affiche une politique volontariste mais continue à expulser les plus fragiles tels ces Roms réfugiés dans des friches industrielles. MM
La ville affiche une politique volontariste mais continue à expulser les plus fragiles tels ces Roms réfugiés dans des friches industrielles. MM
C’est au mal logement en France que le 16e rapport de la Fondation Abbé Pierre attribueun carton rouge. Avec un focus sur la région Paca, particulièrement dépourvue en la matière.


Le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre (FAP), qui dresse un état des lieux du mal logement, balaye le territoire national. La présentation générale de ce livre noir du logement, exposant une situation « qui ne fait que s’aggraver au fil des décennies, héritage d’une politique d’inertie », se fait à Paris mais elle s’est déclinée à Marseille hier. « Cannes, Toulon, Château Vallon et Avignon suivront », précise Fathi Bouaroua, le directeur régional de la FAP. Une série motivée, en pleine campagne pour les cantonales, par des particularités régionales et la nécessité d’interpeller les collectivités.
Le rapport 2011 met l’accent sur la question de la propriété immobilière, dimension « prioritaire et centrale » de la politique du logement conduite depuis 2007 et marquée par la volonté du gouvernement de « voir une France de propriétaires ». Or, s’il répond à un certain nombre d’aspirations, ce processus est pervers : « Les pays qui ont axé leur politique sur l’accession à la propriété s’en mordent les doigts aujourd’hui car les ménages n’arrivent plus à acheter et les jeunes sont en incapacité financière de décohabiter », souligne Joachim Soares, directeur régional de l’animation territoriale pour la FAP. C’est le cas de l’Espagne et de l’Irlande.



Plus de propriétaires…de leurs propres taudis



Pire, le nombre de propriétaires occupants en situation de grande précarité et de surendettement augmente. Particulièrement dans la région où un sur cinq est en dessous du seuil de pauvreté. « Le niveau d’indignité du logement est beaucoup plus important chez cette catégorie que parmi les locataires mal logés, précise encore Fathi Boaroua. On le voit avec les impayés sur les charges de copropriété qui se retrouvent devant les tribunaux. » Mais Paca détonne aussi inversement par son taux de résidences secondaires atteignant les 17% et allant jusqu’à 35% dans certaines communes quand Paris culmine à 7%.
Avec une production de logements sociaux en deçà de la nécessité (lire chiffres ci-dessous) et une vacance de logements importante, Paca se retrouve face à ce paradoxe « de se vouloir une région riche alors que l’on y compte 20% de chômeurs en plus en un an et autant de RSA de plus entre 2009 et 2010 ». De quoi en faire glisser plus d’un dans la spirale dramatique des expulsions.
Un dernier focus porte sur les populations roms, « car elles sont doublement victimes de conditions de vie en squats terrifiantes à laquelle s’ajoute un racisme fort, encouragé par l’Etat ». Une situation intolérable dans une ville qui continue de ne leur proposer que l’expulsion sans être en capacité de loger ces familles. Arlette Fructus (UMP) convient cependant : « La seule solution est la production. »



MYRIAM GUILLAUME


09-03-2011
Dernière mise à jour : ( 09-03-2011 )

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