La Provence.com - 18/11/2014

La Belle-de-Mai prépare son futur


Marseille

Des rêves, ils en ont plein les poches. Lancée il y a moins de six mois par la Ville, l’inédit processus de concertation "Quartiers Libres" a touché au coeur les habitants, les usagers de la Belle-de-Mai (3e) : c’est avec un peu de défiance, mais surtout beaucoup d’enthousiasme, qu’ils ont apporté leur expertise au gré des ateliers pilotés par la société Res Publica, mandatée par la mairie sur cet exercice. Jeudi soir à la Friche, il s’agissait de "restituer" en public le contenu de cette réflexion.

Rappelons son objet : inséré dans un vaste territoire de 140 ha, situés autour de la futur gare métropolitaine souterraine de Saint-Charles (1er), les 7 ha de foncier libéré par la désaffection des casernes de la Belle-de-Mai présentent "un potentiel fabuleux" de développement. Ce qui a été proposé aux habitants, c’est de nourrir le cahier des charges du dialogue compétitif qui s’ouvrira à la fin du mois entre "deux ou trois" équipes d’architectes-urbanistes. Sélectionnés en février, ils auront ensuite un an pour travailler avec la mairie à l’élaboration de ce "plan-guide", les grandes orientations du programme. "La Ville devra démontrer sa capacité à agir à la fois sur l’urgence et sur le le long terme", professe en apparté Gilles-Laurent Rayssac, le directeur de Res Publica. "C’est là toute la difficulté", reconnait Robert Assante, adjoint en charge du développement durable qui le reconnait, les attentes sont d’autant plus immenses que le 3e arrondissement, "depuis 50 ans, on l’a raté". "C’est un projet à 20 ans, on ne va pas vous mentir", prévient Laure-Agnès Caradec, adjointe UMP à l’urbanisme qui l’assure au public : "Il ne faut pas qu’on vous déçoive".

"L’école et la bibliothèque", voilà pour Claude Renard, militante au sein du collectif Brouettes et compagnie, des priorités non-négociables. Dans un secteur où les écoles saturent, laissant, faute de place, des enfants sur le carreau, ce besoin est revenu à maintes reprises dans les débats."Un ou deux groupes scolaires" seront bien compris dans le projet, promet Laure-Agnès Caradec.Mais à quel horizon ? "On sera morts quand cette nouvelle ville émergera ! regrette Catherine, une habitante. Moi, c’est au quotidien que je vis ma ville." Car en attendant les mutations, le quotidien des "gens bien sympas" de la Belle-de-Mai est aussi très dur. C’est Florence, une jeune maman, qui le dit : "Les gens disent : "Qu’est-ce que j’aimerais pas vivre ici !" Mme Boulanger, une autre riveraine, insiste sur "l’urgence" à faire sortir de terre des espaces verts et sportifs dont le quartier est dépourvu. La prise en compte de la jeunesse, l’activité économique, l’emploi, la culture sont d’autres pistes de développement proposées par les habitants pour que "la greffe prenne". Tous ont en tête le cas de la Friche, merveilleux outil culturel qui "n’a hélas pas réussi à attirer les gens du quartier", déploreront plusieurs participants.

La remise des offres des équipes d’architectes se fera en mai 2015. Les habitants resteront associés à cette phase, par des temps de "discussion". "On n’a jamais vu ça à Marseille, appréciait à l’issue de la réunion Jean-Marc Chappus, le président de la confédération des CIQ. D’habitude, concerter, ça veut dire nous présenter déjà un projet déjà ficelé !" Ici, ils sont ainsi nombreux à ne pas avoir digéré la reconversion imposée de la maternité de la Belle-de-Mai. Echaudés, certes, les habitants veulent quand même y croire. Comme on s’accroche à l’espoir de jours meilleurs.

Lettre d'information

Vous pouvez vous abonner gratuitement ici à la liste de diffusion de Centre Ville Pour Tous.


Association "Centre ville pour tous"
Cité des Associations
BP n° 241
93, la Canebière
13001 Marseille

Contact

Mise à jour : lundi 10 juillet 2017 | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0