La Marseillaise - 3/04/2015

jeudi 2 avril 2015 11:09 Le 1er avril, c’était...

jeudi 2 avril 2015 11:09

Le 1er avril, c’était la fin de la trêve hivernale et la présentation de la situation du mal logement en France et ici par la Fondation Abbé Pierre. Dans la Région, les expulsions ont augmenté de 22 %, en 2013.

Le jour de la reprise des expulsions locatives hier, la Fondation Abbé Pierre présentait la situation du mal logement en France déclinée sur le plan local et régional.

On ne peut pas évoquer cette problématique sans relever la paupérisation et la précarité qui touchent en Paca 50% des ménages qui sont au RSA depuis plus de trois ans, un phénomène qui s’installe dans le temps, un marqueur de la dureté de l’austérité imposée par le pouvoir en place et le précédent. Le département compte à peine 6 800 attributions de logements sociaux pour 42 000 demandes, en 2014, alors qu’il faudrait en construire 16 000 d’ici 2020 pour être dans les cordes de la Loi solidarité et renouvellement urbain (SRU). Laquelle prévoit 20% de logements sociaux au minimum, voire même 25%, dans les villes. Sauf que certaines préfèrent payer des amendes plutôt que de respecter la loi Gayssot. C’est le cas de cinq communes des Bouches-du-Rhône, dont Ventabren (UMP), Pélissane (DVD) ou Carry-le-Rouet (UMP), pointées par le n° spécial du Ravi de mars. On constate également, en 2013 en Paca, une intensification du nombre des expulsions : 22% de plus de ménages assignés devant les tribunaux avant d’être expulsés.

Des gens pauvres se voient refuser un HLM

Et 247 refus de HLM en Région pour insuffisance de ressources, « inacceptable ! pour des personnes ayant peu de moyens qui vont se retrouver dans des copropriétés privées dégradées avec des charges insurmontables ou dans des appartements insalubres, confrontées à une spirale de la précarité », fustige Fathi Bouaroua, directeur régional de la Fondation Abbé Pierre. A Marseille, 20% des ménages, bénéficiant de l’APL, consacrent 40% de leurs revenus au paiement du loyer et, à Nice c’est encore pire ! 40 % des revenus d’1 Niçois sur 5 passent dans le loyer.

« Les HLM comme le logement privé devient de moins en moins accessible aux bourses » alerte le responsable associatif qui avance des solutions comme la régulation des loyers, la construction de logements sociaux peu coûteux ou encore la mise en place d’un bouclier logement. Ce dernier doit inclure un loyer ne dépassant pas 20% des revenus, des charges supportables aux foyers. Et l’idée que les propriétaires transforment la spéculation sur leur bien privé en épargne solidaire avec une location à coût sécurisé, soit une petite garantie mais au moins sécurisée dans le temps. « C’est devenu possible de ne pas être pris par l’appât du gain devant la crainte du locataire affaibli en raison de son pouvoir d’achat », résume le militant. Marqué dans sa chair, les vêtements encore tachés de sang, Joseph prend la parole pour témoigner de la violence dont il a été victime à l’Unité d’hébergement d’urgence par des vigiles. Depuis, il n’a plus d’abri et ne sait pas où aller. La Fondation Abbé Pierre a récemment accompagné une personne déposer plainte au commissariat.

Eric Kérimel, directeur de l’association Habitat Alternatif Social, dénonce l’indignité de la situation de Joseph comme celle de beaucoup de personnes de plus en plus pauvres. Il appelle le public, les associations à « s’élever contre l’insécurité des gens en situation de pauvreté. On revoit apparaître des enfants dans nos rues qu’on ne voyait plus depuis le XIXe siècle. Comme cette maman qui a donné la vie, vendredi, et qui se retrouve, lundi, en train d’allaiter son bébé sur le trottoir. Comment notre société peut refuser les autoroutes payantes et pousser des cris face à l’évocation de la gratuité du logement ! Que fait-on ? Nous devons refuser l’insupportable indignité quitte à dépasser nos missions ».

piedad belmonte

Dernière modification le jeudi, 02 avril 2015 11:29

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