La Provence.com - 21/11/2011

Marseille 2030, des paysages qui se préparent aujourd’hui


 La communauté urbaine MPM élabore actuellement le "Scot", document qui dessine le futur urbanistique



Le futur d’une ville ne se décide pas du jour au lendemain. Il faut auparavant l’imaginer, le discuter, le décider et, en bout de course, mettre en oeuvre les pièces du puzzle, notamment en matière de destination foncière, de desserte, de logement, etc. Tel est l’objectif du "schéma de cohérence territoriale" (Scot), un document d’urbanisme sur lequel la communauté urbaine Marseille Provence Métropole travaille depuis 2005. Instauré par la loi SRU du 13 décembre 2000, le Scot de MPM est en passe de franchir une étape décisive : le "document d’orientations générales" qui en définit les axes est présenté aujourd’hui aux Marseillais, à l’occasion d’une journée d’information au Pharo, avant d’être voté en décembre. Les autres institutions seront ensuite consultées, puis viendra le temps de l’enquête publique. Ce qui laisse présager d’une adoption finale pour la mi-2012.


Hypercentre : le pivot de Marseille


Pas question d’éclater la cité phocéenne, à l’image de ce que l’on peut voir aux USA. Le centre, qui associe la ville ancienne et Euroméditerranée, restera "le coeur du territoire métropolitain". En clair, la vitrine de la cité autant qu’un poumon économique, un espace autant résidentiel que culturel. Pour mettre en musique cette vocation tout-terrain, de multiples chantiers sont prévus par le Scot. La semi-piétonnisation du Vieux-Port, bien sûr, dont l’enquête publique est actuellement en cours. Mais aussi la constitution d’un véritable pôle autour de la gare Saint-Charles "en profitant de l’effet levier de la LGV", qui doit redynamiser les quartiers Belle-de-Mai, Chapitre et Flammarion. Surtout, la circulation sera repensée, avec la création d’une "petite ceinture" qui ira du boulevard de la Corse à la porte d’Aix. La mixité sociale sera défendue, avec notamment le développement de l’offre de logements sociaux et le renouvellement urbain de "quartiers devenus obsolètes" comme Saint-Mauront. Dans ce dispositif, Euroméditerranée est chargé "d’étendre vers le nord l’hyper-centre", notamment avec l’extension de cette "Opération d’intérêt national" qui annonce "30000 habitants et 20000 emplois supplémentaires".


La Capelette, la révolution de l’Est


Pour le Scot, le secteur Capelette-Michelet-Prado doit être envisagé comme "la porte d’entrée Est de l’hyper-centre". D’où la nécessité de mieux articuler les équipements existants, dont il est prévu que certains changent de visage comme le Stade Vélodrome. Dans son état des lieux, le "document d’orientations générales" regrette ainsi "le cloisonnement entre ces projets, les quartiers existants, les zones d’activités notamment militaires et de services…". Afin d’y remédier, une recomposition de la circulation est envisagée, avec "un maillage de boulevards urbains" (Schloesing, Cabassud-Mauriac, Romain Rolland) et des transports en commun renforcés. La fin de l’autoroute Est deviendrait également un boulevard urbain, à partir du futur carrefour Cabassud.


Le réveil de Saint-Antoine


En prolongement de la façade maritime Nord, le Scot "a pour ambition de faire émerger la centralité de Saint-Antoine et du Grand Littoral afin de rééquilibrer la cité phocéenne en terme d’emplois, de qualité urbaine et de desserte en transports collectifs". Pour traduire ce discours, la circulation sera repensée, avec notamment le prolongement du boulevard Henri Barnier jusqu’au boulevard du Bosphore, et la future gare de Saint-André sera le coeur de nouveaux immeubles. Le secteur économique André Roussin évoluera autour d’"une meilleure cohabitation habitat/activités", en lien avec le Grand port de Marseille et le chantier multimodal de Mourepiane.


La Valentine, nouveau carrefour


Aujourd’hui, La Valentine est une immense zone commerciale, marquée par d’incessants embouteillages. En 2030, elle sera le moteur économique de la vallée de l’Huveaune autant qu’un carrefour de circulation cohérent et "le pivot de l’organisation de la transition entre ville et nature". Plusieurs moyens sont avancés : la création d’une gare et d’un pôle d’échanges à la Barasse, "la transformation de la friche industrielle BSN" avec l’aménagement d’une plaine sportive et l’implantation de commerces, de bureaux et de logements, la réalisation attendue depuis des années de la Route départementale 4D.


Les quartiers sud grimpent dans le "bus"


Encore embryonnaire, le boulevard urbain Sud (BUS) assurera la liaison entre la vallée de l’Huveaune et le littoral. Non content de désenclaver le 8e arrondissement, il est prévu qu’il serve d’épine dorsale pour faire émerger de nouveaux espaces comme le Vallon Régny et servir "de levier pour l’économie touristique et de loisirs". Il doit également permettre de maîtriser la fréquentation du public aux abords du futur Parc national des calanques, en organisant les conditions de la desserte touristique saisonnière ou ponctuelle : parkings relais, transports collectifs, navettes….


Fred GUILLEDOUX


 


Publié le lundi 21 novembre 2011 à 14H57

Lettre d'information

Vous pouvez vous abonner gratuitement ici à la liste de diffusion de Centre Ville Pour Tous.


Association "Centre ville pour tous"
Cité des Associations
BP n° 241
93, la Canebière
13001 Marseille

Contact

Mise à jour : lundi 10 juillet 2017 | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0