Le Point.fr - 13/10/2011

Le grand retour de la location


"Les Français n’ambitionnent plus aujourd’hui, dans leur majorité, qu’à être bien logés", constatait récemment Alain Dinin, président de Nexity, en commentant le dernier sondage Ipsos. Quitte pour 81 % à louer. On est loin des aspirations qui avaient conduit Nicolas Sarkozy à promouvoir une "France de propriétaires".


Aujourd’hui, l’idée ne fait plus recette. Seuls 18 % des Français l’appellent de leurs voeux. En cause, des logements jugés trop chers face à un pouvoir d’achat dégradé et des prix immobiliers fortement haussiers jusqu’au deuxième trimestre 2011. Résultat, faute de moyens ou découragés, de nombreux acquéreurs renoncent à acheter et reviennent vers la location. "Sur les six derniers mois, nous constatons un afflux des catégories socioprofessionnelles intermédiaires sur le marché de la location", confirme Sylvain Jutteau, chez Century 21 France. Même constat de Michel Mouillart, auteur du baromètre Clameur, qui analyse l’évolution du marché locatif. Le taux de mobilité des locataires progresse de 8,6 % depuis le point bas de 2009.


Pour autant, les loyers progressent très peu : + 0,9 % en moyenne sur un an chez Clameur et à l’Olap, 1,1 % à la Fnaim. Century 21 fait toutefois état d’une hausse supérieure (1,71 %), mais, quoi qu’il en soit,"si l’on tient compte d’une inflation à 2 %, cela signifie que les loyers sont quasi gelés en euros constants", remarque Sylvain Jutteau. Et certaines régions n’ont pas besoin d’être corrigées de l’inflation pour afficher des valeurs en retrait. C’est le cas en Franche-Comté (- 2,1 %), Aquitaine (- 0,4 %), Limousin (- 2,7 %), Basse-Normandie (- 1,4 %), Haute-Normandie (- 0,8 %), Auvergne (- 2,7 %) ou Bourgogne (- 0,8 %). "Les locataires ne sont pas prêts à payer plus cher, ce qui est très nouveau." En Ile-de-France, où la pression s’exerce plus qu’ailleurs, la hausse n’est plus que de 0,8 % sur un an. "À Lyon, elle atteint 1,2 %, mais seulement sur certains arrondissements", poursuit Sylvain Jutteau. À Marseille, elle est nulle et, dans certains arrondissements comme le 5e, les loyers plongent de 5,2 %.


Bailleurs pointilleux


Les tensions sont plus importantes sur les petites surfaces. Selon Century 21, le prix des 2-pièces progresse sur un an de 2,90 % , celui des 3-pièces de 0,68 % et celui des 4-pièces baisse de 0,63 %. Les revenus s’affaiblissant et les loyers conservant, malgré tout, des niveaux élevés dans les grandes villes, les locataires se rabattent sur les petites surfaces. Car les bailleurs sont très pointilleux sur la solvabilité de leurs locataires et réclament des garanties. Par exemple une ou deux cautions...


Il est vrai qu’avec une garantie des risques locatifs (GRL) complètement plantée et une crainte accrue des impayés, les propriétaires n’en démordent pas. À moins de revenus trois fois supérieurs au loyer (charges comprises), ils se méfient. "Je recommande la caution, beaucoup plus sécurisante que la GRL, lance Jean Perrin, président de l’Unpi. Lorsqu’il y a un incident de paiement, il suffit souvent d’envoyer une lettre recommandée à la personne qui s’est portée caution pour obtenir le règlement." Une situation que déplore le président de la Fnaim, René Pallincourt. "Il faudrait remettre à plat la GRL et la garantie loyers impayés de telle sorte qu’il n’existe plus qu’un seul dispositif."
Par Colette Sabarly


 


Le Point - Publié le 13/10/2011 à 13:19


 


Colocation, un marché d’avenir


Face à des loyers qui, bien que quasi gelés, restent à des niveaux élevés, notamment dans les grandes villes, la colocation constitue une solution de repli. Et pas uniquement des étudiants et jeunes travailleurs. Les familles éclatées, les seniors lui trouvent aussi des vertus : plus de place et, surtout, un loyer proportionnellement moins élevé. Accessoirement, elle permet aussi à des seniors de combler une solitude pesante. Une aubaine pour certains propriétaires de grands logements qui peinaient à les louer. La grande majorité reste toutefois sur ses gardes, craignant des dégradations, des taux de rotation élevés, des problèmes de voisinage...
 

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