Marsactu.fr - 1er/07/2010

Le Sud au top des villes qui attirent… sauf Marseille

Ajaccio, Perpignan, Toulouse, Bayonne, Montpellier et Nice. Ce sont les gagnantes du top 100 des agglomérations françaises en terme d’attractivité publié par des chercheurs de l’Université Paris-Dauphine. A rebours des palmarès dont raffolent les hebdomadaires, ils se sont concentrés sur un seul critère objectif : les mouvements de population. Résultat : des villes comme Nantes, Rennes ou Lyon plongent, alors que les petites et moyennes villes du Sud font un carton.
 
« Les choix opérés (par ces palmarès, ndlr) reposent davantage sur des images toutes faites que sur un principe explicatif étayé. La ville qui se dessine par l’agrégation des données compilées apparaît plutôt stéréotypée : jeune, familiale, de cadres et d’entrepreneurs, de propriétaires, étudiante, en réseau, d’histoire, de loisirs, riche en équipements, sécurisante, ensoleillée, à l’air peu vicié, etc. Bref, une ville qui, à la manière d’Aix-en-Provence dans Le Point en 2002, a « les atouts d’une ville avec les avantages d’un village » », justifient-ils.
A partir de là, les chercheurs ont passé à la moulinette des centaines de paramètres explicatifs pour trouver les plus pertinents. On comprend ainsi mieux pourquoi Marseille (qui se retrouve jumelée avec Aix-en-Provence, n’en déplaise aux adversaires de la métropolisation) émarge à la 31e position (mais elle reste dans le vert avec un solde positif). Si elle profite de l’effet Sud, le plus fort, les autres points positifs comme la part des CSP+ ou la densité hôtelière ne jouent pas en sa faveur. Au contraire, les handicaps comme la part des logements construits entre 1949 et 1974 (salut les quartiers nords), la part des locataires, et même la densité d’établissements d’enseignement supérieur et le nombre d’habitants jouent en sa défaveur.
City branding
En marge de l’étude, les auteurs évoquent le phénomène du marketing urbain : « si les territoires changent en permanence, les stéréotypes ont souvent la dent dure. Et certaines villes souffrent de leur mauvaise image, au point d’apparaître insuffisamment attractives, voire répulsives. Dans le contexte actuel de renforcement de la concurrence territoriale, un nombre croissant de villes fait appel au marketing urbain, soit pour redorer une image ternie, soit pour tenter de se différencier de leurs concurrents. Slogans publicitaire, logos, campagnes de promotion font partie de la palette de ce que l’on appelle aujourd’hui le « city branding » ». Ca ne vous rappelle rien ? « Marseille on the move » bien sûr !
Et la suite semble toute écrite pour notre cité phocéenne : « parallèlement à ce marketing « soft », les villes cherchent à revaloriser leur territoire et à accroître leur notoriété à travers des projets urbains à la fois structurants et à fort potentiel de rayonnement régional, national voire international. » Evoquant Euroméditerranée, ils poursuivent avec un troisième exemple : « les politiques événementielles« , citant cette fois-ci Marseille Provence 2013.
Effets pervers
Chantre des « grands projets apportant un rayonnement international à une Marseille capitale euroméditerranéenne » (pour résumer), le maire Jean-Claude Gaudin aurait donc tout bon ? Attention préviennent les auteurs : « les objectifs de compétitivité économique et de rayonnement culturel conduisent les villes qui veulent progresser dans la hiérarchie internationale ou nationale à mettre l’accent sur l’attraction des élites socio-économiques venant de l’extérieur. Mais celles-ci sont de grosses consommatrices de services (services publics, services à la personne, loisirs), d’où la nécessité de recourir à une main d’œuvre extérieure (souvent peu qualifiée) pour alimenter ces services. » Où croyez-vous que passent les 2 millions d’euros par an déboursés par un méga-yacht ?
Problème : « Quelles sont les politiques d’attractivité pour cette autre population entrante ? Sont-elles vouées à rester en périphérie des villes attractives ou dans la partie dégradée des centres-ville ? La croissance des inégalités de rémunération, de logement et de conditions de vie risque d’être un facteur limitant de l’attractivité des grandes métropoles. Les effets pervers de l’attractivité sont nombreux et puissants. C’est pourquoi une attractivité mal équilibrée est susceptible d’engendrer son contraire : la répulsivité. »
 
Par Julien VINZENT le 1 juillet 2010
 
Un
lien Marseille on the move décrypté et chahuté, sur Marsactu encore
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