La Provence.com - 3/03/2011

Le marché de la location immobilière tourne au ralenti

 
L’enquête nationale de conjoncture sur l’évolution du marché locatif privé en 2010 que vient de publier Clameur (1) révèle une augmentation de près de 3% des tarifs marseillais avec un prix moyen au m² qui s’établit désormais à 12,20€ ; hausse légèrement supérieure à celles constatées en région Paca (+2,5%) et dans l’ensemble de la France (+2,8%). Des tarifs qui dans la cité phocéenne ont par ailleurs augmenté de 4% au cours des treize dernières années (1998-2010). Mais selon les experts, ces hausses modérées traduisent bien mal la situation réelle du marché de la location immobilière à Marseille où le nombre de panneaux "À louer" n’a jamais été aussi important.
 
Une preuve, selon les spécialistes du secteur, des difficultés croissantes que rencontrent les propriétaires non seulement pour trouver preneur mais aussi pour obtenir du nouvel occupant le versement d’un loyer au moins aussi élevé que celui qui était demandé à son prédécesseur. Avec pour conséquence un allongement considérable de la vacance locative, c’est-à-dire du temps durant lequel le logement reste inoccupé entre deux périodes de location successives. "Il y a encore deux ans, ce délai était de 15 jours à 3 semaines, explique Jean-Luc Lieutaud, président de l’OIP (Observatoire immobilier de Provence). Aujourd’hui, il faut attendre au minimum deux ou trois mois. Et ce n’est pas tout : le turnover des locataires, (Ndlr : le nombre de locataires qui se succèdent dans un même logement sur une période donnée), a chuté de 30%."
 
En clair, l’immobilier locatif est gagné par… l’immobilisme, ce qui ralentit fortement le marché. Effet d’autant plus dommageable qu’il n’existe pas de pénurie pour ce type de logement à Marseille. En fait, l’explication du phénomène serait à trouver dans la nouvelle réglementation qui interdit notamment aux propriétaires de demander un cautionnement à leurs locataires. D’autre part, dans le cadre de la Garantie des risques locatifs (GRL), le montant du loyer ne peut plus dépasser deux fois et demi le salaire du locataire. "À force de réglementer le secteur et de réduire la marge de liberté des opérateurs, se désole Jean-Luc Lieutaud, nous nous trouvons dans cette situation ubuesque où après avoir été poussés à s’assurer contre les loyers impayés (Ndlr : 2,5% des loyers encaissés), les propriétaires voient arriver des locataires potentiels munis de très bonnes cautions, mais qui n’entrent pas dans le cadre de l’assurance perte de loyer. Résultat : tout le monde reste sur le carreau."
 
Et dans une ville relativement pauvre où près de 50% de la population ne sont pas assujettis à l’impôt sur le revenu, l’augmentation prochaine des charges ne va pas améliorer la situation, bien au contraire. Ces charges qui avaient progressé de manière régulière mais constante avec une hausse d’environ 2,5% par an depuis 2009, vont probablement effectuer un bond énorme dans les prochains mois en raison de la flambée annoncée des prix du pétrole et donc du gaz.
 
(1) Connaître les loyers et analyser les marchés sur les espaces urbains et ruraux
 
 
Philippe GALLINI
Publié le jeudi 03 mars 2011 à 15H58
 

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