La Provence.com - 10/08/2011

Marseille : la Ville obtient l’expulsion du campement des Roms de la Porte d’Aix


Le juge des référés du tribunal administratif enjoint aux occupants d’évacuer les lieux.


À la requête de la mairie qui lui demandait "d’ordonner l’expulsion avec le concours de la force publique", sous astreinte de 500€ par jour de retard, des Roms installés dans les jardins de la Porte d’Aix, le juge des référés du tribunal administratif enjoint aux occupants d’évacuer les lieux.


Un délai de 24 heures leur est accordé afin de plier bagage. Ce campement avait été dressé après les opérations de démantèlement de leurs précédents lieux de vie. La Ville avait fait établir un procès-verbal, dimanche, recensant, sur les pelouses autour de l’Arc de triomphe, une vingtaine de tentes "faites avec du carton et des bâches en plastique" ainsi que cinquante-six matelas jetés au sol.


Sur son procès-verbal, l’enquêteur avait noté que les Roms "déclarent être au courant du caractère illégal de leur campement mais qu’ils n’ont nulle part où aller". Vendredi, Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille estimait "qu’il faut que les Roms aillent ailleurs". Par la voix de leur avocat, Me Dany Cohen, ils ont rétorqué par un appel à un secours des administrations.


"Au lieu d’engager ces procédures, on ferait mieux de leur trouver un logement et de quoi manger, a lancé l’avocat. Je ne dis pas que c’est simple, il faut mettre de l’argent mais bougez-vous Monsieur le maire, faites quelque chose, agissez !" Selon le défenseur des Roms, applaudi à l’issue de son intervention, ce référé consiste à "demander au juge de balayer des personnes humaines pour qu’elles aillent ailleurs et pour qu’on ne les voit plus. L’objet de ce référé, c’est de cacher la misère".


Une misère qui s’affichait dans la salle d’audience où une cinquantaine de ces hommes, femmes et enfants qu’on voit habituellement penchés sur les conteneurs à poubelles ont assisté dignement aux débats. Déclarant en marge de l’audience souffrir terriblement des conditions d’insalubrité dans lesquelles ils vivent à la Porte d’Aix. "Ce n’est pas parce qu’ils sont dans la misère sociale et humaine que leurs droits procéduraux ne doivent pas être respectés", a estimé Me Cohen, relevant que la requête de la Ville n’était pas jointe à la convocation délivrée à trente-et-un des occupants du campement de la Porte d’Aix.


Le débat social a quelque peu occulté le débat juridique basé sur un article du code de justice administrative qui offre au juge la possibilité de prendre "toutes mesures utiles" en cas d’urgence. "Ce campement est insalubre, les photos parlent d’elles-mêmes, a soutenu Me Marion Lombard, défenseure de la Ville. Il est urgent de mettre fin à ce trouble à l’ordre public". Mais pour Dany Cohen, l’expulsion n’est ni urgente ni utile : "Cette indignité ne va pas cesser en ordonnant une expulsion. Ont-ils empêché la circulation ? Non. Ils ne font rien d’autre que d’être posés là."


La Ligue des droits de l’Homme, présente aux côtés des Roms, réclame un moratoire des expulsions et souligne qu’elle a, depuis plusieurs mois, proposé aux pouvoirs publics d’accompagner les familles sur des terrains appartenant à l’État qui pourraient être aménagés.


Luc LEROUX


Publié le mercredi 10 août 2011

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