La Provence-Immo.com - 22/10/2009

Les quartiers boudés de l’immobilier marseillais

 

Après des années de vente effrénée et de flambée des prix, le marché de l’immobilier marque le pas. Particulièrement touchés, des quartiers comme la Joliette, La Canebière ou la Belle-de-Mai, pourtant au coeur de grandes opérations d’aménagement urbain.

La Canebière est au coeur de toutes les polémiques. Située entre deux quartiers, Belsunce et Noailles, où la délinquance est "florissante", elle essaie de redevenir la vitrine de Marseille. Tout le monde le souhaite. Mais qui y croit vraiment ?
 
Il y a des quartiers sur lesquels les promoteurs ont misé eu égard aux lois Scellier ou Borloo, aux projets de Zac ou autres aménagements urbains... et qui, au final, n’ont pas attiré les Marseillais comme espéré. "Comme ces programmes neufs au départ ont bien fonctionné, notamment grâce à la loi Robien, ils ont provoqué l’inflation dans l’ancien, analyse René Ancelin le président de Foncia transaction, immobilier. Puis la crise est venue, mais les propriétaires n’ont pas revu leurs prétentions à la baisse. Et surtout, les grands projets d’aménagements ont été gelés, n’incitant pas à l’achat." Revue de détails avec le spécialiste, des secteurs que l’on annonçait prometteurs voilà trois ans et qui restent toujours boudés par les Marseillais primo-accédants.
La Joliette dans l’attente
C’est la grande déception. Pourtant, au début du lancement de l’opération de réhabilitation du quartier, on parlait presque d’Eldorado. Si les premiers acquéreurs avec la loi de défiscalisation "one-shot" ont réalisé de belles affaires, voire de jolies plus-values. En revanche, ceux qui ont acheté voilà quatre-cinq ans et souhaitent revendre aujourd’hui rencontrent des difficultés. Il faut dire que le décalage entre les prix pratiqués -un T3 de 78 m2 à 270.000 euros- et le retard d’évolution du quartier a de quoi freiner les ardeurs. Il est vrai que la Joliette ressemble à un chantier permanent et que les infrastructures n’ont pas suivi. Pour autant, même si le visage définitif du quartier tarde à se dessiner, il est conseillé aux propriétaires d’attendre avant de vendre dans la mesure du possible et aux acquéreurs à qui le quartier plaît de ne pas hésiter. Il est prometteur même si ses prix sont élevés.
Belsunce, Canebière, la déception
Malgré la redynamisation du centre-ville, sa revalorisation grâce au tramway, à la piétonnisation de certaines artères, à la rénovation de l’habitat grâce au PRI..., le changement de population escompté n’est pas arrivé. Du moins au niveau des propriétaires. Certes des investisseurs se sont bien porté acquéreurs mais pour y loger des locataires. Il faut dire qu’hormis les kebabs et les banques, La Canebière manque d’attrait pour les jeunes susceptibles d’investir dans des appartements de petites surfaces et sans voiture, on se retrouve vite coincé dans un coin sans vie de la ville.
Sainte-Marthe, une prière vaine
S’il y a bien un secteur qui inquiète les professionnels c’est celui de Sainte-Marthe, le Merlan où les biens, neufs ou pas, ont beaucoup de mal à se vendre. Par manque de demandes tout simplement. Dans ce quartier l’idée était de créer un noyau urbano-villageois afin d’attirer des Marseillais qui n’avaient pas les moyens d’habiter dans le 8e ou 9e arrondissement. Mais sa situation enclavée, ses embouteillages constants, l’éloignement du centre comme des entrées d’autoroutes et les prix élevés détournent les potentiels acquéreurs. Dans cinq ou dix ans, quand Marseille et sa banlieue ne feront plus qu’un, que la RD4d verra enfin le jour, peut-être que...
La Belle-de-Mai pas si belle
Le pôle multimédia, la Friche, le cabaret aléatoire... tout était réuni pour faire croire en l’avenir radieux de la Belle-de-Mai. Les investisseurs avides de foncier s’y sont rués mais aujourd’hui déchantent : leurs logements neufs peinent à se louer. Or on pouvait imaginer que les salariés de ces structures auraient envie de s’installer près de leur lieu de travail mais l’insécurité a eu raison du succès attendu.
Actuellement en kiosques, "Marseille l’hebdo" consacre un dossier complet à la situation de l’immobilier dans la cité phocéenne.
 
Alexandra Cefai et Laurence Mildonian
 

 
Publié le jeudi 22 octobre 2009 à 18H40

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