Localtis.info - 5/07/2013

Le nombre de sans-domicile a progressé de 50% entre 2001 et 2012

Hébergement

Publié le mardi 2 juillet 2013

141.500 personnes étaient sans domicile au début de l’année 2012, soit une hausse de 50% en un an, selon l’Insee. Sur les 103.000 adultes ayant utilisé au moins une fois les services d’hébergement ou de restauration dans les agglomérations de plus de 20.000 habitants, 81.000 adultes étaient accompagnés d’enfants. On compte environ 8.000 personnes sans domicile dans les communes rurales et petites agglomérations et 22.500 en centres d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada).

L’Insee publie une étude sur "L’hébergement des sans-domicile en 2012", réalisée auprès de 8.700 personnes interrogées dans un échantillon de 1.300 structures. Précision importante : les sans-domicile s’entendent comme ayant "passé la nuit précédant l’enquête dans un lieu non prévu pour l’habitation (on parle alors de sans-abri), y compris les haltes de nuit qui leur offrent un abri (chaleur, café, etc.) mais qui ne sont pas équipées pour y dormir, ou dans un service d’hébergement (hôtel ou logement payé par une association, chambre ou dortoir dans un hébergement collectif, lieu ouvert exceptionnellement en cas de grand froid)". L’Insee précise également que certaines personnes peuvent ne pas avoir de logement personnel sans pour autant être sans domicile au sens ci-dessus. Il s’agit en l’occurrence de celles qui ont passé la nuit précédant l’enquête dans un foyer, à l’hôpital, en prison, dans un squat ou hébergées par un particulier.
141.500 personnes sans domicile

Le premier enseignement de l’étude est qu’au début de 2012 (en l’occurence durant la semaine de réalisation de l’enquête), 103.000 adultes ont utilisé au moins une fois les services d’hébergement ou de restauration dans les agglomérations de plus de 20.000 habitants. Parmi eux, 81.000 adultes, accompagnés de 30.000 enfants, étaient effectivement sans domicile. Si l’on y ajoute les sans-domicile des communes rurales et des petites agglomérations (environ 8.000 personnes) et les résidents en centres d’accueil pour demandeurs d’asile (22.500 personnes), on obtient un total de 141.500 personnes sans domicile au début de 2012, soit une hausse de 50% depuis 2001 (date de mise en place de l’enquête sur les sans-domicile).
Cette forte hausse s’explique, pour partie, par l’afflux de réfugiés et par le nombre de demandeurs d’asile qui ne trouvent pas de place dans les Cada, puisque les étrangers représentent désormais 53% des personnes sans domicile (35% de francophones et 18% de non-francophones), contre 38% en 2001. La part des étrangers parmi les sans-domicile est ainsi neuf fois plus élevée que leur part dans la population.
Des situations et des profils très variés

Si le nombre total de sans-domicile atteint ainsi 141.500 personnes, la suite de l’étude de l’Insee se concentre sur les 66.300 adultes francophones sans domicile des agglomérations d’au moins 20.000 habitants. Elle montre que ces sans-domicile sont plutôt jeunes (un quart de 18-29 ans) et que deux sans-domicile sur cinq sont des femmes. La proportion de femmes diminue avec l’âge (48% parmi les 18-29 ans et 31% chez les plus de 50 ans). Par ailleurs, un sans-domicile sur cinq vit en couple et 25% - en couple ou non - sont accompagnés d’enfants. Lors de l’enquête, les sans-abri proprement dits (ayant passé la nuit précédente dans un lieu non prévu pour l’habitation) représentaient 9% des sans-domicile. La moitié de ces sans-abri n’avaient pas souhaité se rendre dans un centre d’hébergement, en évoquant le manque d’hygiène (29%) ou l’insécurité (26%), mais 14% avaient été refusés pour manque de place.
En termes d’hébergement, l’enquête de l’Insee montre que la moitié des sans-domicile sont accueillis dans un hébergement collectif (dont 39% disposent d’une chambre individuelle, seuls 9% étant hébergés dans des dortoirs de plus de dix personnes). Un tiers des sans-domicile sont hébergés dans des logements, avec des conditions de confort correctes : 95% de logements avec toilettes à l’intérieur et 97% avec baignoire ou douche. Il apparaît également que les femmes bénéficient d’un logement plus stable que les hommes (31% d’entre elles sont hébergées en logements associatifs contre 19% chez les hommes) et que les hôtels accueillent principalement des étrangers.
En termes de ressources, un quart des sans-domicile avaient un travail régulier ou un "petit boulot", 47% étaient au chômage et 28% inactifs. La proportion de personnes avec un emploi monte à 45% chez celles hébergées dans un logement. Près des trois quarts des sans-domicile sont inscrits dans un service de domiciliation. Enfin, on retiendra que 39% des sans-domicile déclarent n’avoir jamais eu un logement à eux.

Jean-Noël Escudié / PCA

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