La Marseillaise - 8/12/2009

Des locaux inoccupés et réquisitionés

 
Logement. Dix-huit familles précaires ont pris d’assaut trois appartements vides du centre-ville de Marseille. Le collectif Vie et Terre est toujours mobilisé à leurs côtés.
 
C’est aux 4e et 5e étages d’un immeuble haussmannien de la rue Forbin à Marseille, que les 18 familles ont élu domicile depuis jeudi, pour faire valoir leur droit à un logement décent. Quoique tous éligibles à la loi Dalo (Droit opposable au logement) qu’ils ont maintes fois sollicitée depuis la législation instituée en mars 2007, les ménages ont choisi de lutter en assiégeant « à tour de rôle », trois appartements vides d’une centaine de mètres carrés chacun.
 Au 5e étage, Zamoun, lourdement ébranlé par de nombreuses années vécues dans des conditions de vie déplorables, a investi un logement avec sa femme et ses quatre enfants. Ses moult sollicitations auprès des offices HLM n’aboutissent pas et son dossier Dalo « stagne dans les secrétariats des instances préfectorales » depuis janvier 2008. Mais son marathon pour un logement décent ne date pas d’hier.

 « Nous vivions dans une cave de la rue des Petites Maries, avant que le service d’hygiène n’entérine l’insalubrité des lieux. » Hôtels, squats et logements insalubres, la famille est comme avalée dans la spirale du mal-logement et des expulsions depuis 2003. « Ma femme est handicapée, il faut travailler et s’occuper des enfants », relate le cuisinier dont l’âge avancé ne facilite en rien l’épreuve de la survie. « Je suis comme un petit animal qui cherche une tanière pour ses enfants mais toutes les portes se ferment », déplore encore Zamoun, qui ne s’attendait pas à ce que son pays lui réserve de telles « surprises ».
 En face, au 5e étage ou encore au 4e, d’autres familles et célibataires inscrits au cursus Dalo ont choisi l’audace du combat en investissant les murs de l’immeuble de la rue Forbin. Ils sont soutenus par le collectif associatif Vie et Terre, DAL (Droit au logement) et les Amis de la terre, qui suivent la plupart des dossiers des familles mais aussi par les habitants de l’immeuble, « dont certains refusent l’augmentation des loyers et subissent des pressions de la part des propriétaires », souligne Marc Gastaldello, militant du collectif.

 Le propriétaire des lieux - la société d’investissements immobiliers ANF, filiale du fonds Eurazeo – n’a pas conclu l’expulsion sous 48 heures, « négociations avec les services de police aidant », souligne quant à lui, Claude Lobreaux, également militant associatif. « Au-delà de 48 heures, le propriétaire est obligé de lancer une assignation devant les tribunaux », continue le militant. Les familles peuvent espérer passer l’hiver sur place faute de mieux et surtout patienter en attendant que « le préfet prenne ses responsabilités afin de reloger les familles éligibles à la loi Dalo ».

EMMANUELLE BARRET
 
 
 

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