20 minutes - 27/10/2015

Manuel Valls diffuse la liste des 36 communes (majoritairement de droite) qui n’ont pas assez de logement sociaux

 26/10/2015

Le gouvernement hausse le ton sur les communes qui ne jouent vraiment pas le jeu de la mixité sociale. Le Premier ministre Manuel Valls a rendu publique ce lundi la liste des 36 communes, principalement dans le sud de la France et en banlieue parisienne, « qui ne respectent pas leurs engagements » en matière de construction de logements sociaux.

Provence-Alpes-Côte d’Azur est la région la plus représentée avec 17 communes, devant l’Ile-de-France (8), le Languedoc-Roussillon et Rhône-Alpes (5 chacune) et l’Aquitaine (1), dans cette liste publiée à l’occasion d’un comité interministériel consacré à la mixité sociale et à la lutte contre les discriminations aux Mureaux (Yvelines). Ce sont en majorité des petites et moyennes villes, la plupart du temps géré par la droite : seule une ville PS (Solliès-Toucas, Var) figure parmi les mauvais élèves, trois villes divers gauche et une ville communiste (Contes, Alpes-Maritimes) sont épinglées, contre 16 bastions Les Républicains (LR), deux UDI, deux Nouveau Centre et trois communes divers droite.

Les préfets à la rescousse

Les villes de Yerres (Essonne), dirigée par Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, ainsi que Fréjus, dont le maire David Rachline est l’une des figures montantes du Front national, font également partie de la liste. D’autres figures de la vie politique sont visées, notamment le maire de Maisons-Laffite (Yvelines), Jacques Myard (LR), la maire du Cannet (Alpes-Maritimes), Michèle Tabarot (LR), ou Jean-Christophe Fromentin (UDI), à la tête de la riche Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), deuxième ville la plus peuplée de la liste avec 62.000 habitants.

Les préfets pourront se substituer aux maires récalcitrants pour faire appliquer dans leurs communes l’obligation fixée par la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbains) d’avoir 25 % de logements sociaux, a précisé lundi Manuel Valls.

« Les préfets de départements se substitueront aux maires ne respectant pas leurs obligations au regard de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain », est-il écrit dans le dossier de presse du comité interministériel consacré à la politique de la Ville, présidé lundi par le chef du gouvernement aux Mureaux (Yvelines).

Ces communes seront particulièrement ciblées pour appliquer les mesures coercitives annoncées par Manuel Valls en mars, notamment la délivrance de permis de construire par le préfet à la place du maire ou l’achat de logements anciens par préemption pour en faire des logements sociaux, a précisé Matignon à l’AFP. Une deuxième liste, plus longue, devrait suivre au premier semestre 2016, a fait savoir Manuel Valls.

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