Marsactu.fr - 17/12/2011

MPM et ville de Marseille : même politique anti-Roms ?

Après la mairie de Marseille, c’est au tour de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM) de demander l’expulsion d’un camp de Roms. En l’occurrence celui de la rue Félix Zoccola (15e), où quelques 130 personnes vivent depuis cet été, sous la passerelle Capitaine Gèze. Le 24 octobre dernier, MPM a saisi le juge des référé pour demander leur expulsion.

La juge en charge du dossier avait laissé un délai de deux mois à ces familles, notamment pour permettre aux enfants scolarisés de finir leur trimestre. Tout en mettant les collectivités face à leurs responsabilités, en précisant que « le trouble à l’ordre public est généré par l’impossibilité pour cette communauté de pouvoir s’implanter sur des terrains mis à leur disposition par la municipalité ou la communauté urbaine ».

Sans effet. Et, le délai étant écoulé, les familles pourront, la trêve hivernale ne s’appliquant pas à leur cas, être expulsées à partir du 17 décembre. Les associations, révoltées, se sont rassemblées ce matin devant le siège de la communauté urbaine à la Joliette. Une vingtaine de personnes étaient présentes, dont Jean-Paul Kopp de l’association Rencontres Tsiganes et Caroline Godard de la Ligue des Droits de l’Homme.

Au-delà des expulsions à répétition, c’est l’attitude de MPM que les associations dénoncent. La politique de cette collectivité, dont le président est rappelons-le socialiste, serait donc la même que celle de la ville, gérée par l’UMP ? D’autant plus qu’il y a tout juste deux jours, la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône dénonçait la politique de la ville en matière d’expulsion, insistant sur la « façon humiliante » dont la maire traite la situation des Roms.

Le directeur de la cabinet d’Eugène Caselli Jean-Paul Giraud a rencontré une délégation de ces deux associations hier après-midi. Mais selon ces dernières, le dialogue n’a pas permis de trouver de solutions pour ces familles, ni d’accorder un délai supplémentaire de quelques mois. MPM s’est toutefois engagée, selon les associations, à interpeller l’Etat et la Ville. Comme d’habitude, les collectivités se renvoient donc la balle, MPM jugeant que le volet social n’est pas de sa responsabilité, de même que l’organisation de la table ronde, attendue depuis le mois d’août. Surtout, elle demanderait l’exécution de la demande d’expulsion, faute de réponse, avec le recours aux forces de police.

Par Esther GRIFFE le 16 décembre 2011

Un lien Réactualisation le 17 décembre à 18h :

Le groupe de Roms est parti dans la nuit de vendredi à samedi. A l’arrivée des associations ce matin, le campement était totalement désert. Fort heureusement, contrairement aux expulsions précédentes, les forces de police ne sont pas intervenues.

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