Info Economique 11/07/12 - 11/07/2012

MARSEILLE. "De la ville à la métropole" : 50 ans d’urbanisme bientôt exposés

MARSEILLE. "De la ville à la métropole" : 50 ans d’urbanisme bientôt exposés

Alors que le débat sur la structuration institutionnelle de l’aire métropolitaine marseillaise achoppe sur les rivalités ancestrales entre la ville-centre et ses voisines, l’agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise (Agam) proposera cet automne une passionnante mise en perspective des grands enjeux de ce territoire "singulier" à travers une exposition retraçant un demi-siècle d’histoire urbaine de la deuxième ville du pays. Cette rétrospective, qui se tiendra du 24 novembre 2012 au 9 mars 2013 dans les locaux de la DDTM, offrira aux visiteurs un voyage au fil des grands événements qui ont façonné l’urbanisation de Marseille depuis 1962, année de la fin de la guerre d’Algérie marquée par l’arrivée en masse des rapatriés sur le continent.

600 m2 en cinq séquences

Déployée sur 600 m2, cette remontée dans le temps sera scandée en cinq séquences chronologiques - des années 30 aux années 60, 1962-1975, 1975-1990, 1990-2012, la métropole du futur - articulées autour de trois fils conducteurs : la centralité, la ville au quotidien (habitat, équipements, déplacements) et, enfin, l’attractivité et l’ouverture vers le monde et les territoires proches. "Le fil rouge de cette évolution, c’est la dilatation du territoire, explique Christian Brunner, le directeur de l’Agam. En 1962, avec la décolonisation et la création des grands ensembles, Marseille est entrée dans une nouvelle dimension urbaine. En une décennie, sa population a augmenté de près de 50%, au prix d’une construction intensive : durant les années 60, on a bâti 10.000 logements par an, soit le double du rythme actuel. Ce boom du bâtiment a masqué le déclin de son économie traditionnelle, avant que le premier choc pétrolier n’en révèle la profondeur." Durant cette fin des Trente glorieuses, la machine prospective s’emballe : dans un schéma d’aménagement de l’aire métropolitaine passé à la postérité, l’Oream, ancêtre de l’Agam, prévoit une croissance démographique échevelée : selon les urbanistes, en 2000, Marseille et son agglomération devraient compter près de trois millions d’habitants. La réalité démographique sera deux fois moins élevée,... "mais l’intégralité du foncier aura été consommée", précise Christian Brunner.

Le déclin puis le renouveau urbain

Durant les années 70, le coup d’arrêt est brutal. La cité phocéenne subit un exode de ses habitants et de ses forces vives économiques vers la périphérie. "En un peu plus de quinze ans, Marseille a perdu 100.000 emplois et 100.000 habitants au profit des communes de son hinterland", indique le directeur de l’Agam. Un processus d’autant plus délétère qu’il ne s’est pas accompagné de la mise en place d’un dispositif de régulation institutionnelle comme dans les autres métropoles régionales. "Pendant que Lyon et Lille structuraient leurs agglomérations dans de grandes communautés urbaines, Marseille, elle, préférait rester isolée." A l’orée des années 90, l’Etat décide de venir au chevet de la deuxième ville du pays à travers Euroméditerranée, vaste opération de rénovation urbaine des quartiers portuaires. Des quartiers qui avaient pris de plein fouet le déclin du port de commerce. "C’est le début du renouveau urbain", observe Christian Brunner. Un renouveau loin d’être achevé mais qui devrait se prolonger demain sur Euromed’ II, un morceau de "ville frugale", emblème d’un urbanisme plus économe, à la fois en matière de consommation foncière, mais aussi sur le plan financier. "Il s’agit de répondre au défi de construire une ville avec moins de moyens, tout en tenant compte des nouveaux enjeux comme le vieillissement de la population, l’émergence du numérique, la sobriété énergétique...", détaille le directeur de l’Agam.

Images d’archives

L’expo scénographiée par Adeline Rispal, à qui l’on doit la scénographie du Mucem et du nouveau musée d’histoire de Marseille, présentera à travers une quarantaine de panneaux regroupant images d’archives, cartographies, schémas, chiffres, films... les différentes étapes de l’urbanisation de la cité phocéenne, de la construction des grands ensembles dans les quartiers nord jusqu’à l’extension d’Euroméditerranée, préfiguration de "la métropole du futur".

L’Agam, qui s’est appuyée sur les archives mises à disposition par de nombreux partenaires (Arohlm Paca, Atelier du patrimoine, CAUE 13, Euroméditerranée, FPI, GPMM, MAV, Ordre des architectes, syndicat des architectes, Soleam...), compte également profiter de cet événement pour susciter le débat sur l’urbanisme. Et tenter de mobiliser une opinion peu au fait des rouages de la mécanique de l’aménagement. "Si l’on parvient à intéresser le grand public, ce sera formidable", s’enthousiasme Claude Vallette, le président de l’Agam qui rêve depuis des années de doter Marseille d’un pavillon de l’Arsenal, un lieu de concertation et de débat public sur l’urbanisme et l’architecture.

E-lettre Sud Infos | Publié le 11-07-2012

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