Le Monde.fr - 9/07/2015

Rénovation urbaine : Marseille tente de rattraper son retard

LE MONDE | 06.07.2015 à 10h24 • Mis à jour le 06.07.2015 à 13h48 | Par Gilles Rof (Marseille, correspondance)

Dans six mois, Marseille perdra-t-elle définitivement une partie des 303 millions d’euros que l’Etat lui a attribués dans le cadre du programme 2005-2015 de l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) ? « Au 1er juillet, 87 millions d’euros de cette enveloppe restent encore à engager sur des dossiers concrets, s’inquiète Myriam El Khomri, secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville. L’argent est là et ce serait un message terrible à adresser aux habitants des quartiers populaires que de ne pas l’utiliser. »

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Lundi 6 juillet, la secrétaire d’Etat du gouvernement Valls devait profiter d’un déplacement à Marseille avec le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, pour présider un comité technique sur le sujet. Sa quatrième visite officielle sur le terrain depuis le début de l’année, pour ce que Mme El Khomri définit elle-même comme une « stratégie de mise en tension permanente des différents partenaires, pour aller le plus vite possible ». « J’ai fait de ce dossier une priorité, car la situation de l’habitat, dans certains quartiers de Marseille, est indigne de notre République », explique la secrétaire d’Etat, qui a déjà prévu de revenir sur le Vieux-Port le 17 juillet, pour la signature du contrat de ville avec les collectivités locales, et le 12 septembre pour un nouveau point d’étape sur la rénovation urbaine.

« Ni dérogation, ni report »

L’utilisation des crédits ANRU, qui servent à rénover les zones d’habitats dégradés, comme les cités de La Castellane ou des Flamants, provoque une polémique depuis quelques mois à Marseille. Fin 2014, le préfet de région, Michel Cadot, avait révélé que seuls 62 % des crédits accordés par l’Etat avaient été utilisés en neuf ans. « Il n’y aura ni dérogation, ni report sur l’ANRU 2 qui commencera en 2016 », annonçait-il alors, appelant à une « mobilisation générale » des collectivités pour qu’elles déposent des projets permettant d’engager les 122 millions d’euros encore disponibles avant la clôture du premier programme ANRU, le 15 novembre.

Dans son discours du 29 mai, Manuel Valls a tancé les élus locaux qui lui demandaient des fonds pour la future métropole Aix-Marseille en leur rappelant leurs négligences face aux crédits à la rénovation urbaine. La question anime également les conseils municipaux et communautaires. Lundi 29 juin, l’adjointe au logement, Arlette Fructus (UDI), s’est lancée dans un long plaidoyer de son action à la tête du GIP Marseille rénovation urbaine, rappelant que « Marseille est la ville qui, en France, a le plus de chantiers ANRU en cours ». « Nous ne laisserons pas un euro de l’Etat non utilisé », a-t-elle promis, avant de faire voter plusieurs délibérations débloquant plus de 16 millions d’euros.

« Le problème de ces dossiers ANRU, c’est qu’il oblige les collectivités à abonder elles aussi au financement à côté de l’Etat. Et la rénovation n’est pas forcément une priorité politique pour tout le monde », juge, de son côté, la sénatrice socialiste Samia Ghali. La maire des 15e et 16arrondissements, qui regroupent bon nombre des ensembles concernés par l’ANRU à Marseille – La Savine, Plan d’Aou, La Castellane… –, s’est fortement investie pour ne pas voir les crédits gouvernementaux s’évaporer, harcelant les responsables des collectivités locales comme les services de l’Etat.

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« Je ne veux pas faire de cette question un enjeu politique, assure de son côté Myriam El Khomri. Je note une accélération nette des projets déposés depuis le début 2015 avec plus de 34 millions d’euros engagés en six mois. Mon enjeu, aujourd’hui, c’est que des équipements structurants sortent de terre. Nous sommes dans un bras de fer avec les élus locaux pour qu’ils aillent vite… Je resterai tenace. »

  • Gilles Rof (Marseille, correspondance)

 

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