Les Echos - 9/02/2011

Immobilier : les promoteurs prévoient moins de ventes mais toujours des prix en hausse

 
Immobilier : les promoteurs prévoient moins de ventes mais toujours des prix en hausse
Le prix des logements neufs pourrait augmenter de 5% à 6% cette année, malgré une baisse de 6% du nombre de ventes du fait du coup de rabot fiscal sur le Scellier.
 
Ecrit par Myriam Chauvot
Journaliste
 
Le marché des logements neufs est dynamique... mais aussi déséquilibré. « On n’a jamais fait autant de ventes en investissement locatif, même au temps du Robien, mais l’accession à la propriété est au plus bas depuis quinze ans. Elle n’a représenté que 37% de nos 117.000 ventes l’an dernier », constate Marc Pigeon, le président de la fédération des promoteurs immobiliers (FPI).
 
Plus inquiétant encore, seulement 22% des ventes l’an dernier (moins de 26.000 logements) ont correspondu à de l’accession à la propriété non aidée. Le reste des opérations a été effectué par des primo-accédants aidés par une TVA à 5,5% sous le régime du Pass-Foncier ou de la zone de rénovation urbaine. Les Français accèdent donc fort peu à la propriété s’ils ne rentrent pas sous le plafond de ressources des aides publiques. Et, double peine, ils sont en plus victimes d’un marché en surchauffe. Car la demande est forte, même si les 117.000 ventes estimées par la FPI, soit 13% de plus qu’en 2009, sont encore en-deçà du pic de 2007 (127.000 ventes).
 
Malgré un bond de 47% des mises en vente l’an dernier, le stock d’offre disponible des promoteurs a baissé de 14% tant la demande est forte et « le délai de commercialisation d’un programme immobilier est tombé entre 5 et 6 mois en moyenne nationale (voire 3,3 mois en Ile-de-France), contre 9 mois à la meilleure époque du Robien, en 2007 », poursuit Marc Pigeon.
Angers enregistre la plus forte hausse
 
Les prix au mètre carré, eux, ont logiquement grimpé, de 6,5% en moyenne nationale. Cela masque une forte différence entre la province (+3,9% seulement) et l’Ile-de-France (+9,8%), où Paris tire la moyenne. Sur les grandes agglomérations, la FPI n’en recense qu’une où les prix des appartements neufs baissent : Nice-Côte-d’Azur (-3,3%). Les prix moyens y restent tout de même encore les plus élevés de France (4.829 euros le m2, contre 4.500 euros en Ile-de-France). La plus forte hausse se situe dans l’agglomération d’Angers (+10,2%, à 3.890 euros le m2). Cela dit « le prix moyen de vente est resté identique en province car la surface s’est réduite, précise Marc Pigeon. A Paris, le prix moyen d’achat a augmenté ».
 
La tension sur les prix franciliens est due à la vigueur de la demande et à un début d’inflation sur le prix des terrains plutôt qu’au phénomène du Scellier, car l’Ile-de-France fait partie des trois zones de France où la part des ventes dans l’investissement locatif est la plus faible. Mais elle a tout de même augmenté l’an dernier, à 57%, contre 50% en 2009 et 45 % traditionnellement. La part de locatif est également plus faible que la moyenne dans les agglomérations de Marseille (53%) et d’Aix-en-Provence (52%). Pour le reste, le « top ten » du Scellier montre un engouement pour Montpellier (81% des ventes, contre 78% en 2009) selon le recensement de la FPI, suivie de Lille (80%) et de Nantes (76%) tandis que Toulouse a baissé. Traditionnellement première en France pour le Robien, avec Montpellier, la ville rose s’est retrouvée l’an dernier en milieu de classement, avec « seulement » 73% de ventes en locatif, du fait de la volonté politique d’imposer un quota d’accession.
Des inquiétudes pour 2012
 
Le coup de rabot fiscal sur le Scellier et les tensions actuelles sur les taux d’intérêt devraient faire légèrement décliner les ventes cette année, estime la FPI. Elle table sur 110.000 réservations, contre 117.000 l’an dernier (-6%), loin du pic de 2007 (127.000 logements neufs vendus), avec toutefois encore une hausse des prix, de l’ordre de 5% à 6%, du fait de l’inflation sur le prix des terrains et du surcoût de construction en basse consommation (BBC). Mais « c’est surtout pour 2012 que nous sommes inquiets », souligne Marc Pigeon. La réduction d’impôt Scellier passera alors de 22% à 17% et, surtout, l’avenir du prêt à taux zéro plus (PTZ+) au-delà de cet horizon reste incertain. Or, insiste le président de la fédération des promoteurs immobiliers, « nous prenons position maintenant pour acquérir des terrains, sans avoir aucune visibilité. C’est dangereux ».
 
 
Myriam Chauvot
 
09/02/11 | 16:45 | mis à jour à 17:19 |
 

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