La Provence - 16/11/2007

Trouver un toit demain aux 109 700 ménages mal logés

La production s’est accélérée mais le déficit est chronique

L’an prochain, le premier volet de la loi Dalo (Droit au logement opposable) permettra aux mal-logés les plus précaires de saisir l’État. Elle sera ensuite étendue à toute personne vivant dans des conditions indignes et ne trouvant pas de toit dans le parc social malgré ses démarches.

Selon une étude de la Direction régionale de l’équipement et l’Agence nationale de l’habitat, cette situation concernerait 109700 ménages dans le département. Soit autant de personnes susceptibles d’attaquer l’État et être indemnisées. Or, on compte près de 13000 logements sociaux dans les Bouches-du-Rhône ; au mieux 3000 nouvelles offres auront été mises sur le marché cette année.

Des Records de construction
Des objectifs ont été assignés dans chaque département pour résorber le déficit national de logements sociaux. Dans les Bouches-du- Rhône, ces objectifs ont été largement dépassés. Fin 2006, ils étaient atteints à 84%.

Plus récemment, l’association régionale des organismes HLM faisait état d’une année "exceptionnelle" avec 2893 logements financés en mars, soit +120% par rapport à l’année précédente. Les bons élèves sont les intercommunalités qui ont pris en charge la distribution des aides de l’État aux opérateurs immobiliers sociaux : la communauté urbaine de Marseille (qui a fourni à elle seule 60% de la production de logements du département), les communautés d’agglomération du Pays d’Aix et celle d’Aubagne.

Les 300 logements financés hors agglomération se situent vers les intercommunalités Rhône-Alpilles-Durance, Vallée-des-Baux, Plan- d’Orgon et à Gardanne. Selon l’association régionale des HLM, le bilan, dressé en mars dernier, était plus contrasté ailleurs : pas d’opération sur le San Ouest-Provence, doublement de la production d’Arles-Crau-Montagnette, progression à Ouest étang de Berre, repli de l’Agglopole. Et le problème est qu’il faut aller plus loin dans un contexte de marché immobilier des plus tendus de France.

Du social pas assez social
Le plan de cohésion sociale prévoyait pour 2005-2009 de doubler le nombre de logements à loyer maîtrisé, renforcer le traitement de l’habitat indigne, accroître le nombre de logements vacants remis sur le marché. Sur ce point, le département serait en recul : 584 logements en 2006 remis sur le marché, 781 en 2005. Surtout, le premier impact de la loi Dalo a été d’établir des perspectives encore plus ambitieuses. Or, dans la jungle des classifications de logement social (PLUS, PLS, PLAI…), il y a le logement social très social, l’intermédiaire, et celui qui reste inaccessible aux plus défavorisés (pour un T3, le loyer peut ainsi osciller de 349 à 1081 pour un loyer privé conventionné).

Or, si on construit volontiers du logement "intermédiaire", le manque de logements "très sociaux" s’accroît en même temps que la paupérisation des ménages auxquels ils sont destinés. "80% des constructions commencées concernent des loyers hors plafond, poursuit Fathi Bouaroua, directeur régional de la fondation Abbé-Pierre ; 12% seulement de logement très sociaux". Voire, 6% de l’offre sociale nouvelle selon l’ARHLM.

Des associations rappellent également qu’entrent dans le critère de logement social les studios pour étudiants et… les maisons de retraite. "Et il y a la réalité des faits, note Nassim Amrouche du comité d’Aix de Droit au Logement. On construit des HLM dans une ville voisine membre de son intercommunalité ; et on demande à la personne en souffrance sans moyen de locomotion d’aller vivre à 40 km tout en gardant son emploi de nuit."

Par Carole Barletta ( cbarletta@laprovence-presse.fr )

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