Marsactu.fr - 7/06/2013

"Est-ce que Marseille est faite pour avoir des gratte-ciels ?"

Antoine Viallet est le président du Club de l’immobilier Marseille Provence qui regroupe une quarantaine de professionnels de tous les métiers et de tous les secteurs de cette activité. Immobilier commercial, centre commerciaux, logement social, sky line... Passage en revue des dossiers chauds de l’immobilier.

Pour Antoine Vialllet, l’immobilier d’entreprise à Marseille se porte bien : "La crise n’est pas passée par là". Le président du Club de l’immobilier explique cette information plutôt surprenante par un effet de rattrapage dont bénéficierait Marseille, les entreprises et administrations cherchant à optimiser leurs m2 de bureaux, et donc à déménager et libérer au passage du foncier - "les locaux, c’est le deuxième ou troisième poste de coût pour une entreprise" - en regroupant sur un même site leurs personnels. A l’appui de ses dires, il cite les exemples récents du nouveau siège de la Banque Populaire en construction sur le Prado ou de Pôle Emploi qui a regroupé plusieurs sites en un même lieu, à La Capelette. Pour l’instant, tout ça reste un marché endogène. Car pour ce qui est de faire venir des entreprises françaises ou européennes à Marseille, la partie reste plus difficile. "Nous sommes dans une compétition face à Barcelone ou Lyon, et nous avons des problèmes de transport, de logements mais aussi d’image, même si Marseille 2013 nous aide beaucoup", confirme Antoine Viallet. Rappelant au passage que :

Le premier marché de l’immobilier dans le département c’est Aix, avec 1 million de m2 , qui a su attirer depuis longtemps des PME spécialisées notamment dans le high tech.

En ce qui concerne la multiplication récente des annonces de nouveaux centre-commerciaux, le représentant du Club de l’immobilier reste plus circonspect :

On n’est peut-être passé de la pénurie à un trop-plein.

soulignant que "ceux qui tiennent le marché sont les enseignes commerciales et pas les promoteurs", confirmant une forte concurrence entre ces futurs "malls" pour attirer les meilleurs marques. Sans oublier la concurrence du web. "Dire qu’il y a un milliard d’euros qui s’évade de Marseille, à l’heure d’internet ça ne tient pas vraiment debout". 

Pour le logement des particuliers, Antoine Viallet en bon lobbyiste de sa profession dénonce classiquement "les racketeurs en cols blancs" qui multiplient les recours et autres "mille-feuilles réglementaires" qui ralentiraient les projets, souhaitant que les récentes déclarations sur ces sujets du Président de la République et du gouvernement ne reste pas des "effets d’annonce". Autre problème évoqué par le représentant des promoteurs, la densification "il faut que les marseillais acceptent la densification plutôt que l’étalement de la ville" prenant l’exemple des projets de tours en bord de mer : "Ça se fait dans tous les grands ports du monde, à Miami, Sydney ou Bueno Aires". Mais il reconnaît néanmoins qu’on peut se poser la question : "Est-ce qu’une ville comme Marseille est faire pour avoir des gratte-ciels ? S’agit-il de charges que les entreprises marseillaises et les habitants peuvent payer ?". Le débat reste ouvert.

Par pierre boucaud, le 7 juin 2013

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