NouvelObs.com - 4/03/2009

SDF : les pouvoirs publics n’ont pas tenu leurs promesses, selon les associations

 
Les pouvoirs publics ne tiennent pas leurs promesses concernant la prise en charge des sans-abri. "Accueil inconditionnel, non-remise à la rue, accompagnement personnalisé : des principes qui restent lettre morte", affirment les associations de lutte contre les exclusions dans un "baromètre des 100 mesures prioritaires" publié mercredi.

Les associations s’inquiètent par ailleurs de l’action de la police à l’encontre des sans-papiers jusque dans des centres d’hébergement.

Deux ans après les promesses du gouvernement Villepin en janvier 2007 après le campement des Enfants de Don Quichotte sur le canal Saint-Martin, rien ne semble avoir vraiment changé.

Le Plan d’action renforcé en faveur des personnes sans-abri (PARSA), prévoyait notamment la disposition suivante : "Toute personne accueillie dans un centre d’hébergement d’urgence devra se voir proposer, en fonction de sa situation, une solution pérenne".

Ce principe a été repris par les gouvernements suivants et formalisé dans l’article 4 de la loi sur le Droit au logement opposable (DALO) : "Toute personne accueillie dans une structure d’hébergement d’urgence doit pouvoir y demeurer, dès lors qu’elle le souhaite, jusqu’à ce qu’une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d’hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation".

"Malgré les textes officiels, malgré les engagements pris par les pouvoirs publics, les principes fondamentaux qui structurent l’accueil et l’hébergement d’urgence ne sont pas respectés", affirment le "collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement" en faveur des mal-logés.

"Ainsi", note le collectif dans lequel figure Emmaüs, la Fondation Abbé Pierre ou encore la FNARS, "nombre de personnes continuent de retourner à la rue, faute d’une prise en charge adaptée dans la durée".

"Certains publics sont plus malmenés que d’autres : les personnes accompagnées d’animaux, les personnes à mobilité réduite, les personnes souffrant de troubles psychiques ou de conduites addictives trouvent plus difficilement des solutions d’accueil", précise le collectif.

"Surtout", souligne-t-il, "c’est l’accueil inconditionnel qui est constamment remis en cause avec la discrimination exercée à l’encontre des personnes en situation irrégulière à l’entrée des centres d’hébergement et de plus en plus fréquemment les interpellations policières aux alentours ou à l’intérieur des centres".

Les associations mettent notamment en avant une perquisition menée dans les locaux de la communauté Emmaüs Pointe Rouge à Marseille mi-février et le placement en garde à vue durant plusieurs heures d’un des responsables après l’interpellation d’un compagnon sans-papiers.

Enfin, les associations estiment que les pouvoirs publics ne tirent aucune leçon des plans hivernaux successifs. Le bilan de l’hiver 2008-2009 "ressemble tristement à celui des années précédentes : pas assez de places et trop d’interrogations quant au sort des personnes accueillies après la fermeture de ces lieux temporaires". AP

AP | 04.03.2009 | 11:39

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