La Provence.com - 24/04/2014

Fermeture d’un lotissement : le CIQ dénonce un acte anti-piétons

Marseille



Les copropriétaires de l’une des 1 500 résidences fermées de Marseille (record de France) sont une majorité à soutenir leur "droit légitime de se clore" pour plus de sécurité.

Photo valérie vrel

Le 18 mars, le tribunal administratif - saisi en référé-suspension par les riverains et parents d’élèves du groupe scolaire Coin Joli-Sévigné, contraints à d’importants détours pour rallier écoles, collège et commerces - refusa de trancher "en urgence" le sujet brûlant de la fermeture du lotissement Coin Joli (9e). Motif : initiés par l’ASA (association syndicale des propriétaires) de Coin Joli, les travaux redoutés n’ayant pas démarré, la juge des référés a rejeté leur requête. Statu quo.

Ce qui n’a pas empêché, il y a quelques jours, le CIQ Sévigné d’y revenir. Ni Guy Brault, son président, de tancer "un acte anti-piétons, signe du manque criant de voies publiques pour assurer la sécurité des piétons dans la majeure partie de notre secteur. Un manque accru par la clôture d’un lotissement qui a, tout de même, droit d’entrée et de sortie dans le quartier !"

Et de "clore" son préambule : "Il serait indispensable que la Ville de Marseille récupère des voies privées pour les faire redevenir publiques, car nous vivons dans un secteur si engorgé que l’on ne peut plus marcher ni circuler correctement."

D’emblée, le nouvel adjoint à la Voirie et aux Espaces publics de la mairie du 5e secteur, Frédéric Guelle, a donc été mis sur le gril. Mais a refusé de prendre parti : "Des procédures de recours sont en cours, à la justice de choisir son camp", plaide l’ex-président du CIQ Hauts de Mazargues-La Cayolle.

Puis, à un habitant lui demandant s’il comptait user de son pouvoir de police "pour interdire définitivement de fermer un accès indispensable", le nouveau maire UMP des 9e-10e, Lionel Royer-Perreaut, a pu répondre de front.

"La loi n’a pas changé et le débat n’est toujours pas tranché. Mais il est certain que le directeur général de l’Urbanisme à la Ville Domnin Rauscher a veillé à ce qu’il se déroule démocratiquement, lance-t-il. Mais face à l’absence de volonté de trouver une solution à l’amiable des deux parties, l’ASA a voté pour une 2e phase de travaux en assemblée générale en 2013. C’est son droit et on ne peut le nier, quoi qu’on en pense."

La Ville de Marseille tenterait "depuis 2-3 semaines" d’entrer en contact avec le syndicat de propriétaires. Sans réponse. Ainsi, "tant que la Ville n’est pas saisie par une requête, elle n’a pas à dire oui ou non à des travaux qui ne restent que pure hypothèse. Cela va de soi", justifie Lionel Royer-Perreaut.

"Mais la sécurité des enfants du groupe scolaire doit être prise en compte en priorité. Aussi je m’engage, comme nouveau maire, à lutter contre l’enclavement de nos quartiers à tous les niveaux. Sans outrepasser la loi..."

Loi que l’ASA de Coin Joli, à travers son avocate, affirme respecter en vertu de son "droit légitime de se clore.""L’école n’est pas enclavée et ne fait pas partie du lotissement : elle a une entrée d’origine dans une voie publique et n’a pas à entendre utiliser des voies privées, réplique Me Angèle-Josée Bresciani-Paoli. Or le Coin Joli est un domaine privé et ce n’est pas à une poignée de personnes étrangères au lotissement de venir y faire la loi. Si ces gens sont mécontents alors qu’eux-mêmes habitent des copropriétés clôturées, ils se trompent d’adversaire !"

Avant de se rallier au président du CIQ Sévigné, sur un point précis : "C’est à la mairie de fournir des rues publiques à ses administrés, pas à empiéter ni à laisser empiéter sur un domaine privé."


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