20 minute - 26/05/2015

Marseille : « C’est leur projet à eux, pas celui des habitants »

 

SOCIETE Les quartiers de Saint-Barthélemy, Picon et Busserine connaissent depuis deux ans un grand lifting...

Mickael Penverne

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L’adjointe au maire déléguée au logement, Arlette Fructus, et la préfète déléguée à l’égalité des chances, Marie Lajus, ont présenté mardi l’état d’avancement des travaux de rénovation des quartiers Saint-Barthélemy, Picon et Busserine (14e). Environ 4000 personnes vivent dans ce secteur, classé quartier prioritaire et zone de sécurité prioritaire par le gouvernement. Ici, près de 70 % des habitations sont des logements sociaux, et le taux de chômage touche environ 40 % de la population active.

Face à ce constat, les autorités ont lancé en 2012 un « projet de renouvellement urbain » qui comprend la rénovation de plus de 1200 logements sociaux, la construction de nouveaux équipements et la réorganisation de la voie publique. L’ensemble du projet coûte 128 millions d’euros, financés par les bailleurs sociaux, l’Etat et les collectivités locales. D’ici 2018, 330 logements vont être détruits (dont 125 liés à la construction de la rocade L2). Depuis mars 2014, trois bâtiments sont déjà tombés à terre. D’autres vont suivre comme la barre H, début 2016, pour créer la future place de la gare.

« Le nouveau stade est bien, mais il est fermé à clé »

Parallèlement, la reconstruction du quartier a démarré avec l’ouverture, en 2012, d’un centre social. Un groupe scolaire pour les maternelles et les primaires a également ouvert ses portes en février. Derrière, le stade de la Busserine a été rénové avec une pelouse synthétique toute neuve. Un peu plus loin, une barre d’immeuble a été percée. La route et les trottoirs ont été refaits - en attendant, la construction d’une « micro-crèche ». Enfin, les logements existants sont en cours de réhabilitation avec l’enlèvement de l’amiante mais aussi la pose de nouveaux balcons et de volets roulants.

 

L’ensemble du projet de renouvellement urbain vise à « améliorer la qualité de vie de ses habitants ». Pourtant, lors de la visite de chantier organisée mardi, plusieurs d’entre eux ont interpellé les représentants de la mairie et de l’Etat. « C’est leur projet à eux, pas celui des habitants, s’agace Saïda Benabid, une habitante du quartier depuis 25 ans. Le nouveau stade est bien, c’est vrai, mais il est fermé à clé. Les habitants ne peuvent plus l’utiliser. Seuls les clubs pourront s’en servir. Et quand ils refont les routes, c’est pour aider la police. Comme ça, elle peut mieux nous encercler »

« Nous essayons de susciter l’adhésion des habitants »

Djamila Mostefa est la déléguée des parents d’élèves de l’école de la Busserine. Selon elle, le nouveau groupe scolaire a été construit trop vite (en sept mois) et souffre de plusieurs malfaçons. « C’est beau en apparence mais il y a beaucoup de choses à revoir, assure-t-elle. Il y a un trou entre la cour et un garde-corps qui n’est toujours pas sécurisé. Et il n’y a même pas de jeux dans la cour des maternelles ». Au cours de la visite, elle apprendra que cette aire de jeux sera finalement installée à la « rentrée ». « Quelle rentrée ? », réagit-elle.

 

« Nous essayons de susciter l’adhésion des habitants pour tous nos projets mais ce n’est pas toujours facile, souffle Arlette Fructus, adjointe au maire délégué au logement. Il y a des attentes considérables, parfois démesurées. On ne peut pas répondre à toutes les aspirations individuelles. Il faut du temps entre le moment où l’on prend une décision et sa mise en œuvre. Mais je suis convaincu que ces travaux vont améliorer la vie quotidienne des habitants. »

En 2012, la Cour des comptes avait sévèrement critiqué la politique de la ville estimant, certes, qu’elle avait eu « des effets positifs sur le développement économique et l’amélioration de l’habitat » mais qu’elle n’avait pas eu un « impact suffisant pour changer durablement la vie quotidienne de la population ». « L’amélioration de la situation n’est pas tangible dans certains quartiers où la pauvreté et la précarité demeurent à des niveaux élevés et où l’insécurité persiste, dans un contexte aggravé par la crise », écrivaient les magistrats.

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