LeFigaro.fr - 9/11/2010

La crise est finie pour les promoteurs immobiliers

Ils se sont réformés en profondeur pendant les années difficiles : le mouvement de concentration et les diversifications leur permettent de lisser les à-coups de l’activité.
Finie la crise de l’immobilier ? Pas forcément pour les propriétaires qui veulent vendre leur bien ou les candidats à une acquisition. En revanche, pour les promoteurs, tout va bien. « Cette année, nous aurons vendu 115.000 maisons ou appartements contre 106.000 en 2009 », explique Marc Pigeon, le président de la FPI (Fédération des promoteurs immobiliers). On est bien loin des 79.000 ventes enregistrées en 2008, au début de la crise. Parallèlement, le prix des logements neufs a continué à flamber depuis le début de l’année (+6,8%). Dans l’agglomération de Marseille, le bond a été de 9,8% contre 3,6% dans la communauté urbaine de Bordeaux. La mise en place du nouveau prêt à taux zéro (PTZ+) et du dispositif Scellier raboté de 10% dès janvier2011 n’entame pas l’optimisme des professionnels. « Nous devrions atteindre encore les 115.000 de ventes l’année prochaine », estime Marc Pigeon.
 
 
Si les promoteurs se portent bien, c’est qu’ils se sont réformés en profondeur. D’abord, le mouvement de concentration s’est accéléré. Aujourd’hui, 8% des acteurs réalisent 80% du chiffre d’affaires du secteur. Il y a cinq ans, c’était 20% des promoteurs qui faisaient 80% des affaires. C’est que les majors du secteur ont fait des opérateurs de croissance externe. Exemples, Nexity a racheté le promoteur toulousain Ruggieri et Kaufman & Broad s’est offert Lotibat, également à Toulouse.
Des villes trop exigeantes
Plus gros, les promoteurs ont également diversifié leur activité. Selon la Fédération des promoteurs immobiliers, un sur six a une filiale gestion (agence immobilière, syndic, administration de biens…). Une façon de lisser leurs résultats en évitant d’être trop tributaires des à-coups inhérents à l’activité de promoteur immobilier. Ainsi, Nexity vend des programmes immobiliers sous sa marque, mais possède également le réseau d’agences immobilières Century 21 et est administrateur de biens avec Lamy et Saggel.
Heureusement qu’ils sont plus solides, car les promoteurs estiment être en butte à des contraintes toujours plus nombreuses. « Les municipalités nous imposent le prix du terrain, leur architecte, les prix auxquels on vend les produits, le type de produits (grande ou petite surface) mis sur le marché », soupire Marc Pigeon. Résultat, à la demande des collectivités locales qui privilégient les familles, beaucoup de grandes surfaces sont construites… sans forcément trouver preneur : les trois-pièces et plus représentent 67% du stock d’appartements et de maisons disponibles alors que la demande se concentre plus sur les studios et les deux-pièces (44% des réservations au troisième trimestre 2010).
Autre problème : les permis de construire font l’objet de recours de plus en plus nombreux. « 40% sont attaqués, raconte Marc Pigeon. Des avocats indélicats se ruent sur la brèche. Ils proposent aux voisins du programme immobilier de l’attaquer à ses frais en partageant les gains. » La tactique est payante : la justice est si lente que les promoteurs préfèrent négocier et indemniser les plaignants. Un promoteur d’envergure nationale aurait ainsi un programme de 602 logements bloqué par un recours de ce type.
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Par Jean-Yves Guerin
09/11/2010 |

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