La Provence.com - 8/11/2016

Marseille : bonjour tristesse en centre-ville



Une dizaine de boutiques seulement sont ouvertes le dimanche. Commerçants et clients se renvoient la balle

 Rappel des faits : 

Placés en zone touristique fin 2011, les commerces du centre-ville sont autorisés à ouvrir tous les dimanches de l’année. En 2012, ils étaient une petite centaine à jouer le jeu ; hier, une dizaine d’enseignes seulement était ouverte. Les commerçants expliquent ce choix par un manque de fréquentation ; les clients, eux, déplorent l’absence d’offre. Un cercle infernal insoluble ?


Mais si l’on a touché le gros lot et que l’on souhaite fêter ça en faisant quelques emplettes, cela risque d’être la douche froide. Car le dimanche, entre Castellane et le haut de la rue de la République, les commerces ouverts se comptent sur les doigts des deux mains. Pourtant, depuis décembre 2011, le - large - territoire a été placé en zone touristique et les boutiques sont autorisées à ouvrir ce jour-là. Une aubaine, pensait-on à l’époque, pour redynamiser un centre-ville moribond. Mais rares ont été les commerçants à jouer le jeu, attendant peut-être que les clients soient au rendez-vous. "J’ai tenté d’ouvrir le dimanche mais j’ai dû me résoudre à fermer, faute de combattants. C’est dommage car au début, où nous étions plus nombreux, ça fonctionnait pas mal. C’était un pari sur le long terme. Il faudrait un manager pour remettre le centre-ville en ordre de marche, qu’il devienne une sorte de centre commercial à ciel ouvert", regrette Lucile Malaterre, de la boutique Mellow Yellow, à la rue Davso.

Une ouverture à la carte ?

Sauf que ce "pari sur l’avenir", ils n’étaient pas nombreux à avoir les reins assez solides pour le tenir. L’explication vaut pour les petites enseignes mais l’argument ne tient pas vraiment la route pour les grandes marques qui, elles aussi, sont quasiment toutes fermées le dimanche. Même les Galeries Lafayette ont baissé leur rideau hier, tout comme Zara ou H&M ! "La conjoncture a compliqué la situation. À la différence des grands centres, les commerces indépendants font ce qu’ils veulent et il ne faut pas oublier que ça coûte cher car les employés sont payés double. On a peut-être vu un peu grand", analyse Guillaume Sicard, le président de la fédération Marseille Centre.

"C’est à la carte ! La semaine dernière, je m’étais rendue dans un magasin qui était ouvert. Et là, il est fermé", s’étonne Dalila, venue avec ses deux enfants. À quelques mètres de là, Bouaziz est serein. Depuis deux ans, son enseigne de chaussures de sport a misé sur l’ouverture le dimanche. Et le pari semble réussi. "Si tout le monde jouait le jeu, le centre-ville serait bondé", assure ce manager.

Dans les autres magasins dont le rideau n’est pas - encore ? - tiré, les vendeurs s’ennuient fermement ou en profitent pour faire du rangement. Vers 15 heures, un vendeur nous confiait avoir fait 137 euros de vente ! "Les responsables s’interrogent quant à l’utilité de rester ouvert le dimanche", dévoile-t-il.

Fort heureusement, les fêtes de fin d’année vont redonner un peu de gaieté à un centre-ville qui se meurt de jour en jour...

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