Le Monde.fr - 9/11/2010

Logement : manifestation d’associations contre la Loppsi 2 à l’Assemblée

Environ 80 personnes ont manifesté lundi soir près de l’Assemblée nationale à Paris pour dénoncer le projet de loi Loppsi 2, discutée à partir du 23 novembre, qui prévoit l’évacuation d’office des lieux occupés sans autorisation et la destruction des habitats précaires illégaux.
 
Surmontés de banderoles ("Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend !"), divers types d’habitats précaires (yourte, tipi, tente, caravane...) ont été installés par les associations derrière l’Assemblée.
 
Les militants se sont massés autour, scandant "Un toit, c’est la loi !", "Solidarité avec les mal logés" ou encore "Sarkozy, il faut le virer !"
 
Les manifestants, dont des élus de gauche et les représentants d’une quarantaine d’associations et syndicats (Droit au logement, Jeudi Noir, CGT, Solidaires, La Voix des Roms, MRAP, Confédération syndicale des familles, etc.), visent précisément l’article 32 ter A du projet de du projet de la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi 2).
 
Cet article prévoit que les préfets peuvent, après mise en demeure, faire "procéder à l’évacuation forcée des lieux" occupés sans autorisation, ou "lorsqu’une installation illicite en réunion sur un terrain (...) comporte de graves risques pour la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques".
 
Le préfet peut aussi saisir la justice "d’une demande d’autorisation de procéder à la destruction des constructions illicites" sur le terrain squatté.
 
Dans un communiqué commun, les diverses organisations mobilisées dénoncent "une mesure d’exception car elle bafoue les principes de la protection par le juge du domicile, des biens, de la vie familiale et privée, et donne un pouvoir arbitraire et disproportionné au préfet".
 
"La Loppsi 2, c’est faire en sorte que tout ce qui ressemble à un habitat précaire finisse peu à peu par disparaître. (...) L’idée est de rendre invisibles les pauvres, en faisant également en sorte qu’ils deviennent de plus en plus incapables de s’organiser collectivement", a fustigé Benoît Filippi, de l’Association des comités de défense des locataires (ACDL) et du RéSEL (Réseau stop expulsions logement).
 
Ce projet de loi sera examiné alors même qu’"avec la crise, les bidonvilles repoussent à une vitesse folle", a souligné M. Filippi, dans un contexte de "parc HLM engorgé, asphyxié par la bulle immobilière".
 
"Le gouvernement se retourne contre les pauvres, il les attaque. C’est un choix absolument indéfendable", a-t-il lancé, alors même que le droit au logement opposable (Dalo, qui en théorie exige, sous critères, un relogement avant toute expulsion) est "en crise" dans "14 départements", où "il n’y a pas de relogement en cas d’expulsion".
 
"Dans cette loi, beaucoup de choses sont inadmissibles", et notamment "la criminalisation de tout mouvement social", a renchéri Martine Billard, députée du Parti de gauche, pour qui "on est dans un Etat qui vise à donner tout pouvoir à la police et à éviter les juges, surtout lorsqu’ils ne sont pas aux ordres".
 
La Loppsi fixe les grandes orientations des forces de l’ordre pour cinq ans (2009-2013). Elle est devenue le véhicule législatif du tournant sécuritaire amorcé par le président de la République dans son discours de Grenoble le 30 juillet.
 
 
AFP | 08.11.10 | 19h40

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