La Provence.com - 2/12/2015

Laure-Agnès Caradec : "50 000 habitants de plus en 2030 à Marseille"

 

La toute nouvelle présidente d’Euroméditerranée, élue vendredi, dévoile ses premiers objectifs

 

Quel est le principal enjeu de ce mandat que vous venez d’attaquer ?
Laure-Agnès Caradec : C’est d’abord de fonder un pacte avec la Métropole et continuer le travail de partenariat mené entre l’État et les collectivités. À ce titre, je voudrais saluer le travail effectué par mes prédécesseurs, Renaud Muselier, Jean-Claude Gaudin, Guy Teissier, Michel Vauzelle et Bernard Morel qui ont oeuvré pour que Euroméditerranée soit une réussite. Je vais m’inscrire dans cette continuité. Euromed, c’est une mutation profonde qui en fait un accélérateur de la Métropole. Après, on a un port multifonctions, qui représente 74 000 emplois. Cela doit être facteur de développement.

Les mutations qui s’annoncent vont profondément modifier Marseille...
Laure-Agnès Caradec : Nous construisons effectivement un gros morceau de ville. À l’horizon 2030, il y aura 50 000 habitants de plus. Et d’ici 2020 ou 2025, ce sont 20 ou 25 000 Marseillais supplémentaires, soit une ville comme La Ciotat, avec toutes ses composantes, ses infrastructures...

Justement, comment appréhender ces problématiques de développement globalement en prenant suffisamment de hauteur pour ne rien négliger ?
Laure-Agnès Caradec : Mon objectif, c’est de ne pas raisonner qu’à l’échelle du périmètre d’Euroméditerranée, mais au niveau métropolitain et réfléchir aux connexions avec l’hinterland (arrière-pays, Ndlr). Pour avoir cette vision-là, il faut se placer à différentes échelles. Du local, jusqu’à Lyon, où d’autres échanges sont possibles. Aujourd’hui, le port de Marseille est le port avancé de Lyon. Le doublement du canal de Suez permettra d’augmenter le trafic maritime et profitera à Marseille.

N’avez-vous pas l’impression d’être au point de départ d’une mutation historique de notre territoire ?
Laure-Agnès Caradec : Euromed a 20 ans et à l’échelle d’une ville comme Marseille, c’est évidemment très peu. Mais c’est passionnant. C’est un cadeau que l’on me fait. Réfléchir à l’aménagement du territoire, c’est toucher à tout. En plus, on a aujourd’hui une maîtrise sur tous les aspects, on peut tout décloisonner. Pouvoir travailler avec tout le monde, c’est beaucoup plus efficace.

En même temps, l’établissement arrive aujourd’hui à maturité, avec des projets un peu plus délicats à mener à bien...
Laure-Agnès Caradec : C’est vrai que l’on entre un peu dans le dur sur Euromed 2. On arrive sur des dossiers plus complexes. La première phase, c’était pour beaucoup des équipements culturels et Marseille-Provence 2013 a permis de bien les faire avancer. Aujourd’hui, il faut être très pertinent sur les choix, pour mettre de l’argent où c’est nécessaire.

Quelles seront vos premières priorités ?
Laure-Agnès Caradec : Nous allons travailler sur tous les enjeux du territoire. Mais il y a d’abord le chantier du terminal conteneurs de Mourepiane. Cela permettra de libérer l’espace de la gare du Canet, qui sera convertie en parc urbain. Et cela évitera le bal de camions. Les travaux ont débuté. Le conseil municipal de Marseille votera une nouvelle délibération le 21 décembre. Ensuite, il faut aussi achever Euromed 1, la première phase, avec le cinéma de Besson, dont les travaux doivent démarrer mi-2016 et le parc habité, au niveau du Dock des Suds. Et puis très rapidement, nous allons nous pencher sur Euromed 2, avec l’Îlot Allar et l’Îlot XXL, autour du marché aux Puces. Il y a 230 000 m² à aménager. Enfin, il faut assurer la couture entre la ville et le port. Assurer une meilleure desserte pour les entrées et sorties, améliorer le terminal croisières. Il y a aussi beaucoup de foncier qui pourrait être optimisé sur le port.

Comment imaginez-vous la ville et la Métropole dans dix ou vingt ans ?
Laure-Agnès Caradec : On a un objectif affiché de 5000 logements par an pour attirer des cadres moyens supérieurs. Il faut aussi améliorer les moyens de transport, qui peuvent être un frein à l’emploi. L’idée est de rapprocher l’habitat des pôles d’emplois, avec une vraie diversification de l’offre. Il est également nécessaire de renforcer l’attractivité du territoire, avec une aide à l’innovation. Aujourd’hui, on ne connaît que 5 % des innovations qui se développeront dans 5 ans. L’avantage de cette économie numérique, c’est qu’elle est urbaine. C’est un atout pour Marseille.

Un effort d’autant plus important que le centre-ville marseillais souffre en déplaçant son coeur vers Euromed et le Nord...
Laure-Agnès Caradec : Tout l’enjeu est de savoir comment redynamiser le centre-ville en maintenant l’emploi sur place. L’activité numérique correspond aux centres-villes. Avec nos partenaires, on pourrait valoriser des îlots entiers dédiés à ce secteur. Sur la Canebière, on commence à le faire, avec l’îlot des Feuillants. Il faut homogénéiser tout cela. Le centre-ville s’est agrandi de façon très élargie, du Vélodrome jusqu’à Arenc. C’est une mutation importante qui prend du temps.

Y a-t-il déjà des signes encourageants qui vous incitent à imaginer un avenir plus radieux ?
Laure-Agnès Caradec : Les indicateurs sont positifs. On a eu une année record en termes de création d’emplois privés salariés. Des investisseurs sont prêts à faire beaucoup d’efforts pour venir à Marseille. Sur l’Îlot XXL, des groupes comme Bouygues, Nexity ou Eiffage considèrent que c’est ici qu’il faut être. On est bien sûr sur des points d’équilibre fragiles, mais la création de la Métropole sera un accélérateur.

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