Benoît Gilles
21 février 2017

Dans un courrier récemment arrivé sur le bureau de la présidente d’Euroméditerranée, la ministre du logement Emmanuelle Cosse confirme officiellement la candidature de l’ancien préfet de région Hugues Parant à la tête de l’établissement public. Une arrivée concoctée par Gaudin et validée au sommet de l’État.

Il n’en reste plus qu’un et ce sera lui. L’ancien préfet de région Hugues Parant n’est pas loin de poser à nouveau ses valises sur les pavés marseillais, plutôt ceux des Docks de la Joliette que ceux de la place Félix-Baret. En effet, la ministre du logement, Emmanuelle Cosse vient de confirmer qu’elle a retenu la candidature Parant par un courrier à l’adresse de la présidente d’Euroméditerranée, Laure-Agnès Caradec.

« Ma réponse doit partir dans les prochains jours, confirme-t-elle. Même si j’accueille favorablement la candidature d’Hugues Parant, j’ai profité de ce courrier pour faire passer quelques idées. J’entends que cette nomination soit aussi l’occasion pour l’État de réaffirmer son soutien à l’opération d’intérêt national, notamment pour le second périmètre, Euromed 2. Je souhaite également que le départ de François Jalinot se passe de la meilleure des façons possibles ». Celle qui est aussi adjointe à l’urbanisme de la Ville de Marseille a un mois pour répondre à la ministre dans le cadre du processus classique de concertation des partenaires qui siègent au conseil d’administration de l’établissement public.

Un intérim de quelques mois

Le nouveau directeur devrait donc être en poste début avril. Le temps d’assurer la passation avec son prédécesseur, François Jalinot, que la présidente souhaitait voir reconduit à son poste, ou remplacé par un de ses adjoints. Il l’a bien été prolongé à la mi-décembre mais au titre de directeur par intérim, pour une période transitoire dont la durée n’était pas précisée. Lui-même ne se faisait guère d’illusion sur le caractère éjectable de ce siège. Il espérait surtout pouvoir maintenir en poste son équipe de direction et notamment ses deux adjoints, Paul Colombani pour la stratégie urbaine et Violaine Richard pour l’administration et les finances.

Ces deux derniers étaient d’ailleurs présents à la cérémonie des vœux du maire aux personnels de l’agence d’urbanisme et de la société publique locale d’aménagement, la Soleam, le 19 janvier dernier. Quelques jours auparavant, la présidente d’Euroméditerranée avait reçu trois des candidats au poste de François Jalinot, comme nous l’écrivions à l’époque. Hauts fonctionnaires, les deux premiers arrivaient tout droit du ministère du logement. Le troisième, Hugues Parant était le candidat « du président de la métropole », expliquait alors Laure-Agnès Caradec. Quelques minutes auparavant, Jean-Claude Gaudin avait glissé tout sourire « c’est une information crédible » en commentant l’arrivée pressentie d’Hugues Parant à ce poste.

Et pour cause. C’est bien Jean-Claude Gaudin et son entourage proche qui ont milité au plus haut sommet de l’État pour arrimer l’ancien préfet à ce poste clef. Quitte à passer au-dessus de la tête de la ministre de tutelle, qui a fini par le retenir parmi les trois noms proposés aux partenaires.

L’ire des collectivités

Pourtant, à l’automne, Hugues Parant n’était pas – et de loin – le candidat d’Emmanuelle Cosse. Dans un premier temps, celle-ci avait tenté de placer son ancien directeur de cabinet adjoint, Thierry Laget, déchaînant l’ire des élus locaux, furieux de cette candidature parachutée de Paris. Dans le même temps ou presque, l’ancien préfet de région se faisait prestement débarquer de la direction de l’Epadesa, l’établissement public en charge de l’aménagement de la Défense, trois ans après y avoir atterri.

Officiellement, son mandat prenait fin en octobre 2016. Officieusement, la ministre ne voulait plus le voir à ce poste à quelques mois de la fusion entre cet établissement public d’aménagement et Defacto, gestionnaire de la Défense sous le contrôle des collectivités locales. Selon le Parisien, il aurait mis peu d’entrain à préparer avec le ministère la fusion des deux établissements.

« Du coup, c’est un peu notre candidat », glisse en aparté Laure-Agnès Caradec. Du côté du ministère, on se refuse à commenter l’échange de courriers en cours. En janvier, le service de communication nous avait fait la réponse laconique suivante :

Le processus de recrutement est en cours, avec prise des avis consultatifs autorisés. Comme à l’ordinaire pour ce type de processus, dans le respect des procédures et des parties prenantes, le ministère ne confirme aucune information durant son déroulement et ne s’exprimera qu’au stade de la nomination.


Benoît Gilles
Journaliste