La Marseillaise - 12/01/2017

#Insee:la pauvreté continue de gangrener la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur


Écrit par Léo Purguette

mardi 27 décembre 2016 09:31

D’après la dernière étude de l’institut de la statistique, Provence-Alpes-Côte-d’Azur se situe nettement au-dessus de la moyenne nationale en matière de pauvreté. Une réalité marquée par de fortes inégalités singulièrement dans les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes.

 

BILLET

Petite monnaie et gros sous

Haussement d’épaules et sourires gênés. Il ne fait pas bon être à la rue, même un lendemain de Noël. Les sans-abri ne sont pourtant que la partie visible de la pauvreté qui gangrène la région.
850 000 personnes, des hommes, des femmes, des enfants, vivent ou plutôt survivent sous le seuil de pauvreté en Paca. Un état de fait lié au niveau des pensions, à celui du chômage mais qui touche de plus en plus de salariés. Haussement d’épaules et sourires gênés du côté des tenants de l’ordre établi. Pour eux, ça n’est pas une affaire de petite monnaie mais de gros sous. Fatalité, disent-ils. Il en est ainsi. Il y a toujours eu des riches et des pauvres. Fin de l’histoire ? Dans un monde où le patrimoine cumulé des 1% les plus riches a dépassé l’an dernier celui des 99% restants. Sur une planète où 62 personnes possèdent désormais autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, il faudrait être fou pour acquiescer.
Il y a toujours eu des riches et des pauvres. Fin de l’histoire ?
La pauvreté n’est pas naturelle, elle est le produit d’une organisation des sociétés humaines qui garantit la fortune de quelques-uns au détriment de tous les autres. Accepter ce système fou c’est en réalité nous condamner à un accroissement sans fin des inégalités. Confusément, à leur manière, c’est ce qu’ont dit des millions de salariés en descendant dans la rue au printemps « contre la loi Travail et son monde ». Plus de pouvoir pour ceux d’en haut, moins de droits pour ceux d’en bas, c’est la recette pour accroître les profits des uns et la précarité des autres. L’avenir qui se dessine après des décennies de casse libérale est de plus en plus insupportable alors même que jamais autant de richesses n’ont été produites. Pour 2017, certains candidats nous promettent déjà de finir le travail en démolissant la Sécurité sociale. C’est pourtant son principe fondateur : de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins, qui correspond aux aspirations du plus grand nombre. Plus qu’un héritage de la Libération c’est une invitation à engager un nouveau mouvement de conquêtes sociales pour changer les règles du jeu imposées par ceux qui aujourd’hui gagnent à tous les coups. Accrochés à leurs privilèges, ils ne s’y résoudront pas d’eux-mêmes tant que les premiers concernés ne prennent pas leurs affaires en main. Il est vrai qu’en 1945, ce n’est pas le Medef qui dictait sa politique au ministère du Travail.

LP

 

Triste record pour les Bouches-du-Rhône. « Avec 367 000 personnes concernées, les Bouches-du-Rhône comptent le plus grand nombre de personnes pauvres de la région. La pauvreté y est fréquente (18,4% de la population) et particulièrement intense, le niveau de vie des plus pauvres étant très inférieur au seuil de pauvreté », note l’Insee dans sa dernière étude sur la pauvreté où Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca) présente le plus fort taux de pauvreté après la Corse et les Hauts-de-France. Parmi les départements qui composent la région, c’est, en proportion, le Vaucluse qui est le plus touché avec un taux de pauvreté de 20,2% (il se situe au 7e rang des départements métropolitains selon ce critère). Les Alpes-de-Haute-Provence suivent les Bouches-du-Rhône (18,4%) avec 16,5%, les Alpes-Maritimes 15,8%, le Var 15,7% et enfin les Hautes-Alpes avec 14,1%. C’est le seul département de la région légèrement en dessous de la moyenne nationale (14,4%).

 

D’importantes inégalités sont relevées par les statisticiens de l’Insee dans les Alpes-Maritimes et dans les Bouches-du-Rhône où « ces inégalités se traduisent par un taux de pauvreté très variable selon les communes du département. Très peu fréquente dans certaines communes telles que Cabriès et Bouc-Bel-Air, la pauvreté touche à l’inverse près de 30 % de la population à Tarascon », relèvent-ils. Tandis qu’au « sein même de la ville de Marseille, les disparités sont importantes : un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté en moyenne, seulement une personne sur dix dans les 8e et 12e arrondissements mais plus d’un habitant sur deux dans le 3e arrondissement ». À Aix-en-Provence, le taux (14,2%) est voisin de la moyenne nationale.

Les centres urbains sont, selon l’Insee, plus sensibles à la pauvreté que leur couronne, « cependant, dans les communes isolées, c’est-à-dire celles qui ne sont pas sous l’influence des pôles, le taux de pauvreté est également élevé (17,9%). Ces communes ne concentrent toutefois qu’une faible part de la population régionale (2,6%) ».

 

Jeunes et familles monoparentales en 1ère ligne

L’Insee mesure également l’intensité de la pauvreté, en calculant la proportion de personnes dont les revenus sont très en dessous du seuil de pauvreté. La région se situe là encore au-dessus de la moyenne nationale : 22,9% contre 21%. En classant les départements selon cette donnée, les Bouches-du-Rhône arrivent en tête (23,4%), devant les Alpes-Maritimes (22,8%), le Vaucluse (22,7%), suivi par le Var (22,22%) et les Alpes-de-Haute-Provence (21,3%). Ce sont les Hautes-Alpes qui ferment cette sinistre marche avec 19,6%.

En Provence-Alpes-Côte-d’Azur, toutes les tranches d’âge affichent un taux de pauvreté supérieur aux moyennes nationales mais ce sont les jeunes tout comme sur le plan national qui sont les plus touchés. Un quart des moins de 30 ans est en situation de pauvreté en Paca.

Là encore, le Vaucluse se distingue tristement avec une pointe de 28% de jeunes sous le seuil de pauvreté. Les familles monoparentales sont, elles aussi, en première ligne. En Paca, une sur trois vit en situation de pauvreté. C’est encore plus dans les Bouches-du-Rhône (35%) et dans le Vaucluse (37%).

L.P.

 

Lettre d'information

Vous pouvez vous abonner gratuitement ici à la liste de diffusion de Centre Ville Pour Tous.


Association "Centre ville pour tous"
Cité des Associations
BP n° 241
93, la Canebière
13001 Marseille

Contact

Mise à jour : lundi 10 juillet 2017 | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0