La Provence.com - 6/01/2017

Une Métropole de "hauts-lieux spectaculaires"


 L’urbaniste David Mangin, consulté par la Métropole, en donne sa vision

David Mangin est architecte et urbaniste au sein de l’agence Seura, qui a participé en 2015 à la consultation urbaine et territoriale préparatoire à la Métropole Aix-Marseille Provence. Il en est ressorti "une vision de l’espace métropolitain à 15 ans, et le processus y conduisant". Les travaux de l’agence Seura, ainsi que ceux de deux autres cabinets d’urbanistes, ont été réunis dans l’ouvrage La Métropole par le projet (édition Parenthèse, 2016). David Mangin nous donne ici les grandes lignes de "sa" Métropole.

Comment définissez-vous la Métropole Aix-Marseille Provence ?

"Cette métropole spectaculaire - c’est ainsi que je la perçois - s’est construite autour de grands ensembles naturels : la Méditerranée, bien sûr, mais aussi différents massifs. Un système autoroutier s’est développé autour de ces éléments. Lorsqu’on la parcourt, on change constamment de paysage. Cela est un des éléments qui fait l’attractivité de Marseille - dans l’immobilier, par exemple, cela se traduit par des petites annonces avec des "vue sur...". Par rapport à d’autres Métropoles, c’est un atout important, un avantage de taille. Mais le revers de la médaille est son étendue. De plus, par sa topographie, il est difficile d’y insérer efficacement le chemin de fer. Les déplacements sont donc très dépendants de l’automobile, ce qui représente une véritable gène pour les usagers : fatigue, pollution, énervement, risque d’accident...

Que mettre en place pour "rapprocher" les différents éléments de la Métropole ?

Face à cette étendue, il faut travailler sur la mobilité. Les temps de transport importants sont un handicap au quotidien. Pour le moment, malgré la mise en place récente de la L2, on ne parvient pas à créer des transports en commun réellement efficaces sur les routes. Il faut considérer que la voiture va rester le mode dominant. Ce que l’on peut faire, c’est avoir une action sur le maillage routier et gérer au mieux la temporalité - vitesses autorisées et nombre de voies.

La voiture resterait le mode de transport dominant ? C’est polluant, la voiture...

Il faut que cela soit fait avec des véhicules modernes, des véhicules hybrides et électriques.

Où est l’enjeu, alors ?

L’enjeu, c’est d’essayer de coordonner l’ensemble des réseaux de transport, comme à Singapour. Plus que la rapidité, c’est la fiabilité des temps de déplacement qu’il faut garantir. Il faut améliorer le chemin de fer, et être attentif aux itinéraires qui mènent aux gares. La voiture et les transports en commun ferroviaires ne se réconcilieront que s’il y a un meilleur confort pour se rendre dans les gares. Sur ces problèmes de mobilité, il y a beaucoup d’inventions dans le monde, il faut s’en saisir, identifier les points de jonction à améliorer entre la route et le train.

Quels sont ces points de jonction ?

Ce que nous nommons dans notre étude les hauts lieux spectaculaires, comme le chenal de Caronte, la gare de Vitrolles-Aéroport-Marseille-Provence, le plateau de l’Arbois, Plan-de Campagne... C’est là qu’il faut développer des projets ambitieux.

Vous développez un projet spécifique sur le plateau de l’Arbois, à proximité de la gare TGV...

Oui, car il y a là une entrée dans la Métropole. Et il y a aussi des problèmes : des parkings sauvages, des constructions dispersées, ou mitage. Nous avons proposé d’y construire une ville, mais toute particulière : en bois, modulable, élaborée sur un grand plateau... Les constructions seraient éphémères, montables et démontables à l’envie. On inclurait des techniques de construction garanties ’développement durable’, avec l’utilisation d’énergies non fossiles. À ma connaissance, cela n’existe pas encore à cette échelle, c’est pour cela que nous l’avons proposé. Nous pourrions y marier un itinéraire touristique et un projet international de recherche et d’expérimentation sur la biodiversité. Nous avons nommé ce projet ’la cité botanique’. Cela peut participer à résoudre en partie le problème du manque de logements.

Cela participerait donc à l’élaboration de la Métropole ?

Oui, complètement. Pour résumer, faire la Métropole, c’est définir des lieux spectaculaires, améliorer la mobilité et, surtout, avoir plus d’ambition. Comme par exemple pour le plateau de l’Arbois. Enfin, faire la Métropole n’a d’intérêt que si l’on s’en saisit à une échelle supérieure à celle de la commune. Cela suppose une vision globale du projet.

Comment la réaliser, quand on connaît l’opposition de certains élus ?

Il faut mettre en place une phase de consultation et, étant donné les difficultés politiques, commencer avec les acteurs économiques tels que la Chambre de commerce et d’industrie. Il serait aussi bienvenu de consulter les citoyens et leur donner la possibilité de réaliser leurs initiatives. Ils doivent être mieux informés et se saisir de la problématique."

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