La Provence.com - 18/06/2015

SAINT-LAMBERT Ces locataires victimes d’un marchand de sommeil


Marseille
 

Alors que l’encadrement des loyers entrera en vigueur le 1er août dans la capitale, au 49, rue Paul-Codaccioni (7e), un autre phénomène touche directement les locataires : l’insalubrité des logements loués. Un problème auquel est confronté Ginette Préhelle, âgée de 74 ans. Résidente depuis 2004 dans cet immeuble de deux étages, son appartement est entièrement insalubre : peintures écaillées, compteur et installation électriques pas aux normes, carrelages brisés, obligation d’utiliser une bouteille de gaz pour cuisiner... Le tout dans un 15 m² inondé, vendredi dernier, vers 22 h 30, après les violents orages qui ont sévi dans la région. Résultat : un plafond effondré, de la laine de verre et des sciures de plâtre irrespirables pour la senior. Or, le propriétaire ne compte rien faire, aucun travaux. Il n’a d’ailleurs pas souhaité répondre à nos sollicitations.

Pourtant selon Alain Laval, président de la confédération syndicale des familles, l’immeuble a déjà été mis en péril, il y a deux ans, pendant deux mois, donnant ainsi l’obligation au propriétaire d’effectuer des travaux : "Même Gaz de France a coupé le gaz par mesure de sécurité. Quand vous êtes chez vous, vous ne vous attendez pas à ce que, quand il pleut, le plafond vous tombe sur la tête !"

Une situation que Ginette Préhelle vit mal : " Dès l’année de mon emménagement, en 2004, j’avais peur de déballer mes cartons. Si vous donnez un coup de pied, tout tombe. Même la douche risque de s’écrouler", raconte-t-elle avec angoisse. Ne pouvant décemment pas rester dans l’appartement, elle a été relogée d’urgence à l’hôtel.

La solution provisoire proposée par son assurance ne rassure pas pour autant Gérard Jeanson, président du collectif de défense du littoral 13, qui l’a soutient depuis cinq ans : "Le propriétaire reste sourd. C’est un marchand de sommeil. Il dit à Madame Préhelle qu’avec l’argent, il a tous les droits. Nous, on ne comprend pas pourquoi on le laisse faire, il doit prendre ses responsabilités. Ce logement, ça fait bien longtemps qu’on aurait dû le mettre en état de péril. Les travaux sont à sa charge, pas à celle de Madame Préhelle, qui paye tous ses loyers."Preuve à l’appui, il nous montre les deux derniers mandats cash, adressés au propriétaire. Par manque de confiance envers ce dernier, elle refuse d’instaurer un virement automatique. Seule l’aide au logement est reversée directement au propriétaire. La senior, qui peine à marcher, dit vivre un cauchemar : "Je ne veux plus y habiter, je veux que la mairie m’aide à obtenir un logement d’urgence. "

Une angoisse qu’elle n’est pas la seule à vivre. Sa voisine du dessous, Émeline, au vu de la situation intenable, a décidé ni plus ni moins de plier bagages, sans préavis : " J’ai une fille de 8 ans. Déjà que l’électricité n’était pas aux normes, sans prise de terre, avec le plafond qui s’effondre c’est devenu beaucoup trop dangereux. Je ne vais pas mettre en danger la vie de mon enfant." La Confédération syndicale des familles a décidé de se porter partie civile contre le propriétaire pour mise en danger d’autrui. Affaire à suivre.

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