La Croix.com - 3/11/2009

La situation s’améliore peu à peu dans les hôtels meublés

Quatre ans après le drame du Paris-Opéra, les hôtels meublés continuent d’accueillir, souvent aux frais des pouvoirs publics, de très nombreux mal-logés.

C’était en 2005, à Paris. Un incendie causait la mort de 24 personnes dans un hôtel meublé de la rue de Provence, l’hôtel Paris-Opéra. Un sinistre d’origine intentionnelle, mais qui n’aurait sans doute pas été aussi meurtrier si l’établissement avait été aux normes de sécurité.

Le drame a en tout cas amené les autorités à prendre conscience d’un phénomène de grande ampleur que bien des associations, de longue date, qualifiaient d’absurde : faute de place dans les structures d’hébergement d’urgence ou d’insertion, faute de pouvoir accéder à un logement dans le parc privé, de nombreuses personnes, souvent des familles avec enfants, étaient durablement logées dans des hôtels meublés aux conditions de salubrité et de sécurité parfois déplorables, et ce, souvent avec des aides publiques qui étaient loin d’être dérisoires.

Depuis, l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (Anah) a mis en place un dispositif de subventions incitant les hôtels meublés à effectuer des travaux de réhabilitation. Ceux-ci doivent, en contrepartie pratiquer des tarifs mensuels inférieurs à 510 € pour une chambre double.
 
Paris a créé un observatoire de suivi des hôtels
La Ville de Paris, de son côté, a créé un observatoire de suivi des hôtels qui font de l’hébergement social. Elle a engagé des actions d’expropriation contre des hôteliers qui continuent à pratiquer leur activité alors que leur établissement figure parmi les 14 hôtels frappés d’un arrêté de fermeture administrative. « Depuis 2001, la municipalité, ainsi que des bailleurs sociaux, ont – à l’amiable ou à la faveur d’une préemption – aussi acquis 80 hôtels pour y installer des maisons relais, des centres d’hébergement d’urgence ou encore des résidences sociales », explique-t-on à la mairie. Parallèlement, le Samu social de Paris a mis en place un pôle chargé de vérifier les conditions d’accueil dans les 200 hôtels homologués.

À en croire la préfecture de police de Paris, qui a intensifié ses contrôles, en partenariat avec la Ville, la situation « s’est largement améliorée » dans les établissements concernés. « Dans certains cas, les travaux prescrits par les commissions de sécurité ont été réalisés d’office, aux frais des propriétaires ou gestionnaires d’hôtels », souligne-t-on.

« L’amélioration est sensible à Paris, beaucoup moins en banlieue ou en province », déplore Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre. « Par défaut, les autorités continuent de financer ce type d’hébergement. Par défaut, elles sont moins regardantes sur la qualité et la sécurité », dit-il. Et les quelque 650 hôtels meublés de la capitale, tout comme ceux de Seine-Saint-Denis (500), du Val-de-Marne (200) ou de Marseille (500), continuent de jouer un rôle non négligeable dans la chaîne du logement.
 
Denis PEIRON
 
 

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